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 Il affranchit le rubicond [Sandra]

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MessageSujet: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptyJeu 1 Nov - 6:00

Le Commandant Damasio était une femme de consistance, du moins c'était ce qu'elle se plaisait à croire. Le jour où il avait fallu répondre à l'appel de son Sire, et que la réponse avait été favorable, elle avait déjà mesuré les responsabilités d'un tel choix, quel qu'il pût être. Il fallut peu de temps après l'arrivée officielle dans cette déplorable bourgade, pour concevoir que resserrer les rangs n'avait pas de sens s'ils étaient délités de part et d'autres de la ville.

Ainsi avait-elle pris quartier au sein de cet hôtel déroutant, assassinant deux siècles d'efforts pour mettre un monde de distance entre elle et ses funestes origines ; condamnée à en supporter son architecture, sa décoration qui laissait trop peu de place à ses propres merveilles et ses habitants étouffants. Quant à son Sire, se consolait-elle souvent, cette ville est si petite que j'aurais éprouvé sa présence de part en part. Elle s'accommodait dans le confort de quartiers indépendants, qui en plus de l'épargner des autres présences la plupart du temps, permettait l'allée et venue d'hommes et de femmes pour lui faire des rapports ou seulement la nourrir, sans croiser d'autres exemples de service dont elle n'approuvait guère l'inspiration. Madame frissonnait, ni plus ni moins, à l'idée que l'un croisât cet homme si exalté par la morsure, ou encor cette femme au cerveau délavé, qu'Oscar elle-même supportait avec inconfort.

Pragmatique avant tout, Madame préférait aux pulsions et aux enchantements des âmes, le réel placide d'une rémunération ou d'un contrat social. Les Hommes lui étaient toujours apparus bien assez hypnotisés par l'argent ou les avantages, pour nécessiter d'autres formes de fascination dans leur échanges. Et s'il arrivait que l'un trahît sa parole - ce qui se produisait, plus souvent qu'elle ne pouvait en supporter - il n'y avait pas d'ambiguïté sur le châtiment qui lui était réservé ; pas de dilemme sur les voies passionnelles qui l'avaient poussé à agir, nulle turpitude quant à l'alchimie incroyablement complexe de son cortex à travers laquelle était passée l'hypnose. L'être avait fait un choix en pleine possession de ses esprits et il en assumait les conséquences - un gain de temps pour tout le monde.

Le Temps, ce sont des guerres qu'on remporte.

Ses maigres efforts avaient consisté à s'introduire aux divers intervenants dans des rencontres lapidaires et depuis, à son grand dam, à occuper les brèves heures de leurs journées de travail dans ce qui semblait être des bureaux aménagés, le quartier général en somme.
Madame Jefferson, en plus d'être la femme dont la compagnie la déroutait le plus, était malheureusement la seule dont Oscar estimait avoir besoin - tout comme elle préférait avoir un oeil sur elle. Cette forme de méfiance glanée dans la nécessité de ses talents pour le moins exceptionnels, avait de quoi flatter, et l'idée de caresser d'attention une femme qui n'avait encore pas fait ses preuves l'irritait encore d'avantage. Mais il avait bien fallu compter sur ses talents pour installer les systèmes de connexion à ses divers cellules et dépôts d'armement, hâtée par l'urgence de cet inventaire que trois décennies d'éclatement rendaient parfaitement herculéen. A la décharge de Sandra Jefferson, elle s'était employée à cette tâche avec efficacité et - du peu de connaissances qu'avait Oscar dans ce domaine - un véritable génie plus qu'un simple talent. Les hackers étaient bien l'espèce humaine la plus irremplaçable, bercée dans une génération que les vampires peinaient à rattraper avec autant de spontanéité. En outre, de par leur nature bien souvent anarchique et la propension de leurs activités à contourner des systèmes, il était extrêmement difficile d'en engager, encore plus de ne pas les craindre.

Ainsi et même si elle l'appréciait aussi peu que les autres, Oscar avait besoin de madame Jefferson, et s'efforçait de ne pas nier cette réalité par pêché d'orgueil.

Ce jour-là vint bouleverser l'équilibre semi-confortable de leur cohabitation dans une mutuelle indifférence. Isolée derrière la porte d'un bureau plus intime que les autres, Oscar lisait les rapports et dénombrait les effectifs, comme tous les autres jours avant lui. Une sonnerie trop familière perturba cette petite routine, celle de son téléphone d'urgence, qui ne la quittait jamais et qu'elle décrochait presque en toute circonstance - sous réserve bien sûr d'un combat ou d'un danger de mort. Comme il lui était arrivé trop de fois depuis l'invention du téléphone, le Commandant plaqua la communication à son oreille sans mot dire, attendit avec concentration le détaillé clair et rapide d'une autre catastrophe dans cette succession que lui semblait être parfois son existence.

Le Monde s'est déjà écroulé trop de fois autour du Commandant.

" Ouvrez le système de surveillance de Tijuana "

Arrivée dans la salle des ordinateurs comme un avion décollé du sol, Oscar oublia parfaitement son inconfort et se planta droit, rigide, à côté de la tête blonde. Elle ouvrit la communication sur haut-parleur, tandis qu'avec la rapidité qu'on attendait d'elle, Sandra Jefferson faisait apparaître l'image absolument affolée d'une base de données aux prises avec une intrusion barbare.

" Nos défenses ne tiendront pas, Commandant. Je ne sais pas comment c'est possible.
- Limitez les dégâts. "
sut se résigner aussitôt Oscar, le voix de glace et les dents serrées, à l'adresse de l'interlocuteur comme de Madame Jefferson. Madame était réaliste. Cette bataille-là était déjà perdue.

Un effondrement de plus.


Dernière édition par Oscar L. Damasio le Mer 28 Nov - 13:31, édité 2 fois
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Sandra L. Jefferson
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MessageSujet: Re: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptyMer 7 Nov - 1:25

❝  Il affranchit le rubicond ❞Mon temps à la CIA me manquait parfois. Certes, je n’y suis pas entrée par la porte principale, mais il y avait une ambiance particulière à l’équipe dont je faisais partie. Parvenir à me sentir bien, entourée de visages méconnus me fit comprendre que je ne pouvais me définir que par mes mauvaises décisions. Qui sait, peut-être que le chemin emprunté était exactement celui que j’aurais dû suivre dès le début. Tomber pour apprendre à me relever, comprendre que toute action n’est pas sans conséquence, mais que la vie t’offre toujours une sortie de secours. J’avais piraté certains sites comportant de l’information dangereuse sans m’arrêter pour réfléchir à ce que je faisais. En conséquence, on me passa les menottes … et on aurait parfaitement pu me foutre en prison, car ce serait la suite logique des choses. Pourtant, on me permit de faire valoir mes talents. Une deuxième option, en quelques sorte, et elle me valu un boulot complètement hors-normes pour quelqu’un comme moi, mais qui me plut énormément. Ainsi, ce ne serait pas faut que de percevoir ma position actuelle, aux ordres d’un vampire complètement impitoyable, était également une ‘deuxième option’. Après tout, j’avais eu le choix … entre la mort et la vie. À en juger par les corps parsemant le sol, j’imagine que d’accepter un sombre destin ne m’apporterait rien de plus, et surtout, volerait le droit de vie de mon pauvre enfant. Le problème, c’est que parfois, je crois entendre cette voix qui me murmure des choses horribles. N’aurais-je été qu’un lâche, en refusant le trépas et en suppliant? Possiblement.

Perdue dans de telles pensées, je ne faisais que parcourir des pages web, à la recherche d’informations à propos de la prochaine cible dont le nom était la seule information qu’on me transmis. À partir de ça, je devrais trouver tout le reste, ce qui s’avérait assez épineux, à en juger par le manque de pistes, telles les cartes de crédit, les téléphones et les caméras de sécurité partout dans les grandes villes. J’allais recommencer en estimant les diverses possibilités de noms, à partir de celui que je possédais déjà, mais on m’interrompit. Cette voix, je la reconnus immédiatement. C’était la Commandante, ou du moins, c’était que qu’on disait d’elle. Son ton ne laissait guère de confusion; il fallait que je lâche ce que je faisais immédiatement. Comme un bon soldat, à l’écoute des ordres, je fis exactement ce qu’elle demandait. Comment faire autrement, de toute façon, alors qu’elle se trouvait juste à côté de moi? Le cliquetis du clavier se fit tout de suite entendre, et bientôt, sur les écrans, on ne put apercevoir que des pages et des pages de codage. Visiblement, la base de données se faisait attaquée par quelqu’un, et à ce que je compris, il n’y avait rien d’autre que l’on pouvait faire, sinon limiter les dégâts. C’est exactement ce que je fis, fixant blocage après blocage, déplaçant tantôt souris, tantôt fenêtre, les yeux à l’affût de chaque lettre, chaque chiffre, alors que les doigts pianotaient sans cesse. Je ne déposais mes mains sur la table que lorsque je jugeais les protections virtuelles sur cette base de données assez puissantes pour que même ces groupes de vandales du web ne puisse accéder. Je parcourais ensuite chaque parcelle de mot ou de ramassis de code pour percer le mystère. Et là, juste devant moi, je sus l’identité de l’intrus. Armada. Ce pseudo, je le connaissais que trop bien. Il n’y avait que lui pour me sortir un truc pareil. Conrad Jones. Il était parmi les meilleurs, un officier brillant malgré sa préférence pour l’informatique, et plus tard, il est devenu sergent. On s’entendait à merveille, et sa famille était certainement des plus aimantes. Ils m’accueillirent à bras grand ouverts, même en sachant mon passé. Nouvellement agente à la CIA, ils avaient toutes les raisons du monde pour ne pas me faire confiance … et pourtant, ils n’ont pas refusé de me voir, de discuter. « J’ai réussi à geler les données, les renvoyer sur un autre serveur. Ils vont croire que Tijuana n’était qu’un leurre. Et j’ai vérifié, toutes les autres bases sont quadruplement protéger. » Je garderais l’information pour moi. Je devais au moins ça à Conrad. Et puis c’était la seule liberté qu’il me restait, alors autant me battre pour garder les gens que je chéris loin du danger.  
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MessageSujet: Re: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptySam 17 Nov - 4:51

Et elle tombait, la sempiternelle sentence. Dans un langage propre à son temps ; qu'il fût des Moires, des chefs de guerre, des chamans, ou de cette femme opérant la magie d'un code binaire. Tous avaient en somme la même saveur, les mêmes informations régurgitées d'où il fallait tirer quelque initiative. Les planètes s'alignent, la base de donnée est gelée. Aux pragmatiques modernes, qui pouvaient arguer science et factuel à cette nouvelle langue, Oscar répondait qu'en somme, dans la grande échelle du monde, la valeur d'une vérité ne changeait pas son pouvoir à déplacer des armées. Les guerres avaient été déclenchées dans la lecture des astres aussi bien que dans celle des codes et des algorithmes. Et pour elle, qui dans les siècles avait dû décider tant de choses après tant de présages, qui avait cru au destin des Vestales avec la même ferveur qu'on la persuadait aujourd'hui de données numériques plus fondées, on en revenait toujours à la même chose.
Des êtres annonçaient ; elle agissait.  

" Il a eu accès à des informations ? " s'enquit le Commandant d'une voix en tracé de ligne, les yeux ne quittant pas ces écrans dont elle maîtrisait grossièrement le langage, d'avantage au moins que les os des chamans. La crédibilité de cette base - protégée bien au delà de quelques défenses numériques - l'inquiétait bien moins que les données contenues à l'intérieur, qui entre de mauvaises mains et même remises en cause, incomplètes, donneraient assez de souffle à ses adversaires pour estimer l'intérêt d'un conflit ouvert. L'équilibre entre les clans, les lignées, les covens, était une affaire de confort mutuel - d'illusion de suprématie sans doute, orgueil à se croire plus invulnérable que les autres. Il y avait dans cette base de donnée assez d'armement recenser pour secouer bien de ces certitudes, insuffler la peur dans de nombreux esprits et le doute à trop de coeurs. Et la peur était, enfin, l'un des moteurs les plus puissants de la guerre - bien avant le patriotisme, mère nourricière de la haine.

" Je veux une localisation précise et tout ce que vous pourrez trouver sur l'auteur de cette attaque. " se décida le Commandant Damasio, promptement, quand il lui fut répondu que les premières lignes d'inventaire avaient pu être violées avant intervention. " Ensuite, Madame Jefferson, vous soumettrez votre ordinateur aux vérifications de mes hommes et vous emmènerez avec vous le matériel nécessaire à exercer vos talents ailleurs que dans ce bureau. " reprit-elle, pupilles sombres enfin plongées dans ses billes vertes, comme un poids qu'on lui enfoncerait au fond des yeux. Pas d'hypnose ni de jeu de charme, seulement ses mots, qu'Oscar gravait par cet échange avec un sérieux noir. Elle ne lui faisait aucune confiance ; mais cette réalité, scientifique comme code binaire, Sandra allait avoir l'opportunité d'y remédier, si elle agissait avec intelligence. Commençant par se soumettre à l'inspection du média par lequel elle avait résolu l'affaire bien vite au goût de l'éternelle. " Vous avez une heure. Je fais préparer vos affaires. "

Dans ses trésors d'impatience, ses travers efficaces, le Commandant ne laissa pas à l'agent l'heur d'intégrer l'ordre, moins encore celui de le contredire : elle était sortie de la pièce, que ses mots traçaient encore un chemin dans la tête blonde.

Le monde s'écroule désormais en une fraction d'instant.

Un grand homme émacié, le visage en triangle et l'oeil creusé, des poils d'argent constellant dans la barbe, la vigueur de jais d'une jeunesse déclinante, vint quérir Sandra là où Oscar l'avait laissée, une heure exactement plus tôt. Des dispositions qui n'intéressaient nullement la vampire avaient été prises pour la garde de son fils, et quelques vêtements confortables préparés pour elle en plus des caisses de matériel que déjà, de nombreux bras transportaient jusqu'à une camionnette ronronnant dans la cour.
Devant le véhicule utilitaire, une berline noire ; dans le coffre de la voiture, un sabre dans son étui, des munitions pour le Beretta du Commandant ; et sur le siège arrière, le Commandant. Les yeux rivés aux temps de l’itinéraire d'un écran de téléphone affichait, jusqu'à Buenos Aires où l'intrusion avait été localisée, Madame n'en décrocha pas le regard quand son mutique - muet - chauffeur fit monter la femme aux précieux talents sur la banquette à ses côtés. Elle transféra les informations sur le cellulaire de son invitée, peu encline à ménager l'urgence étonnante de ce long périple pour l'épargner de sa brutalité. Oscar avait besoin d'un génie capable de comprendre le fonctionnement de l'homme qu'elle s'apprêtait à chasser ; tout comme elle désirait, jusqu'à nouvel ordre, garder un oeil sur Sandra Jefferson dans toutes les affaires où il était besoin de l'impliquer. Puisque cela ne changerait sans doute pas demain, il allait falloir l'habituer à voyager, tout comme à se faire bousculer, tout comme à s'adapter. L'éternité elle-même avait ses impatiences.

Tu es l'oeuvre vivante d'un monde en fractions
Alors, fractionne.



N.3


Dernière édition par Oscar L. Damasio le Mer 28 Nov - 13:30, édité 1 fois
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Sandra L. Jefferson
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MessageSujet: Re: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptyVen 23 Nov - 1:27

❝  Il affranchit le rubicond ❞Mes yeux se déplaçaient à grande vitesse, tout comme mes mains. Chaque symbole était pensé au préalable, sachant quoi faire pour bloquer et quoi faire pour renvoyer la balle et l’obliger à ressortir de la base de données dès qu’il s’en approchait trop. Entre toute ces méthodes de préservation, il me fallut également déplacer les dossiers que l’on possédait, espérant qu’il n’ait pas tout vu, ni même enregistrer. Le connaissant, il avait sûrement emmagasiné les documents, images, contrats, armements … tout ce qu’il avait vu, dans un ordinateur externe, dans une tour intraçable. C’était ainsi qu’il procédait, normalement. Conrad, pourquoi est-ce que tu fais ça maintenant? Tu ne me rends pas la tâche facile, et je ne pourrais pas te protéger indéfiniment d’Oscar et de Darell. Ces plaintes ne se firent cependant pas entendre, ne me parlant qu’à moi-même, dans ma tête, là où j’imaginais le gifler, justement, devant tant de gestes stupides. Il était évident qu’il ne savait pas à qui il avait affaire, encore, mais cela viendrait. Tout, dans ma façon de faire, lui indiquerait qui je suis. Oracle. Il le devinerait facilement. La question est : jouera-t-il le héros en me croyant en danger? Pire encore, percevra-t-il cela comme une invitation à me rencontrer? Je souhaitais, à ce moment précis, de ne l’avoir jamais vu. Deux inconnus qui mènent un tel combat informatique, ce n’est pas si surprenant, et bien franchement, le monde est vaste, donc il y a très peu de chance que deux hackers puissent se connaître personnellement. Quelle frustration que de savoir notre cas se démarquait justement parce qu’on travailla en duo pendant un temps.

« Malheureusement oui. Des dossiers sur certaines armes et sur diverses localisations de clans. J’ai remarqué que cette personne a également trouvé des dossiers de missions complétés, avec toutes les preuves qui les accompagnaient. » En fait, dès qu’il vit les images de certaines scènes assez horribles, Conrad aurait dû lâcher tout ça. Pourquoi s’acharnait-il à vouloir découvrir la vérité et faire régner l’ordre? Qu’il s’occupe des problèmes entres humains, bordel! Il y en avait déjà assez comme ça! Ou peut-être … peut-être qu’il crut suivre une bonne piste et qu’en voyant tout cela, il crut qu’il s’agissait des trafiquants de narcotiques. C’était bien la base à Tijuana qui se faisait ainsi attaquée, ce qui prouvait jusqu’à un certain point mon hypothèse. Le seul hic, c’est que j’étais scrutée de derrière moi, physiquement, et de derrière mes écrans, par les divers autres techniciens non loin, qui travaillaient eux aussi d’arrache-pied. Les portes de secours, ça n’existait pas dans mon cas. Je n’avais d’autre choix que de finaliser ma contre-attaque, déplaçant tout ce que je pus sauver dans une base de données derrière une autre base de données complètement pleine de photos de bijoux de fantaisie envoyés sans pamphlet d’infos, et tout autre stupidité semblable, afin que n’importe quel autre technicien ne puisse relier tout ça à moi.

Oui, je le critiquais. Oui, j’aurais adoré le secouer un peu et lui faire comprendre la gravité de la situation dans laquelle il nous mettait tout les deux. Mais jamais je ne lui souhaitais de croiser le Commandant. Là, c’est sûr, il ne survivra pas longtemps. Pire que tout, voilà qu’elle m’ordonna de trouver sa localisation précise, ainsi que les informations sur l’auteur de cette attaque informatique. Merde! Comment devrais-je choisir? Une vie en vaut plus qu’une autre? Je ne suis pas celles qui pensent ainsi. Le hic, c’est que je me retrouvais coincée, sans possibilité d’un autre choix. « Bien entendu. » Phrases courtes, la seule façon que j’avais de ne pas sentir l’hésitation dans ma voix. Car je savais, un seul faux-pas, une plainte de la part du Commandant, et Darell se ferait entendre. Aucun des deux ne semblait mieux. Les deux vampires avaient toujours ce ton sérieux et ce regard froid et transperçant. Comme celui d’Oscar, qui ne pouvait être plus claire dans sa demande. Je hochais doucement de la tête, des images horribles s’installant déjà, d’une mort atroce pour mon pauvre ami. Ma … ma vie, il fallait que je continue de la préserver. Pour le bien de Jack, de ma famille … je ne pourrais prendre le risque de me faire reprocher quoi que ce soit. Ce que ces vampires me feraient, en cas de trahison, serait pire que tout. Une heure, voilà le temps qu’il lui était permis, afin de trouver les infos sur Conrad. Une heure pour sceller son destin, pour … pour envoyer un mercenaire à sa porte. Je n’eus d’autre choix que de procéder comme à mon habitude, et trouver toute l’information que je pus sur lui, dont celle de son repaire, de l’endroit où lui et ses coéquipiers se cachaient. J’envoyais toute l’information à mon téléphone et l’imprima par la même occasion, avant de me lever et observer les hommes du Commandant vérifier mon ordinateur. Cela ne leur prit pas beaucoup de temps, mais ils ne dirent rien de plus, rangeant plutôt le matériel. Au même moment, un grand homme vint me chercher pour me porter jusqu’à la berline noire, à l’extérieur. Il m’informa des précautions prises pour mon fils ainsi que des vêtements de rechange déjà dans la valise, avant de me faire monter dans le véhicule. Juste à côté de moi, le Commandant, silencieuse, fixant l’écran de son téléphone. Je n’osais pas parler immédiatement, attendant de voir la suite. Bien vite, Oscar me transféra les informations du trajet. Buenos Aires? Jamais je n’avais mis les pieds là-bas! « J’ai pu trouver une localisation précise. Il s’agit du quartier Versalles, sur la rue Gallardo. Il s’agit de cet homme, Conrad Jones. Il est spécialisé en informatique, diplômé de MIT. Officiellement, il travaille toujours pour la police de Chicago, en tant que sergent. Officieusement, il semblerait qu’il soit en mission à Buenos Aires, probablement de pair avec la police locale. » Mon cœur se tordit, alors que je venais de faire tomber la sentence. N’étais-je pas aussi horrible que toutes ces créatures? Je lui tendis les dossiers, mais ne voulu guère les regarder, sachant qu’elle verrait bientôt les photos des enfants et de la femme de mon vieil ami.
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MessageSujet: Re: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptyMer 28 Nov - 13:01

" Il vous a reconnue ? "

La présence de Sandra Jefferson secouait l'atonie vide de l'habitacle d'un souffle dont elle n'avait probablement pas conscience. Les tambours de son coeur, amplitude et cadence amplifiées sitôt qu'Oscar s'empara du dossier cartonnées ; les flagrances âpres que ses tourments arrachaient de sa peau, les vibrations d'air provoquées par son souffle tiède. Carcasse grouillante au milieu des corps morts, qui s'astreignait à l'immobilité sans savoir que tout en elle se tortillait tangiblement pour les autres.

Si elle avait eu quelque sadisme, Oscar aurait pu jouer de ces sensations affolées, que l'Homme avait si peu connaissance d'exulter ; mais même ces plaisirs propres à son engeance avaient été, chez elle, réduits à la froideur des constats morts. De la rapidité avec laquelle Sandra avait déduit l'identité d'un maître du camouflage informatique - qui sans ce titre ne se serait pas risqué à violer l'une de ses bases - le Commandant comprenait sans mal qu'elle le connaissait. Et de l'affolement interne grouillant sur la banquette arrière, elle concluait à de l'inquiétude pour le sort de cet homme. Mais que ce fut dans l'apaisement ou la torture, Madame n'avait pas le temps pour ces dilemmes, outre celui d'en tirer les conclusions nécessaires. Alors, quand elle reçut confirmation de son dernier soupçon de la part de la jeune blondine, ce fut sans prolongation ni heurt qu'elle envoya les directives induites depuis son cellulaire, ne se fendant que d'un commentaire placide.

" Vous avez fait du bon travail. Et pris une décision intelligente. "

Rares étaient les êtres capables de se vanter d'une telle constatation chez le Commandant, infimes devenaient ceux qui recevaient en sus des félicitations d'usage. Pour pallier à ce cap qu'elle ne franchirait pas dans l'heure, Oscar referma le dossier contenant la petite famille qui inquiétait tellement sa compagne de route. Elle le rejeta sur le siège entre elles, avec assez d'indifférence pour apaiser les tambours craintifs du coeur battant. Elle n'estimait ni ne souhaitait avoir besoin de femmes et d'enfants pour régler les différends qui l'opposaient à leur cible ; quoiqu'elle n'en négligeait pas le poids si les négociations devenaient épineuses. Oscar n'avait pas passé des siècles entiers à se forger sur les champs de bataille, pour se réduire si vite à la facilité d'exécuter la veuve et l'orphelin dans leur foyer. Inhumanité n'était pas barbarie et c'était-là une différence qu'elle aimait à incarner du haut de ses faits d'arme - pas en cédant à des vulgarités inutiles.

" ... Il n'y a pas mille façons de tuer un homme désarmé, Madame Jefferson. " commenta platement Madame, les yeux tournés vers les arbres qui se confondaient en palettes de couleur au défilé de la vitre ; après que le silence eût apaisé tambours et flagrances dans l'alcôve inerte de l'habitacle. " Après neuf siècles de pratique, vous comprendrez que je ne m'y emploie plus par engouement personnel. C'est un devoir lassant. " assura-t-elle, d'une voix égale et en toute transparence, où l'on pouvait même entendre une pointe de dédain, d'amertume à ce qu'elle considérait comme des facilités grossières. Oscar s'animait, vibrait - bien trop rarement aujourd'hui - pour l'exaltation des champs de bataille et d'ennemis à sa hauteur ; pas pour l'amusement ridicule d'assassiner des êtres qui n'auraient jamais le dessus sur elle, ou de terroriser les petites choses éphémères qui ne faisaient plus aujourd'hui partie de son monde. " Du reste, j'ai du respect pour les prouesses, et les convictions qui leur donnent vie. Mais si talentueux soit votre ami, il a prouvé qu'il était un danger. Mon travail - le votre - consiste à s'assurer que ça ne reste pas en l'état. C'est tout. "

Ni plus, ni moins. Et si le résumé pouvait sembler grossier, toute subtilité d'affection et de loyauté balayée dans des considérations binaires, ça n'en était pas moins la vérité. Qu'Oscar l'approuvât ou non, que Sandra le voulût ou non, la ligné de l'une était étroitement unie à la famille de l'autre, ce depuis le premier jour où leurs routes s'étaient croisées. Si le Commandant n'avait pas le plus petit soucis pour la survie de cette jeune femme et de son engeance, elle savait comprendre que leur capture ou leur atteinte pouvait nuire à des êtres bien plus liés à ses considérations personnelles. Une fois l'amère réalité acceptée, elle devenait l'une des meilleures garanties de la famille Jefferson.
Peu d'être en ce bas monde avaient - en plus du loisir maigre d'être félicité par elle, dont le monde se moquait bien - l'heur de se voir assurer une telle protection.

C'était cela que Sandra Jefferson allait devoir comprendre, sciemment dans le brouillard étrange des hypnoses infligées à son cerveau.
Oscar symbolisait le Monstre dont elle n'avait pas voulu.
Mais dans le ventre du Monstre, les dangers de ce monde n'étaient plus que funestes pacotilles.

" Et puis, ça vous concerne aussi. Croyez-vous que nos ennemis soient du genre à épargner nos collaborateurs par compassion pour leur sort ? Et qui pensez-vous être une cible facile, entre vous et moi ? " résuma-t-elle, quand pour preuve son cellulaire se mit à sonner en réponse à ses directives. Le Commandant n'eut besoin que d'un coup d'oeil, pour apprendre que l'usurpation informatique de l'identité de Sandra avait fonctionné ; et que le résultat escompté s'en était suivi. Elle tendit son portable à Madame Jefferson, où la photo d'une brève conversation digitale s'affichait, sous les yeux azurins de la belle.

" Si tu ne leur remets pas toutes les informations, ils me tueront.
- Désolé. Je ne peux pas. Je trouverai un autre moyen, je te le promets. Mais ça, c'est impossible. "


Ta vie vaut plus aujourd'hui aux yeux du Monstre que ceux du Monde, Madame Jefferson.
Et celui des deux qui est le plus ingrat, n'est pas forcément celui que tu crois.


N.5
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Sandra L. Jefferson
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MessageSujet: Re: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptySam 8 Déc - 3:15

❝  Il affranchit le rubicond ❞« Il a probablement reconnu mon codage, ou encore mon pseudo sur le web. »

D’être honnête était l’une des seules façons que j’avais de garder ne serait-ce qu’un peu de calme. Je savais que cela ne servirait pas à grand-chose, vu qu’elle pourrait ressentir facilement la peur qui s’échappait de tout mon être, ainsi que les battements de mon cœur et ma respiration moins sereine que d’habitude. Entourée de vampires, j’étais la seule humaine, la seule dont la vie ne tenait qu’à un fil. Ce n’est guère rassurant, je vous l’avoue, mais ce n’est pas bien nouveau. J’ai vécu dans cette ambiance depuis un bon moment, donc je n’y porte plus autant attention. Ne vous y méprenez, ce n’est pas une question de naïveté. Je sais pertinemment que je suis dans le plus bas de l’échelle, et que si ce n’était de mes talents particuliers, je ne me trouverais pas ici. Darell m’aurait tué, et ce, sans même se poser de questions. Jack n’aurait jamais vu le jour et Viktor … oh, je n’ose même pas imaginer sa souffrance. Ainsi, j’essaie de garder ma tête hors de l’eau, je ne pose plus de questions afin d’éviter les problèmes. On me donne des directives, je les suis, je transmets et je passe à la suite. N’était-ce pas ce que l’on faisait déjà, à la CIA, quand il s’agissait de dossiers top secrets?

Silence de mort, pendant lequel je ne faisais que m’entendre parler, avouer, trahir un collègue, probablement signer son arrêt de mort. Non, pas juste une probabilité. Il s’agissait d’une certitude. Tout ce qui m’échappait, c’était la façon dont le Commandant procéderait. À vrai dire, je ne voulais pas vraiment le savoir. Être celle qui divulgua son identité, et donc qui précipiterait sa mort, me suffisait amplement, comme poids sur ma conscience. Est-ce que je m’attendais à ce qu’Oscar trouve quoi que ce soit à me dire, à ce propos? Non. Depuis le temps où elle se mit à me payer une attention particulière, j’appris à tirer des conclusions, sur sa personnalité. Afin d’évite qu’elle ne se montre sous une facette plus cruelle, je préférais simplement ne rien dire de plus et essayer de résoudre mes doutes et mes craintes par moi-même. Étonnamment, malgré son ton de voix très peu exclamatif, elle me félicitait de mon travail, affirmant que j’avais pris la bonne décision. Même si je ne verbalisais pas mes pensées, je ne pouvais m’empêcher de me critiquer de mon choix. Venais-je vraiment de prendre le parti des vampires, de leur donner un bon ami aux pâturages simplement pour sauver ma peau? Je hochais simplement la tête, en guise de réponse, mon regard se portant sur le paysage défilant à vive allure.

Au point où j’en étais, je ne pouvais que prier pour que sa famille ne soit pas ciblée. Ils ne méritaient certainement pas la mort, les pauvres! Mais comment savoir les plans d’Oscar, alors qu’elle referma si rapidement le dossier pour ensuite le jeter sur le banc? Peut-être était-ce sa façon de me faire comprendre son indifférence. En tout cas, c’est ce que je préférais croire, me permettant ainsi de respirer calmement et de cesser les tambours avec mon cœur si affolé. Elle les épargnerait … c’est … c’était mieux. Inventer une histoire quelconque, dans un recoin pareil, ce ne serait pas compliqué. N’importe quel article bien reformuler laisserait croire qu’un groupe de Cabos se jeta sur lui et le tua. La famille pleurerait sa mort, mais au moins, ils ne se douteraient de rien. Quelle … quelle horreur, que de m’écouter, avec des plans si sordides en tête. Comment pouvais-je penser à de telles choses, alors que je parlais de cette même femme qui m’accueillit chez elle? Oh, Conrad, tu aurais vraiment dû ne pas te mêler de tout ça.

Son regard, bien que tourné vers le paysage à l’extérieur, pourrait facilement voir n’importe lequel de mes gestes. Voilà pourquoi je préférais ne pas chercher à bouger plus qu’il ne le faut. Sa voix vint briser le silence qui s’était établi dans le minuscule habitacle. Elle m’annonçait, même indirectement que le destin de Conrad était scellé, et qu’elle le tuera sans parcimonie. Seul petit soulagement, elle ne fit guère référence à sa femme et ses enfants, ce qui s’annonçait comme un bien pénible prix de consolation. Ma conscience n’en serait guère réjouie, mais que pouvais-je faire de plus? Pour Oscar, il s’agissait d’un devoir, d’une tâche menée à bien, exactement comme Darell le demandait. Les deux vampires étaient sur la même onde, et ça ne me rassurait guère. Était-ce une caractéristique liée à leur vie de vampire? Ou étaient-ils déjà ainsi, auparavant? Je n’osais pas poser ce genre de question, sachant qu’ils pourraient me causer plus de problèmes. « Mon travail? Je ne comprends toujours pas pourquoi je me trouve ici. Il me semble que je trouve les informations, et je les envois à celui ou celle qui s’occupe de ces missions. » Voilà où je voulais en venir. Je ne m’occupe jamais d’aller physiquement sur place et voir les cibles en personne. Je ne fais que garnir un dossier, fournir photos et tout le reste, puis clore afin de continuer dans ma liste.

Je refusais de croire qu’il y avait anguille sous roche, dans cette décision subite de la suivre jusqu’au point d’arrivée, là où ce pro de la cybernétique se trouvait. Peut-être s’agissait-il de signaler son identité plus clairement via une caméra. Oui, il n’y avait pas d’autres possibilités. Le Commandant savait très bien que je n’étais pas de celles qui tuait, n’osant même pas toucher une seule arme. Mon talon d’Achille, ma bête noire, … je détestais être témoin d’une violence brutale, ou de scènes horribles. J’étais soulagée, que Vik éteigne sa caméra avant d’en finir avec des victimes innocentes. Je ne voulais certainement pas voir ce qui arrivait à ces gens, surtout en sachant que j’avais grandement aidé à ce crime. Dans ce sens, je ne pouvais questionner son affirmation. Oui, tout cela me concerne, bien plus que je ne le croyais. Mais que voulait-elle dire par le reste? Des ennemis? Des collaborateurs? C’était à ne rien y comprendre. Puis, soudainement, en terminant sa phrase, elle sortit son cellulaire pour me le tendre, ne me donnant guère l’occasion de lui répondre. À quoi bon, de toute façon, alors que mes yeux écarquillés lurent avec horreur ce que Conrad répondit à une conversation entre moi et lui. Ou plutôt entre quelqu’un qui s’est octroyé mon identité. « Non … non ce n’est pas possible. Il n’aurait jamais … » Je fus bouche-bée, préférant ne pas continuer. Mon regard fixait le paysage, resassant les derniers mots du Commandant.
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MessageSujet: Re: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptySam 15 Déc - 13:24

Bien sûr que si.
Oscar la tut, cette observation, consciente qu'elle ne serait sans doute pas audible ; que ce qui était pour elle une question de bon sens revêtait une trahison à ceux de l'autre. Le débat des choix difficiles et des sacrifices, de ce qui devait être abandonné ou pardonné dans l'impression de servir un plus grand tout, n'était certainement pas une discussion que Sandra Jefferson espérait avoir pour l'instant. Même si, Oscar en avait conscience, cet homme n'avait eu d'autre choix que d'agir comme il l'avait fait, au risque de perdre la seule chance qu'il aurait jamais d'atteindre l'un des monstres les plus prolifiques de sa race. Darell n'était pas un homme à qui l'on laissait une chance de s'en sortir sans y perdre la vie, tout comme il ne faisait plus partie des choses qu'un bon chasseur se permettrait de négliger à cause des sacrifices demandés. A la base qui avait été violée et les informations récoltées, Oscar se doutait que le but était de nuire à la lignée là où les points étaient sensibles pour l'affaiblir, et elle comprenait parfaitement qu'un tel risque ne puisse être reconsidéré au nom d'une amitié. Bien sûr, elle en avait joué, de cette réponse à laquelle elle s'attendait. Un marché de dupes, en somme, car il n'était pas difficile d'en conclure qu'au fond, elle connaissait le contenu du message avant de poser la question. Mais il y avait là une vérité que Madame Jefferson devait entendre : ce monde qui était désormais le sien, et dans lequel toutes les priorités avaient été revues pour elle. Si Oscar réfutait la méthode d’enrôlement, il en était de même pour Sandra que pour toutes les créatures enrôlées : tout ce qui n'était pas la lignée et la famille devenait désormais dérisoire. C'était une question de survie pour tout le monde.

Le voyage se fit dans un silence de plomb, tranché par le frottement des ailes de l'avion à des kilomètres au dessus du sol. Oscar s'employait à mobiliser des troupes dans les différents points stratégiques dévoilés dans les dossiers, pour ne pas reproduire la mauvaise surprise de n'avoir personne pour repêcher l'ennemi à Buenos Aires. Elle se doutait bien que Conrad Jones ne se trouverait plus là quand elle arriverait, et que la chasse pourrait les amener loin et longtemps avant de le dénicher. Mais avant toute chose, le Commandant désirait savoir ce qu'il comptait faire des informations volées, et il n'y avait qu'en se rendant sur place qu'elle serait sûre de récupérer tous les éléments pour comprendre. L'homme lui-même, finalement, était en sursis et ne pourrait pas fuir bien longtemps. Elle le soupçonnait de le savoir, espérer une erreur de sa part dans la précipitation, à commencer par la vitesse avec laquelle il avait dû fuir sa planque. Il n'avait certainement pas espéré être repéré si vite, c'était cet élément de surprise sur lequel elle comptait avant tout pour l'inciter à la faute.

Atterris dans la chaleur exaltée de Buenos Aires, sur les pistes d'un aéroport privé en périphérie de la ville, Oscar envoya les quelques hommes qui avaient voyagé avec elle surveiller les lieux de départ, dans l'éventualité délirante où l'homme serait encore sur le continent pour être repêché. Avec un empressement renouvelé, Sandra et le Commandant quant à elles, s'engouffrèrent dans le taxi qui les attendait pour se rendre à l'endroit que la femme était parvenue à localiser. Coincée entre les murs hauts d'habitations communautaires, dans un dédales de ruelles étroites, une simple porte de bois branlante, qu'Oscar enfonça d'un coup d'épaule pour pénétrer dans l'ombre fraîche d'une pierre large. Elle prit le relais sur les systèmes électroniques, écoutant aux portes, humant les odeurs, jusqu'à repérer en haut d'un escalier en colimaçon usé, une petite chambre de bonne tout-à-fait déserte. Elle l'ouvrit comme la première sans se fendre de douceur, sur une petite pièce baignée dans l'obscurité et la poussière. L'électricité encore fonctionnelle révéla le squelette vidé à la hâte d'un studio aux meubles enfoncés, aux étagères maladroitement débarrassées. Tout au fond, un bureau noir, qu'on pourrait presque penser encore tiédi par le matériel électronique, avec un peu de créativité. D'ailleurs, la collection de prises qui s'étalaient en dessous du pupitre et les marques cubiques d'une tour dans le parquet achevèrent de convaincre Oscar qu'elle avait trouvé le bon endroit.

" On cherche une liste, ou tout ce qui pourrait ressembler à un commanditaire, une équipe. " déclara Oscar, en joignant aussitôt le geste à la parole, pour s'enquérir des papiers délaissés sur les étagères. " Les coordonnées de la base n'ont aucune valeur pour un homme seul. Soit il travaille avec d'autres personnes, soit il a l'intention de les vendre. "



N.7
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Sandra L. Jefferson
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MessageSujet: Re: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptySam 29 Déc - 3:05

❝  Il affranchit le rubicond ❞Je continuais à réfuter ce que j’avais lu. Conrad serait incapable de trahir ses collègues. Il est un homme apprécié, il a aidé dans plusieurs enquêtes, n’a pas hésité à prêter main au FBI, à la CIA, ou tout autre agence hors pays. Il avait une famille, bordel! Ne songeait-il pas à eux? Personne de saint d’esprit n’accepterait de tenter ce coup-là, surtout puisqu’il s’agissait de Darell. J’estimais, quoique je ne pouvais en être certaine, qu’il devait connaître un minimum sa cible, même s’il n’était pas au courant de tout. Je sais qu’il a toujours possédé cette âme de héros, de justicier voulant que l’ennemi soit retrouvé et mis en prison. Moi aussi, je pensais ainsi, quand je partais travailler. Chaque dossier clos, chaque nouvelle information que je réussissais à trouver me donnait l’impression de faire une différence. Malheureusement, ce genre de pensée s’effaça plutôt rapidement, lorsque le Baron débarqua, et que je n’eus d’autre choix que de faire valoir ma vie. À partir du moment où je commençai à rechercher tout ce qu’il me demandait, où je participais, même indirectement, à des meurtres, c’est là que ma perspective changea. Qu’il s’agisse de créatures ou non, je ne pourrais guère m’imaginer l’être héroïque d’autrefois. J’étais à la solde d’un vampire, ne savait pas ce qu’il manigançait derrière mon dos, ne pouvant compter que sur mon travail comme preuve du respect que je lui portais. M’enfin, … du respect et de la crainte. Un mélange fatal, en quelque sorte. Cela expliquait pourquoi je ne pus garder le silence sur l’identité de Conrad. Ça avait beau ne pas me plaire, je ne pouvais sacrifier ma vie pour lui. J’avais un fils à élever, et un mari qui me manque terriblement, à chaque fois qu’il part en mission. En bref, j’avais une certaine stabilité, et celle-ci ne se devait pas d’être ruinée par ses gestes.

Question de garder la tête hors de l’eau, je préférais ne pas parler. À la place, je fixais le paysage, alors que l’avion décollait, non sans me rendre compte qu’Oscar continue de communiquer avec ses troupes afin qu’ils se déplace à des points stratégiques bien précis. Si Conrad avait fui bien plus tôt, il pourrait toujours en être à un autre pays en Amérique Latine. Cependant, le connaissant, il se cache, essaie de garder un silence radio total jusqu’à ce qu’il ne remarque plus la présence de ces ennemis dans les environs. Oh, il ne savait vraiment pas ce qui l’attendais. De ce que je pouvais comprendre, le Commandant n’est pas du genre à baisser les bras. Pourra-t-il survivre aussi longtemps qu’un vampire, qui a toute l’éternité devant lui? Je ne crois pas. Il viendrait sincèrement à regretter cette mission suicide, mais il sera trop tard. Tout ce que je peux espérer, c’est de ne pas assister à cette scène horrifiante. Je couperais le son et l’image aux caméras, attendrait le retour d’Oscar et ses troupes. Un plan que je croyais possible, même si la voix de l’inquiétude me répétait qu’on ne me laisserait pas m’en sortir si aisément.

Perdue dans mes pensées, je ne me rendis même pas compte que l’on avait atteri. Je ne bougeais de mon banc que que lorsque l’avion s’arrêta complètement. Mon premier instinct fut de regarder de nouveau l’extérieur. Les habitations n’étaient plus les mêmes; nous étions bien à Buenos Aires. Sans poser plus de questions, je sortis derrière Oscar. Un taxi semblait déjà nous attendre, alors qu’on embarqua pour se rendre à sa dernière localisation. Une fois sur place, j’entrevis le genre de quartier où l’on se trouvait. Les portes en bois semblaient usées, et les ruelles étaient minuscules. Les gens par ici étaient probablement si habitués à des inconnus rôdant dans le coin qu’ils ne se posèrent pas de questions en nous voyant. Même lorsqu’Oscar enfonça la porte, personne ne nous prêta attention. Le lieu, cette habitation étrange, était complètement vide. Conrad avait visiblement pris la fuite, prenant avec lui l’essentiel … donc son téléphone et probablement son ordinateur, que ce soit une tour ou un portable. Mais il avait usé de précaution, en fermant la salle qu’il utilisa très probablement comme bureau de fortune. Le Commandant ne fut pas délicat avec cette porte là non plus, Je la suivis à l’intérieur, scrutant les étagères, essayant de repérer un quelconque indice. Tout ce que je savais, c’est qu’il ne devait pas être parti depuis si longtemps, vu que la table était encore tiède. C’est à ce moment qu’une voix s’éleva, celle d’Oscar. Elle voulait que l’on trouve des preuves qu’il s’agissait d’une attaque commanditée par quelqu’un autre. Je me sentis regagné un peu d’espoir. Qui sait, peut-être l’épargneront-il, dans ce cas. Je ne me fis pas prier pour commencer les fouilles, cherchant d’abord là où on trouverait ce genre de secrets plus facilement, pour ensuite y aller avec les diverses cachettes qu’on m’apprit, à force de travailler dans une agence. Feuille après feuille, je retrouvais des morceaux de papiers par terre, dans la petite garde-robe. Je les récoltais un à un avant de les poser sur le bureau. Un contrat. Voilà, il avait fait affaire avec quelqu’un! Pour en savoir plus, cependant, je dû user de mes piètres talents pour les puzzles pour reconstituer le papier. Après quelques minutes dans ce manège incessant, je finis par trouver les noms d’homme qui, selon mon téléphone, m’indique le nom d’une compagnie fictive. Des revendeurs de drogues, mais en soif de plus d’infos. Ils veulent probablement savoir comment ça se fait que Darell possède une si vaste richesse. Croient-ils qu’il est un compétiteur? Aucune idée. « J’ai trouvé. Je crois qu’il s s’agit de cet homme Marcos, aussi connu comme Marco Antonio Estrada Gonzalez, qui a fourni les informations, pour trouver ce que Conrad devait infiltrer. » Je lui laissais le temps de voir la feuille que j’avais rapiécée. « Que fait-on maintenant? » Je me croisais les doigts, pour qu’elle ne me demande pas encore de la suivre, et que je retrouve dans une très mauvaise situation.
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MessageSujet: Re: Il affranchit le rubicond [Sandra]  Il affranchit le rubicond [Sandra] EmptyDim 27 Jan - 12:06

Papiers reconstitués, preuves assemblées, indices glanés avec une certaine efficacité malgré les défauts propres à son humanité. Sandra Jefferson avait certes la désagréable tare d'être trop sensible au goût d'Oscar, et de se nier des réalités autant qu'elle souffrait trop quand il fallait les voir. Mais elle savait rester efficiente malgré les irrationnels irritants de sa condition mortelle. C'était un minimum, admettrait une âme honnête ; mais un minimum que le Commandant savait respecter pour ce qu'il était.
Recevant dans un bref signe d'entente l'identité de leur nouvelle piste, Oscar ne perdit pas de temps pour s'assurer que les derniers recoins de la pièce avaient été fouillés avant d'en ressortir.

" Maintenant, nous retrouvons monsieur Gonzales. "
déclara la terrible, menue silhouette lancée dans les escaliers, de cette voix gelée qui ne laissait aucun doute sur ce qu'elle avait l'intention de lui infliger. Et si c'était avant tout un travail qu'il était nécessaire de faire sur la sensibilité de la blondine, Oscar devait reconnaître un certain plaisir à la laisser ainsi franchir le chemin inverse dans la perspective d'assister à ce genre de réjouissances. Elle était agacée, pour tout dire, des tourments de l'humaine - de l'Humanité en général - dont sa patience ne souffrait plus depuis bien plus loin que sa naissance.
Les yeux à nouveau rivés sur son téléphone pour battre le rappel des chiens de meute, Oscar émergea dans la ruelle étroite et tannée par le soleil dans un silence d'église. Bien résolue à la laisser imaginer le pire, elle s'occupa du linge qui séchait entre les fenêtres et de l'odeur de la pierre chauffée par les rayons bien plus que des pensées qui rongeaient son accompagnante.

Jusqu'à ce qu'enfin, assassinant le suspens, deux véhicules s'engouffrèrent entre les hauts immeubles en enfilade, arrêtées à leur hauteur. Le Commandant rejoignit la première, intima l'humaine aux multiples talents d'aller vers la seconde. " La voiture va vous ramener à l'hôtel, Madame Jefferson. Tâchez de contacter votre ami et si vous y parvenez, assurez-lui que nous sommes prêts à nous montrer raisonnable s'il se rend avec toutes les informations dont il dispose... Partagez-lui donc votre expérience, elle suffira à lui faire prendre la mesure des conséquences qui l'attendent. "


Qui mieux que Madame Jefferson pourrait attester du sort réservé aux détracteurs des Sanguinaires.


L'Homme faisait preuve d'une créativité sans pareille en terme de torture et avait inventé, au cours des siècles, plus de moyens de faire souffrir que d'inventions notoires, pour ce qu'Oscar soupçonnait être son seul divertissement personnel.
Car enfin, torturer un homme ne demandait souvent pas la plus grande imagination. Il suffisait de quelques dents, quelques ongles, des phalanges et des tendons... un travail d'imbécile, avec comme seule directive de partir des extrémités pour cheminer vers le centre, que l'angoisse et la peur n'aillent jamais que de mal en pis.
Marco Antonio Estrada Gonzalez était un être bien peu distrayant à faire souffrir. L'anatomie replète ne donnait jamais de la grande chirurgie, et sa lâcheté et sa faiblesse le faisait céder bien trop tôt pour appeler décemment cela un défi. En attestaient d'ailleurs, les rares morceaux de lui éparpillés sur le carrelage de la cuisine, avant que les informations ne fusent enfin dans les oreilles du Commandant aux manettes de son tourment d'agonie.

Seule sa bêtise se distinguait peut-être du commun des mortel. Car c'est avec franchise qu'il se crut épargné quand elle lui promis - avec un soulagement franc qu'il accueillit son doux répit avant de passer à table.
Mais enfin, si Marco Antonio Estrada Gonzalez avait eu un peu de jugeote, il l'aurait vue venir - la balle qu'un homme de main lui envoya aussitôt dans le crâne.


Il est inconscient et tout bonnement imbécile d'en appeler à l’humanité d'un Monstre. L'être intelligent trouve d'autres moyens de lui parler.

Retournée aux abords de l'hôtel, Oscar rejoignit les quartiers dans lesquels on avait installé Sandra Jefferson et son matériel ; ce qu'elle estimait être une bonne partie sinon la totalité des planques envisageables où ils trouveraient son amie Connor à portée de main. Le " Alors ? " qui suivit son entrée, le Commandant ne le prononça que dans un dernier acte de clémence ou de bonne foi. Il s'agissait avant tout de savoir si l'homme avait su saisir l'offre de raison proposée, ou s'était entêté dans son idiotie à se croire plus fort que les Monstres. Savoir si elle devrait se montrer magnanime, ou si un sort pire que la mort l'attendait déjà.
Dans tout les cas, Sandra Jefferson assisterait certainement à ça.

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