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 [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]

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Cerbère

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MessageSujet: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Mer 26 Sep - 18:42


Je pose la queue de billard sur ma main, poussant le bois et frapper la boule blanche. Elle partit frapper une boule plus loin, qui rentra dans l’un des coins. Je me redressais, observant la scène de jeux, et frappais une seconde fois. Cette fois-ci, elle ne rebondit sur un rebord et repartit dans une autre direction. Je regardais mon adversaire, qui souriait, fier de mon possible défait. Il y avait de l’argent en jeux, et sûrement plus. Le type était mignon, et il m’avait déjà payé quelques verres avant de me proposer cette partie de billard. J’avais envie de m’amuser ce soir. Enfin, si on pouvait appeler ça un amusement. C’était plutôt pour me changer les idées. Ce type, comme tous les autres avants lui depuis moins d’un an. Aucune d’entre eux n’arrivait pourtant à me faire oublier mes sensations, mes cauchemars, mes peurs. Et aucun d’entre eux ne réussirait jamais. Je le savais bien, mais je continuais, parce que durant quelques instants, j’arrivais à me changer les idées. Assez pour mettre de côté l’angoisse qui me prenait de plus en plus ces derniers temps, devenant toujours plus puissante, comme si quelque chose menaçait. Je mettais ça sur le compte de la paranoïa, et de tout le reste. Comment ça pouvait avoir un lien avec ça ? De ce que j’en savais, les Loups et autres Créatures ne souffraient pas de ce genre de paranoïa, d’angoisse qui me tordait l’estomac et m’empêchait de dormir.

Je terminais la partie de billard en tant que vainqueur, mais ce n’est pas ça qui nous intéressait tous les deux. Le gars venait de m’emmener avec lui jusqu’à son appartement, et nous avions passé un moment plutôt mémorable. Pour lui en tout cas vu les cris qu’il avait poussé durant notre échange. Quant à moi… C’était agréable, mais sans plus. Je n’avais pas la petite étincelle de lorsque j’étais jeune, plus depuis très longtemps, et ça avait commencé bien avant cette tragédie il y a plus d’un an maintenant. Des mois, des jours, que je comptais sans relâche. J’avais essayé de ne pas le faire, mais toujours revenait cette sensation, ces chiffres qui passaient. Je n’oubliais pas. Je n’arrivais pas à oublier. Dans un moment qui aurait dû ne laisser que du plaisir et de l’abandon, ce n’était pas le moins du monde ce que je ressentais, bien au contraire. Entre les sensations que me procuraient mon corps, et ceux de mon esprit, tout s’embrouillait. Tout était contradictoire. Je n’arrivais pas à m’abandonner, à me laisser aller, car à chaque contact de ces hommes, je me rappelais aussi ce qui m’était arrivé cette nuit-là. Tout se mélangeait. Je détestais ça, et pourtant je continuais, parce que ça m’évitait d’y penser aussi. Contradictoire ? Oui sûrement, mais je crois que c’était dans ma nature. Mais ça m’empêchait de dormir, de m’arrêter sur ce qui s’était passé, de m’arrêter sur les sensations que j’éprouvais. Finalement, c’était le seul moyen que j’avais trouvé pour y échapper. Je me fichais du reste. Je voulais juste y échapper. Ryan me manquait pour ça. Il était le premier. Premier à m’avoir attiré, premier à m’avoir tendu la main, premier à ne pas m’avoir abandonné. Ryan me manquait, et il m’effrayait tant je me sentais mieux en sa présence, alors je préférais le fuir.

Je chassais ses pensées qui venaient envahir mon esprit, et qui faisait monter quelques larmes aux yeux. Je me levais du lit, ne lançant pas un regard au type qui s’était endormi peu de temps après notre partie de jambe en l’air. Je me mis debout, récupérant mes vêtements, et sortant de chez lui. Je descendis les marches, sortant dehors. Je marchais quelques temps, laissant mes pieds me guider sans que je sache où je me dirigeais. La sensation dérangeante continuait d’augmenter et de tordre mon estomac. A tel point que je sentais la bête en moi s’agiter, et gronder, frappant sa cage pour essayer de sortir. Cette soudaine attaque de cette chose me fit trembler. Je faillis m’effondrer et dus m’appuyer sur le mur pour rester debout, alors que mon cœur accélérait, tout comme ma respiration. J’essayais de reprendre le contrôle, essayant d’enterrer cette chose. Je pris ma tête entre mes doigts, alors que mon corps était pris de tremblements.

Je reculais brutalement ma tête, frappant l’arrière contre le mur, et recommençais plusieurs fois.

« Non, non, non… Disparais… Disparais »

Je continue de me frapper, jusqu’à ce que la douleur envahisse mon crâne, et que je sente la chose disparaitre. Pour un temps en tout cas.

Je me laisse glisser contre le mur, coinçant ma tête entre mes bras, mes coudes sur mes genoux. J’essayais de contrôler ma respiration, réussissant à récupérer mon calme. Je sentis mon téléphone vibrer. Je pris quelques instants pour le sortir de ma poche, regardant le numéro. Jay Hywelle. Qu’est-ce qu’il voulait au juste ? Je n’étais pas d’humeur à l’écouter me parler, me faire la leçon, ou tout autre chose. Pourtant, l’angoisse avait tordu encore plus mon estomac au moment où mes yeux s’étaient posés sur le numéro, et j’avais fini par décrocher, portant l’appareil à mon oreille.

« Jay, qu’est-ce que tu veux ? »

Ma voix était relativement froide, allant avec mon humeur du moment. Pourtant, je risquais de très rapidement déchanter.

N.1


Dernière édition par Ellana O'Malley le Sam 13 Oct - 18:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Mer 26 Sep - 19:33

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Mes mains se rabattirent sur ma veste, replaçant le col qui s’était déplacé après mon échange agité avec la propriétaire d’une petite boutique que j’étais allé visité. Oui bon, je variais un peu les plaisir puisque j’essayais d’éviter les bars depuis ces derniers jours. Entre ce défit avec Ella ou encore ma rencontre avec mon frère où je me demandais s’il ne m’avait pas fait boire exprès… j’avais peur de replonger et je préférais donc être prudent. Ceci dit, j’étais  reparti de la boutique avec un sac contenant quelques babioles de nettoyage bio, en grand maniaque que j’étais. Je détestais la senteur chimique de certain produit et donc, je me laissais tenter par les produits naturels. Qui aurait pu croire que j’étais aussi désespéré?

Enfin bref. Je retournai à ma voiture, déposant le sac sur la banquette arrière et retournai du côté conducteur, m’arrêtant toutefois net en entendant un bruit de bagarre un peu plus loin, et quelques cris. Fronçant les sourcils, je me penchai pour prendre le flingue dans la boite à gant, vérifier qu’il était bien chargé et me reculai, refermant la porte derrière moi. Prudent et ne sachant pas sur quoi j’allais tombé, j’observai la ruelle dans laquelle il me fallait aller pour voir d’où venait les cris et jurai mentalement de la noirceur des lieux. J’y voyais pas grand-chose avec les lampadaires qui n’éclairaient que la rue passante et non les fameux coin sombre. Je me voyais toutefois mal faire demi-tour si quelqu’un s’était fait agressé, que ce soit par un humain ou une créature. J’avais remarqué que ces dernières se comportaient bizarrement ces derniers temps, moi le premier. Mes pulsions étaient plus forte qu’avant, mon envie était souvent pressante et mon manque se faisait sentir rapidement. Je parvenais à me contrôler un temps soit peu, mais c’était toujours difficile. Trop difficile.

Me concentrant sur le moment présent, je faisais attention à ce que mes pas ne fassent pas trop de bruit, tendant l’oreille pour entendre, que ce soit une voix ou autre chose. Rien pour l’instant. Je ne me détendis pas pour autant et continuai mon chemin, me dirigeant vers une bifurcation menant à deux autres ruelles. C’est à ce moment là que j’entendis le grondement et le bruit de griffe sur le béton froid du soir. J’eus à peine le temps de me retourner pour esquiver un loup qui me fonçait dessus, croc et griffe dehors, me fixant avec férocité. Je n’avais aucune idée de s’il s’agissait d’un membre d’une meute que je connaissais ou si c’était un oméga égaré, mais il ne semblait pas content de me voir dans cette ruelle, qui devait être son territoire. Je me reculai de quelques pas, relevant un peu ma main pour lui montrer que je n’étais pas là pour lui faire du mal… grave erreur. Je devenais peut-être un peu trop gentil en fait, à force de côtoyer des créatures et de coucher avec certaines. Merde.

La bête me fonça dessus et je tirai, l’atteignant au flanc. Sauf que ce n’était pas des balles en argent, donc ça ne me servirait qu’à la ralentir. Je bondis sur le côté pour à nouveau esquiver, mais je ne parvins pas à garder mon équilibre, atterrissant violemment sur le ventre. Sonné, je me retournai et roulai sur le côté de peine et de misère, évitant un coup de griffe tandis que je tirais à nouveau. Je parvins à me relever, maintenant le loup à distance en le tenant en joue, et me figeai en entendant une deuxième respiration derrière moi.

« Putain de m… »

Cette fois-ci, je n’eus pas le temps de faire quoi que ce soit. Le coup de griffe m’envoya au sol, la surprise ainsi que la douleur me faisant lâcher un cri. Je réussis à me retourner sur le dos, tirant sur l’un des loups tandis que l’autre essayait de me claquer l’épaule avec sa mâchoire. Il y parvint et une nouvelle vague de douleur me traversa, causer par la morsure. J’avais été mordu une fois par un loup et j’avais expérimenté la souffrance que ça pouvait faire, bien qu’elle restait tolérable. Ça restait tout de même très désagréable. Grâce à l’adrénaline, je réussis à mettre un coup à l’un des deux, tirant une nouvelle fois. Je crois bien que la balle fit mouche dans un endroit assez douloureux car le loup blessé se recula, l’autre me donnant un coup de griffe au niveau des côtes, qui descendit jusque sur les hanches, me faisant haletant tant chaque respiration me faisait mal.

Contre toute attente, les deux loups quittèrent les lieux, me laissant baignant dans mon sang. Je portai une main à mon épaule, ma mâchoire se contractant pour essayer de contrôler ma douleur, mais rien à faire. Je me redressai, m’appuyant sur le mur en lâchant une plainte de douleur en raison des griffures dans mon dos et fouillai dans ma poche, espérant que mon téléphone serait encore en état de fonctionner. Bingo! Il s’allumait! … mais je pouvais appeler qui? Ella? Max? Blaire? … Ellana était mon premier choix. Et surtout je savais qu’elle trouverait une solution pour m’éviter les urgences. Aller expliquer ce genre de griffure, c’était difficile. Restait à voir si elle allait décroché maintenant… J’appuyai donc sur son numéro, attendant qu’elle décroche. Je ne m’arrêtai pas au ton froid qu’elle employa, habitué depuis que je l’avais retrouvé à ce qu’elle me fasse comprendre que j’étais souvent de trop.

« J’ai… j’aurais… j’aurais besoin d’un ptit… ptit coup de pattes… euh… mains. »

Mon portable me glissa des mains juste après que je lui eus dis où je me trouvais, tombant à terre à côté dans la marre de sang qui commençait à bien s’étendre et je grimaçai à nouveau, serrant mon épaule douloureuse dans ma main. Une morsure de loup ferait du mal à n’importe qui… mais pas à ce point bordel. J’espérais seulement qu’elle serait trop occupé avec les autres blessures pour y penser. Ce n’était pas spécialement le moment que je fasse mon coming out de créature videuse d’énergie.  

Me battant pour garder les yeux ouverts, je remontai mon autre main sur mon estomac, essayant d’arrêter le sang de couler. Facile à dire, mais dans les fait… le coup de griffe faisait plusieurs centimètre tout de même. C’était assez profond, bien que pas assez non plus pour avoir trop toucher les organes internes et vitaux. Je commençais à me sentir fatigué et je peinais à rester éveillé. En fait, je crois que je perdis connaissance deux fois avant d’entendre les bruits de pas dans la ruelle.   
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Jeu 27 Sep - 14:51

Après quelques instants, j’entendis la voix de Jay qui me répondit. Elle était faible, et, même de là où je me trouvais, je pouvais sentir toute la douleur qu’il ressentait. Avant même que je n’y pense, je bondis sur mes pieds, et je me mis à courir, tenant mon téléphone pour entendre ce qu’il me disait. Je n’eus pas le temps de répondre que la communication fut coupée. Je rangeais mon téléphone, et courais aussi vite que je le pouvais, allongeant ma course. Je courais plus vite qu’un Humain, mais c’est à peine si je m’en rendais compte. L’angoisse que je ressentais devenait de plus en plus violente, et douloureuse au fil des secondes. Je courrais. Plus vite. Je devais aller plus vite. Toujours plus vite. Pendant ma course, je pensais rapidement à composer le numéro de Kaitlin, lui demandant de venir à l’adresse que Jay m’avait donnée. Je sentais la panique monter en moi. Quelque chose que je n’arrivais pas à gérer. C’était dur, trop dur. Si Jay m’avait appelé, avec ce ton là… Qu’il eût osé me demander de l’aide, c’était qu’il allait mal, très mal. Je le savais. Je le connaissais que trop bien. Jay était mourant. Ce n’était pas seulement ma connaissance de lui qui me le disait. C’était mon instinct qui me le hurlait. Cette chose au fond de moi me le hurlait. J’ignorais comment, j’ignorais pourquoi, mais j’en étais sûr. Et je ne pouvais pas laisser faire. J’avais déjà cru le perdre, il m’avait abandonné mais je ne pouvais pas l’abandonner en retour. Je ne pouvais pas.

Je sentis le sang bien avant que je n’aperçoive la ruelle. Je n’eus d’ailleurs aucune seconde d’hésitation en m’y engouffrant, sortant mon arme pour être sûr que rien ne se jette sur moi. Je voyais parfaitement cette dernière malgré le peu d’éclairage, mais ne m’y attardais pas. Je regardais tout autour de moi, et vis qu’aucun ennemi ne semblait ici. Tout ce que je pus voir, c’était le corps de Jay, avachit contre le mur, baignant dans son sang. Mon cœur se serra, mon angoisse augmentant en flèche alors qu’un gout amer envahit ma bouche, et je me précipitais jusqu’à lui. Je me laissais tomber à côté, rangeant mon arme au passage. Je saisis son visage entre mes doigts, le relevant vers moi.

« Jay c’est moi. Regarde-moi. Aller bon sang, regarde-moi ! »

J’essayais de le stimuler, de le secouer, mais il semblait assez peu réactif. Reprenant le contrôle de mes émotions, je déchirais son t-shirt, les plaquant contre ses blessures les plus graves. Mes mains furent rapidement couvertes de sang, mais je réussissais à endiguer l’hémorragie. J’entendis bientôt la voix de Kaitlin non loin, et je l’appelais, lui indiquant où j’étais. Elle ne tarda pas à arriver avec son brancard, et voulut m’aider pour soulever Jay. Aide que je refusais, le soulevant du sol sans aucun mal malgré son poids, et le déposais sur la civière. Rapidement, nous l’emmenions jusqu’à la morgue. Mon amie s’occupa rapidement de Jay, lui donnant les calmants qu’elle avait sur place pour qu’il soit insensible, puis elle s’attela à le guérir. Moi je faisais les cents pas dans la morgue, ne réussissant pas à rester immobile. La dérangeant, elle m’ordonna de sortir de son bloc. Je le fis, me penchant au-dessus d’un lavabo. Je saisis les rebords en céramique, essayant de reprendre le contrôle de ma respiration. Mes doigts serraient si fort l’objet que quelques craquelures finissaient par apparaître, menaçant de se couper en deux. Je levais les yeux vers le miroir, et me figeais. Pour la première fois, je vis leur couleur. Le bleu azur était remplacé par le rouge flamme. Non… Pas ça, pas ça, pas ça !

Mes doigts se refermèrent un peu plus fort, alors que les battements de mon cœur accéléraient, et que je menaçais de me transformer. Je réussis pourtant à m’accrocher à mon humanité, repoussant la bête au fond de moi. Je fixais ensuite mes mains couvertes de sang, et décidais de les nettoyer, de manière méthodique. Je sentais des sentiments violents essayer de prendre le contrôle, de me faire sombrer, mais j’étais si habituée à les mettre de côté que je n’arrivais pas à les identifier, et je n’essayais même pas. Je préférais ne pas me laisser aller par l’angoisse, la panique, et la terreur qui secouaient mes entrailles. Je n’étais pas prête à les ressentir encore une fois. Alors je me concentrais sur une tâche simple, laver mes mains. Puis je partis m’asseoir par terre, mes mains ramener devant moi, mes doigts croisés, essayant de me concentrer sur le contrôle de mes sentiments. Je pouvais sentir mon angoisse diminuer, cette chose presque instinctive que je ressentais et que je ne comprenais pas. J’ignorais d’où ça venait mais… Je savais qu’il allait s’en sortir, et ce savoir me permettait de garder mon calme, bien que je ronge mes ongles. Une habitude que j’avais perdu il y a des années, mais qui revenait parfois. Une question ne cessait de me tarauder. Est-ce que Jay avait pu voir mes yeux ? Peut-être qu’ils n’avaient changé de couleur qu’après ? Je l’espérais, parce qu’il n’aurait pas eu à affronter ma nature dont j’ignorais tout, et si terrifiante.

Je pris ma tête entre mes mains, sentant une nouvelle panique naitre en moi. La panique qu’il découvre ce que j’étais, qu’il est peur de moi, qu’il me rejette, qu’il tente de me tuer. Qu’il me fasse à nouveau du mal, comme durant toutes ses années. Je me forçais à respirer lentement, essayant de gérer cette angoisse si puissante. Je ne sus combien de temps je restais prostrée au sol, perdant le fil du temps. Jay allait s’en sortir, c’est tout ce qui me permettait de tenir. Je ne bougeais que lorsque Kaitlin vint me prévenir qu’elle avait terminé. Je me relevais.

« Il a dit quelque chose ?

- Comme quoi il aurait vu tes magnifiques yeux ? Je crois pas. Sinon, tu me demandes pas s’il va s’en sortir ?

- Je sais qu’il est encore vivant. Me demande pas pourquoi, je serais incapable de répondre. »

Elle me sourit, et me permit d’entrer, marchant jusqu’à la table froide de la morgue. Je m’avançais jusqu’à lui, inquiète, posant doucement une main sur la sienne. Je portais l’autre à son visage, la passant dans ses cheveux.

« J’ai fait de mon mieux pour le réparer, mais c’est pas un bloc opératoire ici. Il serait sûrement mieux en hôpital. Enfin, connaissant vos activités, il vaut mieux pas. Mais bon, j’ai fait de mon mieux, et tu devrais t’en sortir. Par contre, il va falloir un certain temps pour que tu t’en remettes, avec aucun droit de faire des efforts physiques, au risque de rouvrir tes points. Ce serait dommage que tu es des cicatrices »

Je secouais la tête en lançant un regard à Kait’. D’accord, ce serait dommage de voir des marques zébrer le corps de Jay. Lui qui semblait si… Délicieux. Je chassais ses pensées et ramenais mon regard sur lui.

« Eh bien… Tu as eu de la chance. Me dis pas que tu es parti te battre tout seul encore ? lui dis-je en fronçant les sourcils. »

Est-ce qu’il était encore suicidaire ? Tout ceci me rappelait un peu trop ce qui s’était passé il y a deux ans. Même si nos positions étaient inversées, et que je ne pouvais plus mourir. Enfin… Pas de façon normale en tout cas.

N.3
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Jeu 27 Sep - 15:44

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Mes yeux s’étaient plissé en entendant les bruits de pas, à moitié conscient de ce qui pouvait bien se passer. Mes doigts serraient mon épaule meurtrit qui me faisait bien plus mal que les griffures et je ne sais même pas comment je faisais pour garder une certaine poigne dessus, espérant sans doute chasser la douleur. C’était surtout un geste instinctif, le reste de mon corps ne me répondant presque plus. J’eus à peine conscience d’Ellana qui me força à relever la tête, mon regard croisant le sien, bien que ma vision restait affreusement flou. J’avais l’impression de discerner un éclat de rouge dans ses yeux habituellement si bleu, mais c’était sans doute une pur hallucination dû à ma perte de sang et ma fatigue. Fatigue qui me gagnait de plus en plus, ne me rendant pas compte du t-shirt qu’elle déchirait, n’y même des compressions contre les blessures. N’y de rien d’autre d’ailleurs. Mes oreilles bourdonnaient et les voix venaient de loin, sans que je ne puisse les distinguer. Je restai pourtant conscient, bien que complètement amorphe pendant qu’on me hissait sur le brancard. Là aussi je ne me rendis pas compte que c’était Ella qui m’avait mit dessus, ce que j’aurais sans doute trouvé bizarre en temps normal. Je me sentais comme une guenille incapable de bouger tant mon corps irradiait de partout. Mais de savoir qu’elle était là me rassurait déjà énormément, et je cessai de lutter petit à petit, sachant que j’étais entre de bonne main.

Les calmants firent rapidement leur effet, si bien que la douleur même de mon épaule disparut, et que je perdis la notion du temps. Je crois même que je m’étais endormis, trop affaiblit pour continuer à rester éveillé. De toute façon, je n’aurais pas pu faire grand-chose, Kaitlin me raccommodant avec ce qu’elle pouvait avoir dans une morgue, loin du nécessaire que proposait un hôpital. Mon ‘sommeil’ si on pouvait l’appeler ainsi fut plutôt calme, merci les médicaments. Et je me réveillai seulement plus tard, mes yeux papillonnant pour m’habituer à la lumière, complètement perdu. Mes sourcils se froncèrent doucement et je parvins à tourner la tête, les yeux un peu plisser pour voir où je me trouvais. Une morgue? J’étais pas mort que je sache!

Oh bordel… je me sentais complètement à la ramasse. Je parvenais à peine à me rappeler les derniers événements, mon esprit trop embrumé pour que je puisse mettre mes pensées en ordre. La dernière chose dont je me rappelais, c’était Ellana qui était arrivé… mais le avant et après restait flou. J’avais d’ailleurs l’impression d’avoir réellement vu ce rouge dans ces yeux, sans réussir à m’expliquer pourquoi. Ça devait vraiment être une hallucination, je ne voyais que ça.

« Depuis que je la connais, je n’ai jamais vu Ellana aussi paniqué. »

La voix de Kaitlin me fit sortir de mes pensées, et je tournai la tête vers elle pour la regarder, incapable de bouger plus ou même de me redresser. Je me sentais… moue. Complètement vider de mon énergie. Ah, tiens, ironie… ça se trouve, c’était comme ça que se sentait les gens une fois que je les vidais! Bah c’était une sensation franchement merdique!

« Ne bouge pas, je vais la chercher! »

J’eus envie de lui répondre un ‘ haha très, très drôle’ face à cette blague, vu mon état, mais même ma bouche me semblait affreusement molle. La seule chose dont j’avais envie là, c’était de me rendormir, mais ailleurs que sur cette table froide et inconfortable. Un petit sourire étira mes lèvres en voyant la rouquine entrée et je fermai les yeux en sentant sa main sur ma peau, profitant de sa chaleur. Mes doigts se refermèrent un peu sur les siens, faiblement. J’avais toujours apprécié son contact, et allez savoir pourquoi, là il me réconfortait. Je m’étais vu mourir dans cette ruelle, vidé de mon sang. Je voyais déjà les titres dans les journaux ‘Attaque de bête sauvage’ alors que ce n’était pas tout à fait vrai.  J’écoutais d’une oreille distraite ce que disais la légiste, concentré sur le visage d’Ella. C’est d’ailleurs sa voix qui me sortit de ma contemplation et je clignai plusieurs fois des yeux pour me reprendre et essayer – je dis bien essayer – de parler.

« Non… » j’étouffai un petit rire, m’humectant les lèvres. Ma bouche me semblait pâteuse et c’était… désagréable pour parler. « J’ai cru que quelqu’un se faisait attaquer… »

J’avais jadis eu des pensées suicidaires, mais je m’étais repris en main depuis. Certes, l’envie de crever était souvent bien présente, mais pas en ce moment. Pas au moment où il y avait enfin des tournants dans ma vie qui pouvait me permettre d’en apprendre plus sur mon passé, ma famille et le reste de mes proches. Je ne voulais pas non plus les abandonnés.  

« Je pensais tomber sur des ptits voyous… pas sur deux loups. »

Le bon côté des calmants, c’était que je ne ressentais plus la douleur… le mauvais côté, c’était que je peinais à rester concentrer parce que ma fatigue prenait le dessus.

« Il va falloir que tu restes avec lui pour un moment je crois. Il ne sera pas en état de fonctionner pour les jours à venir. »

Je tournai un peu la tête, autant que je le pouvais en fait, fixant Kaitlin qui regardait Ellana avec un petit sourire, puis qui me jeta un coup d’œil. J’arquai un sourcil intrigué, mais je ne répliquai rien. J’avais épuisé ma force pour expliquer à peu près ce que je faisais dans cette ruelle, n’ayant pas réussit à donner les détails. Ce n’était pas si important, mais au moins elle saurait que je n’avais pas voulu faire un acte désespéré. De toute façon, depuis la fois où elle avait été blessé et conduite à l’hôpital par ma faute, je n’avais plus tenté de me tué en chassant.
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Jeu 27 Sep - 16:31

En entrant, j’avais vu Jay me sourire, et ça avait eu le don de me calmer un peu. Un tout petit peu. Il était peut-être encore trop faible pour se rendre compte de ce qu’il avait vu, ou trop shooté par les médicaments. Je me rappelais des moments où moi j’étais dans cet état, et je ne me souvenais pas de grand-chose en réalité. Juste de la fatigue, et du fait que je me sentais étrangement bien à cause des anti-douleurs. Bien, et parfois déprimée aussi, tout dépendait des moments. Comme actuellement d’ailleurs. Et ici et maintenant… Je sentais toujours la panique en moi, une panique que je gérais tant bien que mal. J’avais peur de son jugement, mais il ne semblait pas s’en être rendu compte. Peut-être que mes yeux n’avaient prit leur teinte que lorsqu’il avait perdu conscience. Un espoir stupide, je le savais bien, mais je m’en fichais, ça me permettait de tenir. Aucun des deux Humains présents dans cette pièce ne tenait à ce que je devienne une véritable boule de feu et que je brûle tout sur mon passage. Il valait donc mieux que je me raccroche à quelque chose, même d’aussi stupide que l’espoir. Parce que oui, l’espoir était stupide, la pire des émotions. Je l’avais connu tout ce temps quand je courais après Jay, ne cessant d’espérer qu’il redevienne l’homme que j’avais connu, et ça m’avait blessé à un point tel que je ne pensais pas être guérie même après quelque temps passé. Et maintenant, j’avais encore moins besoin d’espoir vu ce que je traversais.

Mais le voir sourire m’avait rassuré sur son avis, et c’est pour ça que j’avais fini par prendre sa main. Je sentis ses doigts se refermer sur les miens, faiblement, mais c’était bien là. Je laissais échapper un petit soupir, sentant ma température baisser. Je n’avais pas remarqué que mon angoisse l’avait fait grimper un peu trop haute. Je baissais les yeux à nouveau sur lui en lui posant ma question, et je ne compris pas tout de suite son regard. Il semblait… M’admirer ? Ou plutôt, m’examiner peut-être… L’un et l’autre ne me rassurait pas, faisant naitre des sentiments opposés, que je préférais repousser, et me concentrant sur ses paroles. Je laissais échapper un soupir en fermant les yeux en l’écoutant. Il n’avait pas fait le choix de se suicider… Je serrais un peu plus fort sa main.

« Pauvre idiot, soufflais-je »

Je relevais la tête en sursaut lorsque Kaitlin s’adressa à moi. Je lui lançais un regard surpris, qui devint noir lorsque je vis son petit sourire en coin. Je fis une grimace de mécontentement, ce qui la fit rire. Bon sang, je lui arracherais bien la tête d’avoir dit ça, mais c’était sûrement la seule solution. Je ne connaissais personne qui pourrait s’occuper de Jay, et je n’étais pas sûr que lui-même veuille qu’une simple connaissance passe du temps avec lui. Je pourrais appeler sa mère et elle s’occuperait de lui ? Sa mère que je n’appréciais pas vraiment d’ailleurs… D’accord je ne l’avais vu qu’une fois, mais ça m’affectait plus que je ne le pensais. Bref, je mis tout ça de côté.

« Je suppose qu’on a pas le choix… Tu nous ramène avec ta voiture ? »

Le sourire de Kaitlin s’agrandit lorsque je lui répliquais cela. Elle partit fouiller dans ses tiroirs, et me donna des médicaments, me donnant quelques instructions. Je fourrais la boite dans ma poche, et passais la main sous les épaules de Jay, l’aidant à se redresser. Je l’aidais à se mettre debout, le soutenant sans aucun mal, le portant quasiment entièrement en fait. Je l’entrainais avec moi jusqu’à la voiture de Kaitlin, l’aidant à s’installer à l’arrière, et m’assis à côté de lui. Je ne savais pas trop comment me comporter, alors je le laissais plus ou moins faire. Une fois devant son immeuble, je remerciais Kait’ pour son aide, puis descendis de la voiture avec mon fardeau.

« Sérieusement, pourquoi t’as choisi un immeuble sans ascenseur ? soupirais-je en regardant les marches. Je remontais Jay sur mon épaule. Aller, tient le coup, plus que quelques étages à monter, après tu pourras dormir »

Je posais le premier pied dans l’escalier, entrainant l’homme avec moi, qui devenait de plus en plus lourd. Heureusement que j’étais résistante, et bien plus forte. J’aurais été incapable de tenir jusqu’au bout. Mais nous finissions par arriver au bout de course. Je fouillais dans ses poches pour récupérer ses clefs et ouvrir son appartement. Je l’entrainais jusqu’à sa chambre, l’allongeant sur son lit. Je partis dans sa salle de bain, prenant une bassine et un gant de toilette, puis je revins jusqu’à lui. Je m’assis à côté de lui, retirant ses chaussures, et, après un temps d’hésitation, je retirais aussi son pantalon. Relevant les yeux, je saisis le gant pour le passer sur le corps de Jay, me concentrant sur le fait qu’il était blessé, et pas sur le touché de mes mains contre sa peau. Bon sang, comment je faisais pour penser à ça au vu de son état, sérieusement ? C’était vraiment chiant.

Je terminais rapidement de le nettoyer du mieux que je pus, puis je ramenais la couverture sur son corps, cherchant à l’installer un peu mieux, espérant que ses blessures ne le gêneraient pas trop. Enfin… Vu où elles étaient placées, ça risquait de l’empêcher de fermer l’œil. Heureusement qu’il était encore sous l’effet des médicaments. Je restais assise à côté de lui, passant la main sur son visage quelques instants. Maintenant que la pression était redescendue, je remarquais à quel point j’avais eu peur de le perdre. Une peur terrible, insupportable. Une peur que je détestais ressentir après tout ça, alors que je ne voulais plus d’attache… Ca allait être compliqué dans les prochains jours… Quelle idée j’avais eu d’accepter de prendre soin de lui. Moi qui voulait couper les ponts avec lui… Jay ne me rendait pas la tâche facile.


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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Jeu 27 Sep - 17:31

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Avec les médicaments, j’avais l’impression que mes barrières s’affaissaient un peu, laissant mes émotions prendre le pas sur ma raison. Ou du moins sur mes résolutions. Cette résolution d’essayer de lui laisser les distances qu’elle souhaitait garder, de ne pas la brusquer et de ne jamais lui dire ce que je pouvais ressentir. De lui dire à quel point elle était vital à mon existence et que je ne savais pas trop où je serais aujourd’hui si ça n’avait été d’elle. De lui dire absolument tout, lui raconté pour mon passé, pour ma nature… mes sentiments qui étaient si trouble et que je ne comprenais pas totalement même après onze ans à la connaître. Je n’avais jamais été doué avec les confessions, sans doute que c’était pour ça que je n’avais jamais pu me résoudre à lui dire ‘salut j’suis un monstre!’. Parce que j’avais peur du regard qu’elle pourrait ensuite posé sur moi et qu’elle pourrait décidé de me fuir. Je ne pense pas que j’aurais supporté de voir la peur ou la haine dans son regard. Même encore aujourd’hui, j’étais tenté de lui faire mes aveux, mais la peur me prenait au tripe comme un dingue. Et pourtant, là, maintenant que j’étais shooté aux anti-douleur, j’avais l’impression que j’aurais carrément pu le crier sur tout les toits. Euphorie du moment bonjour. Il me restait heureusement assez de lucidité pour éviter de le faire.

La pression de ses doigts contre les miennes me serrèrent le cœur tant ce simple geste me procurait un réconfort. Au court de l’année qui était passé, elle m’avait manqué. Bien plus que je n’aurais pu l’avouer. Et lorsque je l’avais retrouvé, j’avais eu l’impression de retrouver une parfaite inconnue tant elle était froide et distante. Si bien que je m’étais demandé si je n’étais pas le problème ou si j’avais fais quelque chose, voir même si elle avait pu découvrir mon secret. Puis j’avais remarqué à notre dernière rencontre, sa réaction face à cette homme qui avait faillit lui faire du mal, et le déclic s’était à moitié fait dans ma tête. Je me doutais que ça devait avoir un lien, mais ce n’était pas assez pour que j’en vienne à de réels conclusions. Donc j’attendais… et au final j’étais toujours celui qui devait faire le premier pas ces dernières semaines. Chaque fois qu’on s’était vu. Cette situation inversé était assez ironique quand on y pensait. Je me faisais constamment du soucis pour elle, mais de savoir qu’elle était dans la même ville et ne comptait apparemment pas en partir me rassurait.

Hm… mouais, j’en étais où? Pris dans mes réflexions, je ne réagis pas trop à son insulte, me battant encore contre le sommeil dans lequel je voulais me plonger. Je lâchai un grognement à peine audible quand elle me força à me relever, me soutenant pour me sortir de la pièce et nous conduire à l’extérieur vers la voiture de la légiste. C’est à peine si je parvenais à poser un pied devant l’autre. Voir même en fait que je me faisais traîner plus qu’autre chose. Je n’en savais rien. J’appuyai ma tête sur le côté de la vitre près de laquelle j’étais assis, les yeux à moitié clos, regardant la route défilé. Je ne dis mot, trop crevé pour ça de toute façon. Le trajet me sembla rapide, mais c’était peut-être parce que je m’étais endormis pour le reste du trajet, avant qu’Ellana ne me fasse sortir de là. Je marmonnai un truc incompréhensible dont j’ignorais moi-même le sens lorsqu’elle passa sa remarque sur l’ascenseur – en fait je crois que j’avais juste balancer un blkelrkw – et me laissai entraîner dans les escaliers, essayant d’aider un minimum même si je galérais à mettre un pied devant l’autre. Je ressentais quelques élancements et aurait senti sans doute bien plus de douleur si je n’avais pas autant été bourré au médoc.

Une fois dans l’appart, je me sentis tout de suite un peu plus léger. J’étais enfin en terrain connu. Même si ma pauvre voiture allait passé la nuit loin de moi… tristesse. Pauvre petite bagnole. Elle avait des sentiments elle aussi!

Un soupir de soulagement s’échappa de mes lèvres en sentant le matelas sous moi, ainsi que l’oreiller. Pour le coup, le fait que j’étais couvert de sang était loin d’autant m’emmerder que ça l’aurait fait en temps normal. Je voulais juste… dormir en fait. Je restai toutefois assez éveillé pour entendre les allés retour d’Ellana, qui était aller chercher une bassine et de l’eau. En temps normal, tout contact contre ma peau me faisait réagir, mais l’entièreté de mon corps était léthargique, rien ne se passa. Fort heureusement, ça aurait été vachement gênant quand même… surtout avec elle. Elle connaissait mon train de vie concernant tout ce qui était charnel, mais j’avais toujours eu des réserves à son encontre, parce que je l’estimais bien trop et que je l’aimais peut-être plus que je ne voulais l’avouer, pour oser penser un jour lui faire mal. Bon, maintenant le bon côté, c’était que j’étais tout propre et tout neuf. Enfin, si on oubliait les nombreux points que j’avais devant et derrière.

Je commençai à m’endormir quand elle reposa sa main sur mon visage, comme si mon cerveau avait enfin décidé de lâcher prise et de sombrer dans le sommeil. Pour l’instant je ne ressentais rien et j’étais trop embrouillé pour penser au fait que la douleur finirait par revenir. Mais là… là j’étais bien.

C’est le soleil derrière les rideaux qui me fit cligner des yeux, ainsi que la douleur qui commençait à se re-manifester. J’avais réussis à bien dormir grâce au calmant, mais le frottement de mon dos contre le matelas me faisait mal. Un gémissement m’échappa, tandis que je tentais de me tourner sur le côté pour éviter quelques souffrances, mais ce fut pire. Incertain de savoir si j’avais rêvé la présence d’Ella hier, je me redressai lentement, serrant les dents face à la douleur et parvint à m’asseoir. Je repoussai la couverture sans trop faire attention au fait que… bah en fait j’étais à moitié nu en fait, et posai les pieds sur le sol, hésitant à essayer de me lever. Une grimace déforma mes traits pendant que je me relevais, les jambes tremblantes tout en posant mes mains sur le meuble à côté pour me soutenir. Je parvins à quitter la chambre de cette façon et je ne perdis pied qu’en arrivant dans la cuisine, essayant vainement de m’accrocher à une chaise qui tomba elle aussi dans un beau fracas de bois.

« Grrrmmemme… p’tin… »

Pour la discrétion on repassera. Je posai une main sur mes côtes, mon regard fouillant la pièce pour tenter de voir mon amie, savoir si elle était toujours là où si elle était partie. Je la vis dans le salon et un soupir de soulagement fusa. Je ne savais pas trop pourquoi j’avais eu autant peur qu’elle soit partie et m’ait laissé me démerder seul, mais j’étais réellement soulagé. Surtout que je ne savais pas du tout où se trouvait les médicaments et que mes plaies commençaient à sérieusement m’étirer.

« Ella? Tu pourrais… tu pourrais remonter la chaise? Elle traine et c’est pas… enfin… c’est pas propre quoi. »

Non mais. Quel genre de mec faisait plus attention à sa chaise qui venait de tomber qu’à lui-même qui avait les traits et les muscles complètement crispé parce qu’il avait mal? … Moi apparemment. Crétin de Jay.
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Jeu 27 Sep - 18:27

A peine je finis de nettoyer son corps, et de l’installer, que j’entendis la respiration de Jay se ralentir petit à petit, et n’être plus qu’au rythme lent de celui qui dort d’un sommeil. Profond. Je retirais ma main par crainte de le réveiller. Ou ma propre crainte d’être trop tendre avec lui. Je restais assise quelques minutes de plus à l’observer, me questionnant quelques instants sur ce que je ressentais. Je n’en étais pas sûr, tout s’embrouillait dans ma tête. Un état qui semblait permanent ces derniers temps. Mes sentiments ne cessaient de faire les montagnes russes, que ce soit dans leur intensité ou dans mon ressenti. A force, je ne savais plus ce qui était réel, ou ce que je ressentais réellement. Peut-être parce que j’avais pris l’habitude de contrôler mes émotions toutes ces années, et que je me rendais plus compte lorsque je le faisais. Et maintenant qu’elles prenaient autant le pas… Je ne savais plus ce qui était sous mon contrôle ou non.

Je laissais échapper un soupir, et me levais, saisissant un oreiller au passage, marchant jusqu’à la fenêtre, tirant les rideaux. Puis je sortis de sa chambre, fermant la porte derrière moi. Je partis dans ma salle de bain, observant mon reflet, essuyant les dernières traces de sang sur moi. Mes vêtements étaient couverts de sang séché, mais je m’en fichais pas mal. J’étais fatiguée après cette soirée. Ca n’avait pas été de tout repos à vrai dire. Pas que ma partie de jambe en l’air m’ait épuisé, mais plutôt tout le reste. C’était épuisant de lutter en permanence contre une chose qu’on ne comprenait pas, n’y ne contrôlait réellement. En fait, j’étais dans un état de fatigue quasiment permanente, et mon sommeil étant plutôt merdique, ça n’arrangeait rien du tout. Je secouais la tête, et sortis pour me diriger vers son salon, tirant les rideaux. Je posais l’oreiller sur le canapé, et me laissais tomber sur celui-ci. Je me penchais en avant, prenant ma tête entre mes doigts. J’étais désespérée. Je hurlais, et personne ne semblait m’entendre. Ou peut-être que personne ne voulait m’entendre. Pourquoi est-ce que tout le monde était sourd à mes appels ? Pourquoi est-ce que personne ne me retenait quand je m’échappais ? Ryan je comprenais, il ne me connaissait pas vraiment, et puis, je n’étais pas sûr qu’on puisse considérer qu’il y est plus qu’une simple alliance entre nous. Mais Jay… Jay qui m’avait promis plusieurs fois qu’il me protégerait, qu’il ne m’abandonnerait jamais. Et voila qu’il me laissait seule pendant une année complète, alors que j’avais besoin de lui. Il m’abandonnait constamment et moi j’étais comme une idiote à essayer de l’aider, comme je l’avais fait pendant six ans. Je ne pouvais pas être égoïste pour une fois ? Juste penser à moi, et arrêter de l’aider tout le temps ? J’en avais marre d’aider un égoïste qui ne faisait jamais rien pour moi.

Je jetais un coup d’œil à la porte, l’idée de sortir d’ici et de le laisser se démerder devenant très forte. Pourtant mon corps restait immobile. Je finis par retirer ma veste, mes chaussures, ainsi que mon soutien-gorge, conservant mes autres vêtements, et m’allongeais sur le canapé, posant ma tête sur l’oreiller. Je fixais le plafond, une main posée sur mon ventre, l’autre dans le vide. Je pris quelques temps pour m’endormir, ne réussissant à trouver le sommeil qu’au bout d’un long moment, mes pensées ne cessant de tourner en rond dans mon esprit, me donnant un mal de crâne pas possible. Pourquoi ma nature ne pouvait pas m’éviter de penser à ce genre de choses, ou de me donner mal au crâne ? Ca aurait au moins fait quelque chose de bien.

J’ouvris les yeux en sursaut lorsque j’entendis un bruit fracassant, me redressant dans la direction de celui-ci. Pendant une seconde, j’oublias où je me trouvais, dans un endroit inconnu, sûrement hostile. Puis j’aperçus Jay qui me regardait, et les souvenirs de la veille me revinrent. Il semblait soulagé de me voir, ce qui donna une raison de moins à mon esprit d’être agité face à l’éventualité que mon secret soit dévoilé. Je baissais les yeux sur la chaise, puis les relevais sur lui, n’y croyant qu’à peine. En fait si… J’y croyais à cette situation, parce que c’était Jay. Je me levais, marchant jusqu’à lui, et saisis la chaise.

« Toi et ta maniaquerie… T’es pas croyable. Et je la relève pas pour ça je te signale » En même temps, je saisis Jay par les épaules, et le forçais à s’asseoir sur la chaise en question, me fichant bien de ces éventuelles protestations. Je te signale que tu es censé éviter les efforts physiques. Et te lever quelques heures après t’être fait opérer, c’est une très mauvaise idée. »

J’avais les mains posées sur son épaule valide, me penchant légèrement en avant pour faire une légère pression pour ne pas qu’il tente de se relever. Quand j’eus la confirmation qu’il ne ferait rien, je me relevais et partis fouiller dans les poches de ma veste pour en sortir le flacon de médicaments. Je fis tomber quelques pilules dans ma main, puis revins vers lui, attrapant un verre et le remplissant d’eau. Je lui tendis le tout.

« Des anti-douleurs, t’as l’air d’en avoir bien besoin, lui dis-je »

J’avais demandé à Kaitlin de me donner de ceux qui ne donneraient pas d’accoutumances, comme une dépendance par exemple. Jay était peut-être accro à l’alcool à une époque – et il n’avait pas totalement décroché en vérité – mais il pouvait très bien devenir accro à d’autres choses. Je ne voulais pas que ça recommence. Ces anti-douleurs étaient peut-être moins puissants, mais je ne faisais pas assez confiance à Jay et son abstinence pour considérer qu’il ne puisse pas devenir accro.

Je repris le verre, et me tournais vers la cuisine.

« Tu veux un truc à manger ? Qu’est-ce que t’as dans tes placards ? » Le questionnais-je en m’avançant vers le garde-manger. Ah, Kaitlin risque de passer de temps en temps, histoire de surveiller l’avancer de tes blessures. Et je vais devoir changer tes bandages au moins une fois par jour. Et t’as pas intérêt à tirer sur tes points parce que ça me ferait vraiment chier »

Ma voix était assez froide, distante. Je ne voulais pas qu’il pense que je me jetais à nouveau dans ses bras pour faire la bonne petite infirmière. Déjà qu’il devait peut-être penser que je tombais dans ses bras à chaque fois au vu de nos dernières rencontres. Particulièrement celle après ce violeur. Sauf que cette fois-ci, mon état émotionnel était encore pire que d’habitude, et je m’étais effondrée contre lui parce qu’il était là au bon moment, c’est tout. D’accord, j’avais fini par lui envoyer un message pour qu’il est mon nouveau numéro, et je n’étais pas sûr de pourquoi je l’avais fait. Mais maintenant j’avais mes défenses, et il ne risquait pas de les briser de sitôt. Je resterais le temps qu’il faudra et ensuite je partirais à nouveau.

Je sortis quelques aliments de ses placards, ceux qu’il me demandait, puis les posait devant lui, cherchant ensuite quelques couverts pour les lui tendre. Je pris moi-même ce que je voulais, m’asseyant sur une chaise.

« Je passerais récupérer ta voiture tout à l’heure, et ma moto après. Et je devrais aller chercher quelques fringues dans ma chambre aussi, le prévins-je en mangeant mon petit-déjeuner »

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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Jeu 27 Sep - 19:19

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Je suivis Ellana du regard, le temps qu’elle se rende jusqu’à moi, me sentant gêné d’avoir troublé son sommeil. Je me rappelais qu’à l’époque elle dormait déjà très mal, et je me doutais qu’avec la dernière année ça n’avait pas dû s’arranger. Ça rajoutait à la culpabilité que je continuais de ressentir après tellement d’année. Une culpabilité qui ne me quitterait sans doute… jamais. Peu importe que je tente de me racheter ou que je m’excuse, je me sentirais toujours ainsi. Aussi pitoyable et horrible. J’avais été un vrai sac à merde, et bien que je n’avais pas été dans un état vraiment ‘normal’, je ne pouvais pas utiliser ça pour expliquer mon comportement. Parce qu’au final, je les avais suivit ces thérapies, j’avais aussi bien vu que je n’étais pas le seul dans cette situation et que la plupart des alcooliques réagissaient de la même façon. Enfin, pas tous, certain. Mais me reposer sur ça pour dire ‘c’est pas ma faute!’ ça ne marchait pas. C’était moi qui avait prit la bouteille. Personne ne m’avait forcé à boire…

« Je savais pas si j’avais rêvé en fait. Je me rappel à peine de ce qui s’est passé hier… »

Son commentaire sur ma maniaquerie m’avait un peu fait sourire, même si au fond elle avait raison. J’étais un cas désespéré dès qu’il s’agissait de rangement et de tout avoir en ordre. Je la laissai me relever puis m’asseoir sur la dite chaise qui était tombé, me pinçant les lèvres en sentant la pression sur mon autre épaule pour me dissuader de tenter de me relever. C’était tentant, mais je ne le fis pas. J’étais suicidaire, mais avoir mal ce n’était pas vraiment mon kiff. Enfin. Pas ce genre de mal. Bref, vous avez comprit hein!

J’attrapai le verre d’eau et les anti-douleurs qu’elle me tendait, les avalant d’une traite et vidant la moitié du verre.

« Merci. » lâchai-je en lui redonnant le verre.

Ma tête se tourna en même temps qu’elle en direction de la cuisine et je me mordis les lèvres.

« Y’a pas mal de céréale… et des gaufres dans le congélo. Je devais faire les courses cette semaine d’ailleurs. »

Nouveau mordillement de lèvres. J’avais pas vraiment prévu de me faire trancher par des loups qui protégeaient leur territoire, n’y même qu’Ellana devrait rester pendant un moment. Ce qui me posait un certain cas de conscience d’ailleurs. Puisque avec elle dans les parages, me nourrir n’allait pas être une chose aisée… et il faudrait que je profite de ses absences. Bon… si jamais elle s’absentait assez je pourrais appeler ma voisine. Mais encore fallait-il que cette dernière soit libre. Vie de chiotte j’vous jure.

« Promis, je serai sage. »

J’avais noté le ton froid de sa voix, mais j’avais essayé de tout de même rester assez aimable dans ma façon de parler. Je me doutais bien qu’elle n’était pas heureuse de devoir se trouver là et de devoir prendre soin de l’idiot que j’étais. Un idiot qui l’avait quand même fait souffrir… et qui n’avait même pas été foutu de la retrouver quand elle en avait besoin. Juste ça, ça me remettait un certain poids sur les épaules, parce qu’elle avait vraiment l’air d’avoir une dent contre moi, et ça m’énervait de ne pas pouvoir savoir pourquoi. Histoire de ne pas trop la faire poiroté, je lui demandai les gaufres, même si mon estomac était assez bizarre et que j’avais plus ou moins faim. Les anti-douleurs commençaient à faire effet petit à petit et je faisais attention à mes gestes. Certes je me sentais moins amorphe que hier, sans doute que les médocs étaient différents, mais je ne sentais plus le brûlures. Sauf peut-être mon épaule, mais ça… aucune idée du temps que ça prendrait avant que ça cesse de me faire aussi mal.

J’hochai la tête quand elle parla, marmonnant un ‘pas d’shoushi’ mangeant mes gaufres tranquillement et les terminai après un moment. Au final j’avais assez faim pour tout manger, moi qui me sentait bizarre. Je relevai la tête de sur mon assiette, et jetai un petit coup d’œil à Ellana, pensif.

« Fallait que je te dise… hier quand j’étais à moitié dans les vapes, j’ai cru voir un reflet dans tes yeux. Sûrement une lumière ou mes yeux qui déliraient mais… c’était cool, ça te donnait un peu un aspect de torche humaine avec ta tignasse. » je lâchais ça sans vraiment trop avoir réfléchit et comme si c’était le truc le plus banal au monde, sans me douter de rien.

Je disais ce qui me passait par la tête, sans filtre. Tout comme je décidai de changer le sujet subitement, décidant que mes délires de mec mourant n’était pas vraiment intéressant de toute façon.

« Tu peux m’aider à aller à la toilette? Faut que je me vide un peu. J’ai l’impression que j'vais exploser. »

Je lui demandais, mais ça me faisait vraiment chier de devoir compter sur quelqu’un pour bouger. Surtout si je savais que ça emmerdait aussi cette personne, ça me faisait deux fois plus chier. Je voulais essayer de repartir sur de bonne base avec elle, mais à chaque fois un truc merdait. C’était frustrant à un point bordel…
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Ven 28 Sep - 16:55

J’avais lancé un petit regard surpris à Jay lorsqu’il m’avait avoué ne pas savoir s’il avait rêvé. Rêvé quoi ? Que je sois venu l’aider ? Moi-même ça me surprenait. Certains l’auraient abandonné après tout ça, et pas moi. J’essayais t’enterrer ma conscience depuis une année complète, et voilà qu’il suffisait que je côtoie à nouveau Jay pour qu’elle revienne. Ca m’énervait. Pourquoi il ne pouvait pas juste comprendre que je voulais être seule ? Ou alors, s’il avait la connaissance nécessaire pour me tuer, il pourrait me courir après. Avec une arme en main pointée sur moi. Sauf qu’il semblait vouloir se lier à nouveau à moi, malgré le fait que je le repousse. Je ne comprenais pas très bien pourquoi il faisait ça d’ailleurs. Que voulait-il faire ? Imiter ce que j’avais fait pendant six ans ? Je ne crois pas qu’il en serait capable, surtout si je lui faisais subir la même chose qu’il m’avait faite. Heureusement pour lui, je ne pouvais pas finir saoul, sinon il serait vraiment mal. Sinon je n’aurais aucun scrupule, et aucun mal à lui briser la nuque d’un simple petit geste du poignet. Et de toute façon, j’avais toujours cette impression que Jay ne venait vers moi que lorsqu’il avait besoin de moi, ou lorsqu’il n’avait rien d’autre à faire. Pourtant, il avait été très protecteur lorsqu’il m’avait vu avec ce violeur. Si je ne l’avais pas retenu, il lui aurait sûrement exposé le crâne contre cette table. Penser à ça fit se serrer mon cœur, de douleur, et d’apaisement. Douleur parce que je me rappelais de cette pauvre fille morte que je n’avais pu sauver, joyeuse parce que Jay avait été là pour moi.

Repenser à cette soirée fit se former une boule dans ma gorge, et je sentis à nouveau ma conscience revenir. Je voulais l’enterrer, qu’elle disparaisse. J’avais eu une conscience avec cette fille et j’en avais subi les conséquences. Ryan aussi me ramenait à mon humanité, et je détestais ça. Et maintenant Jay… Faisais chier ! J’aurais presque envie de pleurer, mais je réussis à repousser mes sentiments et sortir les gaufres du congélateur, les préparant. Puis je nous installais à table, et je me mis à manger tout en lui donnant mes informations. J’étais désolée d’être aussi froide avec lui, mais je ne savais plus ce que je voulais. Alors je me concentrais sur mon assiette sans le regarder, mangeant mes gaufres petit à petit. Je n’avais pas très faim ce soir, mon estomac noué par cette soirée. J’avais encore le sang de Jay sur moi, ce qui avait de quoi être écœurant, et me rappeler de son corps en train de se vider de son sang. Cette pensée me fit frissonner et je serrais les dents, essayant de chasser cette image de mon esprit. Je n’étais pas sûr de ce que ça me faisait ressentir d’ailleurs, et je n’avais pas la force de m’attarder sur tout ça.

Je retins un sourire à sa soit disant sagesse, sachant qu’il ne le serait sûrement jamais.

« Bah je ferais des courses alors. Mais je te préviens, je suis pas super douée en cuisine, même si je sais faire quelques plats pas trop mal, lui avais-je répondu »

Je saisis les assiettes lorsqu’il eut terminé et les posais dans le lave-vaisselle. Je me figeais lorsque j’entendis sa voix, penchée en avant, une assiette dans les interstices. Je sentis mon cœur raté un battement, alors que mes lèvres s’entrouvrent sous le choc de ce qu’il venait de dire, sur un ton tellement banal que ça en était choquant. Je laissais échapper un rire nerveux, bien que j’essaie de le faire paraitre plus détendu, ce qui donnait quelque chose d’assez étrange et suspect.

« T’avais sûrement plus assez de sang qui montait au cerveau pour avoir vu ça. Et puis… Je crois pas que tu aimerais me voir en feu, toi qui flippe en voyant une flamme »

Bon, je touchais un point sensible, mais je connaissais sa phobie du feu, bien que je n’aie jamais fait de remarque dessus. Heureusement, il changea de sujet. Enfin… Pas vraiment heureusement. Je terminais de ranger le lave-vaisselle, et me tournais vers lui, légèrement gênée.

« Je vais pas te laisser te faire dessus de toute façon, lui répondis-je »

Je m’approchais de lui, me penchant en avant pour passer mon bras sous lui et l’aider à le relever, faisant attention à ne pas appuyer sur ses blessures. Je l’attirais contre moi, sentant la chaleur de sa peau à travers mon haut, sur mes bras. J’essayais de ne pas me concentrer sur nos peaux l’une contre l’autre, et sur le fait qu’il était quasiment nu.

Je l’entrainais jusqu’à la salle de bain, l’emmenant prêt des toilettes. Je m’arrêtais, le tenant encore. Je levais la tête, mon souffle frôlant son cou.

« Tu peux te débrouiller tout seul au moins ? Je n’ai aucune intention de tenir quoique ce soit d’autres »

Bon… J’aurais pu trouver mieux plutôt que lancer ça comme ça, mais voilà. Je n’étais pas subtile, et encore moins maintenant. Je le relâchais une fois que je fus sûr qu’il arrive à se tenir tout seul, et sortis de la salle de bain, fermant la porte, et m’appuyant contre le mur à côté. J’attendis qu’il me rappelle pour rouvrir la porte, entrant presque lentement pour m’assurer qu’il ait pu remettre ses vêtements.

« Bon, tu veux peut-être mettre quelques fringues ? J’espère que t’as des pantalons de sport. Pour avoir été dans la même situation, ce sera beaucoup plus pratique crois-moi. Surtout pour moi si t’as besoin d’aide pour enfiler tes fringues »

Et ce serait sûrement le cas au début. Je pensais à arrêter de faire quelques remarques sur sa nouvelle dépendance. Je n’avais pas besoin d’enfoncer le clou, surtout sachant à quel point c’était compliqué. Je détournais les yeux un instant, puis finis par avancer vers lui sans rien dire, le soulevant et l’emmenant jusqu’à sa chambre. Je le laissais aller sur le lit, partant ouvrir ses rideaux, puis partis vers son armoire pour voir ce qu’il avait à l’intérieur. Pas que le voir à moitié nu me dérangeait, mais ça devenait compliqué de ne pas avoir envie de laisser mes mains se balader sur lui. Surtout avec la proximité que m’imposais le fait de devoir le transporter dans chaque pièce.

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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Ven 28 Sep - 18:04

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
« C’est déjà gentil de ta part de me supporter, alors je mangerais même du brûlé s’il le fallait » avais-je lâché face à son commentaire sur son talent pour les repas.

Je ne cherchais pas à me moquer, mais c’était vraiment que même si elle ratait les plats, je les boufferais quand même. Je n’allais pas commencer à faire du chichi parce que mes goûts raffinés – ou pas hein – n’était pas respecté. Je savais cuisiné, mais je n’étais pas non plus un chef. Mon mode de vie  me faisait souvent manger sur le pouce ou du restau, bien que qu’il y a deux ans, j’avais recommencé à cuisiner un peu. Merci ma mère qui était assez douée et qui me donnait ses trucs d’ailleurs.

Je l’avais suivis des yeux dans la cuisine, mettre les affaires dans le lave-vaisselle, heureux de voir qu’elle ne les laissait pas traîner sur le comptoir même si je me serais retenu de tout commentaire. Là aussi j’allais essayer de pas être trop chiant, malgré ma maniaquerie sans borne. Puis elle s’était figée après que j’ai laissé glissé mon commentaire sur ce que j’avais cru voir, bien que je savais que ce n’était qu’une illusion. Son explication aurait pu même être convaincante si je n’avais pas entendu son rire nerveux. D’accord, j’étais peut-être pas tout là mentalement, mais j’étais assez lucide pour comprendre que j’avais sans doute toucher quelque chose en elle. Un frisson me parcourut quand elle évoqua ma phobie des flammes et je chassai cette pensée d’un mouvement invisible de la main. Je me rappelais encore l’affreux accident sur la 53. Les flammes qui montaient haut dans le ciel après l’explosion… la chaleur et la peur que j’avais ressenti. J’aurais tellement aimé ne pas avoir cette saloperie de peur panique à chaque fois!

Me redressant un peu, j’ouvris un peu les bras pour lui permettre de m’aider à me lever, grimaçant en sentant la douleur revenir. Les médicaments l’enlevaient un peu, mais les étirement restaient bien présent. Sans compter mon sentiment d’impuissance à ne pas pouvoir marcher tout seul et faire ce que je voulais sans demander d’aider pour un truc aussi simple que devoir vider ma vessie. Si hier la proximité que j’avais avec elle ne s’était pas trop fait sentir parce que j’étais à peine conscient, là je l’étais pleinement, et ça me faisait bizarre. Un étrange sentiment de bien être, mélangé à de la peur et à ma douleur physique.

« Ça devrait aller. »

Je posai ma main sur le comptoir à côté, me tenant tant bien que mal à ce dernier. Mes jambes tremblaient et je peinais à me maintenir debout. Je me mordis la lèvre inférieur, hésitant un peu et lâchai un soupir de mécontentement, me résignant à devoir m’asseoir plutôt que rester debout. Je préférais m’éviter la gêne de me planter et qu’elle doive venir me chercher complètement nu, étalé sur le sol comme un vers. J’avais donc fait attention pour descendre le sous-vêtement, m’asseoir, me vider bien comme il faut et tâtonné à nouveau à côté pour me relever et remonter le caleçon. Je me sentais comme un putain d’enfant incapable de faire ses p’tites affaires seul et ça me frustrait. Résultat de l’effort, j’avais réussis à m’essouffler juste à pisser merde. Je la rappelai finalement et lui demandai de s’arrêter devant l’évier, me lavant vite fait les mains – j’étais propre moi non mais!

« Ouais. J’ai des courant d’air désagréable… »

Ça, et le fait que chaque fois que je la touchais je me sentais électrisé et mon contrôle s’éloignait petit à petit. J’avais déjà vécu ça à nos dernières rencontre, et ça me rappelait le pourquoi j’avais toujours maintenu une certaine distance avec elle. Je l’avais nié pendant des années et pourtant c’était toujours là. Et ça me faisait chier de ne pas réussir à m’éloigner de ces sentiments et de cette attirance. Heureusement, je pu atteindre le lit peu de temps après, mettant fin à nos peaux qui se touchaient et je repris mon souffle pendant qu’elle allait vers les tiroirs.

« Deuxième tiroir vers le bas pour les vêtements de sport. »

Je la suivis du regard pendant qu’elle allait vers l’armoire, grimaçant face à la soudaine douleur de mon épaule qui revenait brusquement. Les anti-douleur réussissaient à faire partir celle des griffures, mais la morsure me faisait toujours assez mal. J’avais carrément l’impression de sentir mon cœur battre à cet endroit. Ma tête se mit à me tourner un peu et je tentai de rester concentré quand elle revint avec les vêtements pour m’aider à les enfilés. Mes oreilles bourdonnaient un peu, ma vision se floutait, et je fus ramener à la réalité en sentant à nouveau sa proximité. Je dû à nouveau me mordre les lèvres, résistant à l’envie de passer celles-ci sur sa chair, mon regard s’accrochant à ses mouvements sans que je ne puisse m’en empêcher. Je me repris au bout d’un moment, détournant le regard violemment. Un peu plus, avoir été en état de bouger correctement, et je lui sautais dessus. Chose que je ne devais absolument pas faire. En plus, pour ne rien aider, elle ne portait pas de soutien-gorge, laissant sa poitrine bien en vu.

Saleté…

« Tu peux me laisser là, si tu veux aller chercher tes affaires. Je bougerai pas du lit.»

Mes yeux cherchèrent les siens, tentant de voir ce qu’elle pouvait ressentir en ce moment. Colère, exaspération à mon égard ou autre. Je la dérangeais et j’en étais vraiment désolé. Je détournai finalement les yeux, ma culpabilité revenant au galop et je lâchai un soupir…

« T’avais certainement autre chose de prévu que de devoir aider un pauvre idiot dans sa convalescence… » marmonnai-je, de dépit.
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Sam 29 Sep - 6:47

Jay semblait bien pâle avec les quelques mouvements qu’il venait de faire. Je me rappelais à quel point j’avais eu du mal à bouger après ma blessure à l’abdomen. Ca avait été une dure période, surtout au moment où j’étais incapable de m’appuyer sur mes jambes. A ces moments, je comptais entièrement sur les aides-soignants qui me déplaçait, quand je n’avais pas droit à la sonde urinaire. Sinon, je devais également compter sur eux pour prendre ma douche. J’avais pourtant l’habitude de me mettre nue face à des inconnus, mes partenaires sexuels pour la nuit, et je n’étais pas du genre prude, mais quand un inconnu vous nettoie parce que vous êtes incapable de le faire vous-même… C’est assez dégradant, voir humiliant, particulièrement pour quelqu’un avec une fierté aussi grande que la mienne. Et je ne comptais pas le nombre de fois où je m’étais écroulée dans ma maison à cause de force qui me manquait, et du fait que mes jambes soient trop faibles pour me soutenir parce qu’il me manquait des séances de rééducation. Je ne comptais plus les nombres de fois où mon père m’avait ramassé, et passer quelques savons pour être aussi entêtée et toujours vouloir être indépendante. En même temps, à vingt-trois ans et encore à devoir compter sur mon père, ça n’aidait pas vraiment. J’imaginais que Jay devait ressentir la même chose que moi. Je devrais essayer de ne pas empirer la situation en lui faisant croire que c’était un fardeau pour moi. Ce n’est pas que ça me faisait particulièrement plaisir de m’occuper de lui de la sorte, mais passer du temps avec lui ça me faisait plaisir. Enfin je crois… Ce n’était pas comme si les circonstances étaient réunies pour que ce moment soit génial. Comme à chaque fois en fait.

Avec cette pensée, j’essayais d’adoucir mes traits, en sortant les vêtements, et me retournais vers lui. Je vis son visage se contracter de manière douloureuse. Je m’approchais de lui, surprise que les anti-douleurs ne fassent pas effet. Je posais les vêtements à côté, ne sachant pas trop quoi faire… Il avait vraiment l’air de souffrir, et ça m’inquiétait. Je posais la main sur on front, vérifiant qu’il n’avait pas de fièvre. Une de ses plaies pouvaient s’être infectée, et s’il faisait une septicémie… Il n’y aurait d’autres choix que de l’emmener à l’hôpital, et en urgence. Sauf qu’il semblait ne pas aller trop mal. Je finis par saisir les vêtements, l’aidant à les enfiler. Chaque fois que mes doigts frôlaient sa peau, j’avais l’impression de sentir un léger courant me traverser. Ça me le faisait déjà avant, mais j’avais l’impression que ça avait empirer ces derniers temps. Ce courant était agréable, délicieux, et je me dépêchais de l’habiller pour couper court à cette sensation. Aller vite, tout en faisant attention à ses blessures. Je ne voulais pas les rouvrir. Une tâche compliquée vue que j’essayais de me dépêcher. Et ce moment se termina bien vite. Jay était couvert maintenant, bien moins attirant maintenant. Enfin… Pas vraiment. Les vêtements avaient beau couvrir son corps, dissimuler sa peau, et justement, ça dissimulait sa peau et ça me donnait un peu plus envie de le découvrir pour le goûter. Surtout que je n’avais pas raté le regard qu’il m’avait porté pendant que je l’aidais : brûlant, désireux, et j’avais dû me faire violence pour ne pas céder à mes envies. Lui et moi qui avions toujours cherché à maintenir la distance, nous semblions tous les deux l’air de vouloir le contraire.

Je m’étais reculée d’un pas ou deux, essayant de reprendre mes esprits. J’avais beau prendre des inspirations profondes, je n’arrivais pas à me sortir mes envies de la tête. Toute la pièce, tout l’appartement, embaumait son odeur, et mes sens décuplés ne pouvait que se laisser enivrer par tout ça. Je tentais de dissimuler ce trouble et ce désir derrière un masque neutre, mes yeux reflétant une certaine inquiétude pour lui.

« Je peux t’amener devant la télé si tu veux, ou te filer un bouquin si tu veux » Je passais une main dans ma nuque alors que je voyais la culpabilité revenir dans son regard. Je finis par hausser les épaules. J’avais pas grand-chose de prévu, c’est pas comme si j’avais une vie sociale de malade. Par contre, j’ai quelques boulots en cours, donc si ça te gêne pas, je vais ramener mes dossiers ici »

En essayant de ne pas mettre trop le bordel. Enfin, pour lui il détestait la façon dont je travaillais mais bon, tant que je rangeais après, il ne ferait pas de syncope. Enfin, je crois.

« En attendant que je revienne, t’as qu’à me faire une liste de course, que j’achète ce dont t’as besoin. Mais en tout cas, faire les allers-retours risque de me prendre un peu de temps. Ah oui, et t’as une couverture en plus ? Ou un truc y ressemblant, si je dors sur ton canapé, il me faudrait un peu de confort quand même »

J’essayais de lui sourire doucement, puis je l’aidais à s’installer là où il en avait envie, et ensuite je sortis, prenant les transports en commun pour ramener sa voiture ici. Puis je fis de même pour aller chercher ma moto, et passer à la chambre de motel. Je récupérais mes vêtements que je fourrais dans un sac, ainsi que mon ordinateur, et quelques dossiers sur lesquels je travaillais. Je pris mon temps pour essayer de rassembler mes idées, essayer de me concentrer, d’éclaircir un peu mes idées. Je finis par rentrer à l’appartement, claquant la porte derrière moi.


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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Sam 29 Sep - 14:10

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
En d’autre temps, j’aurais pu apprécier le fait qu’on prenne soin de moi. Qui n’aimait pas qu’on soit au petit soin avec soit, de toute façon? Sauf que là, c’était surtout frustrant, quand on avait l’habitude d’être autonome. Le bon côté, c’était qu’au moins j’étais chez moi et non dans un hôpital qui sentait les produits désinfectant et où les infirmières ne courraient pas partout. J’avais Ellana avec moi et ça me rassurait étrangement d’une certaine façon, même si d’un autre ça m’inquiétait, parce que je ne savais pas le temps que prendrait ma guérison. Et si jamais je perdais le contrôle pendant un instant et que je me jetais sur elle sans pouvoir résister, ça allait mettre à bas tout mes efforts pour lui montrer qu’elle pouvait avoir à nouveau confiance en moi. J’étais dans une situation difficile et ça me mettait mal. J’avais la flippe qu’Ellana découvre, par notre cohabitation forcé, ce que je tentais de lui cacher depuis des années maintenant. Malgré que j’avais essayé de lui dire je ne sais combien de fois… peur qu’elle m’abandonne si elle le découvrait et me laisse me démerder seul. Ou simplement qu’elle refuse de me parler par la suite… je me doutais que le jour où elle le saurait, que c’était ce qui allait arrivé, mais je repoussais toujours cette pensée loin, espérant éviter cette catastrophe. Déjà son contact m’électrisait, alors que je n’étais pas en pleine possession de mes moyens, je craignais le moment où je pourrais bouger un peu plus. Je détestais cette appréhension. Je la déshabillais déjà des yeux alors que je ne devais pas bordel!

Aussi fus-je soulagé lorsqu’elle s’était reculée, reprenant le contrôle sur mes pulsions et ces envies que je ressentais depuis tellement de temps déjà. Je ne me rappelais pas avoir autant déjà désiré quelqu’un, même depuis tout le temps où je la connaissais, et ça me rendait dingue. Et pourtant, je savais que c’était juste impossible et que je devais maintenir cette barrière que j’avais laissé pendant longtemps entre nous. C’était devenu bien plus difficile quand elle était officiellement devenu majeur. Pourquoi ça ne pouvait pas être simple pour une fois? Comment faisait les gens normaux avec les gens qui les attiraient? Et si seulement c’était qu’une pauvre attirance physique aussi… pourquoi je m’infligeais ça? Et à elle? Pourquoi je l’obligeais à rester près de moi de la sorte? Pourquoi je ne pouvais pas m’empêcher de retourner vers elle comme un chiot dépendant affectif? Pourquoi bordel!

J’avais hoché la tête quand elle avait dit qu’elle pouvait me mener jusqu’au canapé, lui jetant un petit coup d’œil à sa phrase suivante. J’étirai un sourire, me rappelant de sa méthode de travail bordélique qui me déplaisait tant. Je savais hélas qu’elle était une cause perdue pour ça. Un peu comme moi et ma maniaquerie du ménage. Chacun sa façon de se sentir bien de toute façon.

« Pas de soucis. Pour la couverture, y’a une armoire dans la salle de bain, au-dessus de la laveuse avec plein de couverture. »

Je ne dis rien d’autres le temps qu’elle m’emmène au salon, me concentrant déjà pour ne pas tomber et m’étaler à nouveau comme une merde sur le sol et la regardai sortir avec un petit pincement au cœur. Pourquoi? Je n’en savais trop rien. Peut-être la peur qu’elle se ravise au beau milieu du chemin et décide de me laisser seul. Mais je chassai cette mauvaise pensée, même si je détestais être aussi dépendant de quelqu’un. Je n’avais même pas mon téléphone près de moi, donc s’il arrivait quelque chose, je serais vraiment dans la mouise. Pour me changer les idées pendant qu’elle était partie, je pris le carnet de note sur la table à côté, grimaçant à nouveau en raison de mon épaule douloureuse et écrivit le nécessaire pour les courses. Ça se résumait surtout à de la viande, des légumes, des pâtes et ces petits trucs, avec des quantités pas trop grosse puisque de toute façon en général j’étais seul. Enfin, elle allait passé du temps ici elle aussi, même si je savais qu’elle mangeait pour deux voir pour trois des fois… ça devrait suffire.

La liste étant faite, je pris la télécommande, mettant un poste à la con où ils passaient des films et me tortillai un peu pour trouver une position confortable, sans vraiment en trouver. Peu importe comment je me plaçais, un truc me dérangeait. Soit mon dos frottait trop, soit je me pliais trop vers l’avant donc ça m’étirait derrière et devant… soit mon épaule me faisait mal… aaarg. Mes nerfs commençaient déjà à être à vif et ça ne faisait même pas une foutue journée, faisait chier! Et pour bien enfoncer le couteau dans la plaie, il n’y avait aucun film intéressant à la télé. Je lâchai un soupir énervé et fermai les yeux. Tant qu’à me faire chier, autant essayer de dormir. Je n’avais pas la tête à réfléchir à quoi que ce soit de toute façon…!

Je m’assoupis un peu. Sans trop savoir combien de temps passa. C’est la porte qui s’ouvrit qui me fit sursauter, tournant la tête vers la provenance du bruit pour voir Ellana qui revenait avec ses affaires. Je me redressai un peu, remarquant que j’avais glissé dans ma sieste et lâchai une légère plainte en sentant mon ventre tirer. Une fois bien replacé, je tournai la tête vers elle, toujours un peu dans le vague,

« T’as pas eu trop de mal? » puis je fronçai les sourcils, me rappelant mon téléphone. « Tu avais ramassé mon flingue et mon téléphone? »

Je n’avais plus conscience de ce qui s’était passé après que je les eu échappé dans cette ruelle, n’y même où ils pouvaient bien être en ce moment. Puis, changement de sujet par pur curiosité et ayant vu ses dossiers, je continuai.

« Tu travailles sur quoi en ce moment? Tiens au fait… » je ne me l’étais jamais vraiment demandé avant, la question venant de me traverser l’esprit et me permettant d’oublier les sensations bizarre de mon corps. Un coup j’avais mal, l’autre j’étais engourdit… je préférais me changer les idées « comment tu as finit chasseuse de prime? »

Mon regard intrigué se figea sur elle, me demandant si elle allait répondre à cette question ou chercher à changer de sujet. Avec elle je ne savais plus trop ce que je devais ou ne pas dire, et ma tête était trop bordélique en ce moment pour que je me prenne la tête avec ça. Je savais éviter certain sujet, cette dernière année par exemple, mais ça je me demandais si ça passait ou non.
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Sam 29 Sep - 15:13

Je vis Jay se redresser lorsque je claquais la porte et m’avançais dans le salon. Il semblait s’être endormi, et j’étais désolée de le réveiller. Je savais à quel point dormir en étant blessé était compliqué, même avec des anti-douleurs. Je m’assis à l’autre bout du canapé, me posant doucement pour ne pas trop le secouer.

« Juste quelques lourds dans les transports en commun, et des gens qui me regardaient terrifié à cause du sang sur mes fringues, dis-je en haussant les épaules. Et oui, j’ai tes affaires. J’ai essayé de nettoyer ton portable, et il va falloir nettoyer ton arme aussi, elle est couverte de sang »

Aller savoir comment j’avais réussi à me souvenir que j’avais eu la présence d’esprit pour récupérer son arme et son téléphone au passage. Il faut croire que mon entrainement militaire avait prit le dessus sur tout le reste à ce moment. C’est sûrement pour ça que je n’avais pas laissé la panique me gagner, ce qui m’avait empêché de foncer tête baissée dans la ruelle au risque de me faire attaquer par des Loups. Je me demandais d’ailleurs où est-ce qu’ils étaient passés. Ça n’avait pas grande importance au final. Tout ce qui comptait, c’était que Jay s’en soit sorti. J’étais heureuse que lui soit vivant. Un innocent et… Et mon ami, même si ces derniers temps, c’était assez flou comme notion, et ce depuis quelques années maintenant. Je n’étais même plus sûr de lui avoir pardonner après avoir été transpercer par une balle. Je me rappelais encore de la douleur qui m’avait saisi à ce moment.

Je fouillais dans ma veste, et en sortis son téléphone et son flingue que je posais sur la table basse, puis je m’installais un peu mieux sur le canapé en soupirant de lassitude. Je n’avais pas beaucoup dormi, et je ne dormais pas depuis un peu plus d’un an maintenant. Je rouvris les yeux face à ses questions, fixant le plafond, n’étant pas sûr de vouloir répondre.

« Je chasse une Créature en ce moment, mais elle est difficile à trouver, mais bon, je suis douée pour retrouver les gens, tu devrais le savoir, dis-je en tournant la tête vers lui avec un sourire en coin. Et quelques autres boulots pour mon boulot de chasseuse de prime »

Je ramenais mon regard sur la télé, observant les images défiler sans réellement les voir. J’hésitais à lui dire le pourquoi j’étais devenue une chasseuse de prime. C’était compliqué, même pour moi et pourtant… J’avais cette envie de lui dire. De tout lui dire. Et en même temps, je voulais seulement lui cacher la vérité, parce que tout ce que je ressentais me faisait peur, et que je n’étais pas dans la capacité d’affronter ce que j’avais enduré.

« J’avais besoin d’un boulot, et qui m’évitait d’être en contact avec trop de gens. Et puis, ça fait des années que je suis Chasseuse, autant utiliser mes compétences partout »

Je ne lui avais pas tout dit. Je ne lui avais pas dit que j’avais besoin de m’isoler, d’être loin de tout le monde parce que je détestais que quiconque me touche, ce qui m’avait pris un certain temps pour dépasser cette terreur, et maintenant je m’en servais pour essayer d’oublier autre chose. Ironique n’est-ce pas ? Mais toute logique avait fui mon cerveau depuis un moment déjà. Et puis, j’avais fait de mon mieux pour retomber sur mes pieds. Edward me l’avait enseigné. Qu’importe les coups, on doit toujours se relever et trouver des solutions. J’étais perdue, et traumatisée. Une personne normale se serait totalement effondrée. Je n’avais pas laissé le temps à mon esprit se s’effondrer. Je n’avais pas pleuré, je n’avais pas accepté cette nuit. J’avais juste… Compartimenté mes émotions, et fais ce que je devais faire. Je savais que j’aurais besoin d’argent, que je ne pourrais plus compter sur personne, alors j’avais cherché, fuyant tous les autres métiers que j’avais déjà expérimenté. Trop simple, trop de gens, trop de contacts, trop peu dangereux. Puis je m’étais battue, et quelqu’un m’avait ensuite proposé un contrat pour tabasser quelqu’un. J’avais accepté, puis je m’étais laissée aller au métier de chasseuse de prime.

« Enfin… C’est un métier comme un autre, au moins je manque pas de fric comme ça »

Même si je n’avais jamais été intéresser par l’argent, et seulement par le danger et la sensation d’adrénaline que ça me procurait. Pas assez d’ailleurs. Au début ça me convenait, puis j’avais pris des missions de plus en plus dangereuses, mais ça ne m’avait jamais suffi. Je finissais toujours par être à court. Si Jay était accro à l’alcool, moi c’était l’adrénaline. Depuis des années, mais ça avait empirer entre temps. Toujours plus d’adrénaline, jusqu’à ce que quelqu’un finisse par me tuer. Mais ça n’arrivait jamais.

« Et toi, comment tu t’es retrouvé au Burlesque ? T’es tombé sur la patronne, ou sur une affiche en premier ? questionnais-je en tournant la tête vers lui, un petit sourire au coin des lèvres, le regard interrogateur »

Je savais à quoi ressemblait la patronne du Burlesque, et je me doutais que Jay n’avait pas qu’une simple relation platonique avec elle, même si la plupart des patrons ignoraient qui travaillait sous leurs ordres. Sauf que ses relations n’étaient jamais platoniques. Sauf avec moi. Et j’ignorais si j’en ressentais de la déception ou non. Et j’ignorais si je me sentais jalouse de la relation qu’il pouvait entretenir avec elle. Généralement c’était plutôt des coups d’un soir, dont il ne se souvenait même pas du prénom, mais je me demandais comment il gérait le fait de coucher avec sa patronne qu’il voyait régulièrement. Trop régulièrement sûrement…

Je détournais la tête de lui, ramenant mon regard sur la télé. Je croisais une jambe en tailleur, l’autre relevé pour poser mon coude dessus, restant un moment silencieuse, pensive.

« Pourquoi tu m’as appelé ? finis-je par lui demander. T’avais aucune idée que je viendrais, surtout avec mon comportement des dernières semaines. Tu pouvais pas appeler quelqu’un d’autre ? Quelqu’un que t’étais sur qu’il allait venir, comme Max. T’as dit qu’il ferait jamais de mal à personne, je suis sûr qu’il est du genre à aider les gens quand ils sont blessés, donc pourquoi moi et pas lui ? » Je me mordis la lèvre quelques instants puis repris. C’est pas comme si tu pouvais me faire confiance »

Je n’avais aucune idée pourquoi je lui balançais ça, mais au moins j’aurais ma réponse. Peut-être que si j’apprenais qu’il ne me faisait pas confiance… J’arrêterais de lui courir après. Et puis, je ne comprenais vraiment pas pourquoi il m’avait appelé moi plutôt qu’un autre.

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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Sam 29 Sep - 16:18

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Le commentaire d’Ellana sur les transports en commun m’avait étiré un petit sourire. Ça faisait longtemps que je ne les avais pas utiliser, détestant lorsque je me trouvais dans un endroit avec trop de monde et où il n’y avait aucun échappatoire. Ce genre d’endroit où je devais avoir un contact physique avec des gens. Heureusement j’avais arrêté de les prendre assez rapidement quand j’avais eu ma voiture, et j’en étais affreusement soulagé. Autant me simplifier la vie pour une fois.

« Les gens flippent à rien de nos jours en même temps. » fis-je avec un petit sourire.

Je pouvais les comprendre de se demander pourquoi une fille était couverture de sang qui avait séché. Elle aurait pu être une tueuse en série! Ou juste une fille qui s’était gravement blessé. Ou qui avait aidé son crétin d’ami la nuit passé pour éviter de le voir crever dans une ruelle. Tellement de possibilité. Je fus soulagé de savoir qu’elle avait récupéré mes affaires. Je me serais mis à stresser si mon arme et mon téléphone avait disparu. Aux nombres de contact que j’avais dessus. Et le flingue avait une valeur sentimentale, ce qui m’aurait fait un dur coup de le perdre.

« Merci Ella. »

J’essayai de me placer un peu mieux sur le canapé, histoire de ne pas avoir à me tordre le cou pour la regarder si elle me répondait, lui laissant du temps pour répondre. J’avais l’impression qu’elle hésitait entre me le dire ou le garder pour elle, mais je ne la pressais pas. Ça n’aurait servit à rien de toute façon.  

« Ah oui, pour le savoir je le sais! Tu finiras par trouver. Tu trouves toujours! »

Un petit rire me secoua, suivit d’une grimace en sentant la pression des coussins derrière mon dos. Si je pouvais même plus rigoler bordel! Surtout que c’était un sujet assez sensible au final, puisque ça concernait à moitié cette période sombre où elle n’avait cessé de me retrouver alors que j’avais voulu être seul. Je me demandais d’ailleurs si j’aurais un jour fini par revenir du bon côté de la ligne si vraiment elle m’avait laissé seul. Ou si je serais peut-être mort à l’heure qu’il est, parce qu’elle n’aurait pas été là pour prendre cette balle.

J’écoutai ensuite ses explications sur le moyen dont elle en était arrivé à faire ce boulot, curieux d’en savoir plus. J’étais même plutôt content qu’elle se confie à moi, même si je me doutais qu’au fond il devait y avoir autre chose. Je le voyais à sa façon de parler et d’agir. De toute façon, depuis que je l’avais retrouvé après ces un an de séparation, je voyais que quelque chose était différent. Elle était plus à cran, froide… Elle m’avait dit que ce n’était pas de ma faute, mais je me demandais si la rancune qu’elle avait envers moi, son manque de confiance apparent envers les autres, ne venait pas de ce que j’avais pu faire. Je lui avais promis d’être là pour elle, et je n’avais pas été foutu de tenir ma promesse… bien que j’avais tenu celle de revenir vers elle dès que je me sentirais mieux et que je serais remis de cette cure qui m’avait quand même bien amoché mine de rien.

« Si tu es satisfaite de ton boulot, c’est le plus important. »

Même si je ne connaissais pas ses réelles motivations. Elle était douée pour retrouver les gens, au moins ça lui servait à quelque chose… J’arquai ensuite un sourcil à sa question, mes lèvres s’étirant avec un certain amusement.

« Pour une fois, je cherchais un boulot comme toute personne normale! Je suis tombée sur une annonce d’embauche, puis j’ai tenté ma chance. Même si, comme tu le sais, j’étais pas le mec le plus doué avec les verres. »

Ma relation avec Blaire était différente de tout les autres patrons que j’avais pu avoir avant. À Houston, ça m’était arrivé d’avoir un coup d’un soir avec un employé, un gérant ou le patron, ça dépendait de mes envies du moment, mais ça avait toujours était l’histoire d’une fois. Jamais plusieurs comme avec Blaire. En même temps, il fallait avoué qu’elle était plutôt sexy cette fichue louve, et qu’elle savait bien titiller l’esclave de la luxure que j’étais. C’était d’ailleurs assez sympa qu’aucun de nous deux n’ait de problème avec notre relation. On savait à quoi s’en tenir et ça finissait là. Il n’y avait pas de gêne, pas de honte. Pour une fois que j’assumais un truc. De toute façon, ce n’était pas comme si j’arrivais à rester avec quelqu’un… alors autant m’amuser et assouvir mes pulsions, puisque la seule personne à qui je m’intéressais ne voudrait jamais de moi dans sa vie de cette façon. Déjà que là ça restait précaire…

Sa seconde question me fit doucement pencher la tête, incertain.

« Hm...» je me détournai, regardant en direction de la fenêtre. Sa question me prenait un peu de court et, à dire vrai, je ne savais pas trop comment répondre. « J’ai pensé à toi… et à Max… et à pas mal de monde en vrai. Mais je savais aussi que la seule personne qui pourrait réellement m’aider c’était toi. »

Je reportai mon attention sur elle, pas sûr d’avoir réussit à exprimer ce que je voulais correctement.

« Ce que je veux dire par là, c’est que je sais que tu réussis à compartimenté tes émotions. Là ou les autres auraient peut-être paniqué. »

Je me détournai à nouveau, regardant mes mains en serrant mes doigts entre eux, avec l’impression que j’allais dire une grosse connerie.

« Et dis pas ça. C’est peut-être plus réciproque, mais j’ai toujours confiance en toi. Et tu seras toujours la première à qui je pense. »


Les mots m’avaient échappé sans trop que je m’en rende compte, et je lâchai un soupir, reposant ma tête sur l’arrière du canapé. Ma fatigue me rattrapait et je sortais tout ce qui me passait par la tête, sans trop réfléchir. Surtout que mes paroles pouvaient être prise de plusieurs façons, mais c’était pas comme si j’avais l’esprit ultra clair et net non plus.  
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Sam 29 Sep - 17:39

J’avais étiré un léger sourire, laissant un rire plus ou moins sarcastiques franchir mes lèvres, lorsqu’il avait répondu sur les autres qui flippaient pour rien. J’étais plutôt d’accord avec lui, mais il fallait dire qu’aucun de nous n’était des personnes normales. Nous avions passé notre temps à nous battre et à Chasser des Créatures, alors voir des gens en sang, voir des morts, ne nous choquaient plus. Mais pour les gens normaux, voir quelqu’un couverte de sang, ça ne devait pas être particulièrement rassurant, surtout avec ce qui s’était passé durant le dernier mois. A croire que Ross Creek commençait à attirer le malheur. Enfin, ce n’était qu’une passade, peut-être que tout n’allait pas tarder à s’arranger. Ouai… Je n’étais déjà pas une grande optimiste de nature, mais cette fois-ci, j’y croyais encore moins. J’avais toujours cette angoisse qui se formait au creux de mon estomac que je n’arrivais pas à délier malgré toutes mes tentatives. Elle était là, et elle n’avait pas l’air de vouloir partir. C’était l’horreur à supporter, comme tout le reste. A se demander comment je pouvais être encore saine d’esprit. Et même pour ça, je n’en étais pas sûr.

Je ressentis un léger pincement au cœur lorsqu’il me remercia. Pas pour ses remerciements non, mais plutôt pour le surnom qu’il utilisa. C’était courant de sa part, j’avais l’habitude, mais en ce moment, ça me faisait toujours étrange. Peut-être parce que ça faisait longtemps que personne ne m’avait appelé ainsi, et que je m’étais presque mis à le détester, parce que c’était Edward qui m’avait surnommé comme ça. Je le détestais presque autant que je pouvais détester qu’on m’appelle Lana. Pourtant avec Jay, ça passait toujours. De toute manière, avec lui je laissais toujours passer beaucoup de choses. Un peu trop d’ailleurs. Comme avec la plupart des gens que j’aimais. Enfin je crois… Ce cercle étant plutôt restreint, les plus proches se limitant à Edward et Jay, je ne pouvais pas être sûr que je me comporterais comme ça avec tout le monde.

« Ne m’encourage pas trop, je pourrais décider de te courir à nouveau après et surveiller tout tes faits et gestes »

Tu parles, ce n’était ni mon genre, ni dans mes envies actuelles. Au contraire, je voulais rester loin de lui, et qu’il reste loin, sauf qu’aucune des deux choses n’avaient l’air de fonctionner. Lui semblait plus ou moins me courir après – quoique je n’en étais pas si sûr – et moi je finissais toujours par lui céder d’une manière ou d’une autre. C’est que j’avais envie de me blottir dans ses bras, et de pleurer. Pas forcément lui dire tout ce qui m’était arrivé, mais juste pleurer contre lui, et sentir qu’il me soutenait. J’avais cette envie de le faire, et je me détestais pour ça. Parce que je détestais pleurer, ça me rendait faible et pitoyable, mais aussi parce que je voulais le repousser, pas tomber dans ses bras. C’est pour ça que je craignais les prochains jours, parce que j’aurais dû mal à ne pas lui céder, et ça m’énervait. Une chose qu’il valait mieux éviter au vu de ma nature.

« J’irais pas jusqu’à dire que je suis satisfaite mais bon… C’est toujours mieux que de subir les mains au cul des clients saouls et chieurs » Et pour avoir déjà fait serveuse, je connaissais bien l’expérience. Et tu n’es toujours pas doué avec les verres je te signale »

Ah pour ça… Jay était un bon tireur, et il pouvait s’avérer très adroit lorsqu’il chassait, mais sûrement pas lorsqu’il était dans une autre tâche. Et tenir un plateau faisait partie des choses pour lesquelles il n’était pas doué. Comme pour me parler.

Après ma question, je dus attendre un petit moment avant qu’il ne me réponde. Je ne dis rien, le laissant chercher ces mots, ou ne pas me répondre tout court. J’évitais de le regarder, n’étant pas sûr de vouloir voir son regard lorsqu’il m’avouerait ça. Je relevais finalement les yeux vers lui lorsqu’il me parla de mes émotions. J’haussais un sourcil.

« Toi qui m’a reproché ma façon de me contrôler à une époque »

J’ignorais si j’étais contente de savoir qu’il m’avait appelé seulement pour ça, ou non. D’un côté, ça voulait dire qu’il ne tenait pas spécialement à moi, de l’autre… Ca me vexait et m’attristait parce qu’il ne me voyait que comme un de nos informateurs, seulement bon à ça. Puis je le vis détourner les yeux, et tordre ses doigts, son visage devenant gêner, comme s’il pensait à quelque chose. Et ce qu’il dit ensuite… Me terrifia autant qu’il me toucha. Je détournais les yeux, sentant mon cœur se compresser, et ma respiration se bloquer. Je déglutis difficilement essayant de me reprendre.

« C’est une très mauvaise idée si tu veux mon avis, rétorquais-je contrôlant ma voix autant que je le pouvais. Puis je me levais. Enfin bref, je vais prendre ma douche, et changer de fringues, ça commence à être chiant d’empester le sang séché. Et comme ça tu arrêteras de mater mes seins. » J’avais bien vu son regard, difficile de le rater à dire vrai. Je baissais les yeux sur le bloc-notes sur la table et le saisis en lisant rapidement la liste de course. Et je passerais vite fait faire les courses après ça »

Je ne l’avais pas regardé, me détournant de lui pour prendre des vêtements propres dans mon sac, et partis dans sa salle de bain. Je m’appuyais contre la porte fermée, prenant une profonde inspiration, alors que j’étais encore sous le choc de ce qu’il m’avait dit. Je finis par prendre ma douche, puis sortis pour revenir dans le salon.

« T’es sûr d’avoir rien oublié sur la liste ? J’ai pas envie de faire quinze milles allers-retours parce que monsieur est trop exigeant. Ah… Et tu devrais prévenir ta mère non ? Enfin je sais pas si c’est une bonne idée de lui dire que tu as failli mourir. Bref, à toi de voir de toute manière. »

J’avais utilisé un petit ton au second degré pour la première partie, comme à mon habitude. Je finis par me rapprocher de lui.

« Et tu veux quelque chose ? Verre d’eau, ou un truc à bouffer en attendant ? »

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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Sam 29 Sep - 18:31

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Ce qu’elle avait dit sur le fait de recommencer à me courir après ou surveiller mes moindres fait et geste m’avait mentalement fait sourire. Pas de ces sourires amusés, mais plutôt nostalgique, parce que ça me rappelait notre relation avant que je commence à déconner. Avant que je commence à être aussi méchant avec elle, à la repousser et à tenter de la mettre dans mon lit, en espérant qu’elle déciderait ensuite de me fuir. Une nostalgie qui venait de l’époque où je me sentais bien avec elle, sans avoir peur de dire un mot, une phrase ou un agissement de travers. Quand c’était juste… simple entre nous. Bien que simple ne serait pas vraiment le mot. Moins compliqué je dirais… Parce que mon attirance, je l’avais toujours eu et ça m’avait toujours causé des cas de conscience. Peut-être que ça aurait été moins compliqué si je n’étais pas tombé dans l’alcool et tout ce qui avait suivit. J’aurais donné absolument tout pour que tout ça s’efface et qu’on puisse recommencer à neuf bon sang.

Ensuite, il était vrai que chasseur de prime, ou tout simplement chasseur en fait, restait bien plus intéressant que serveur. Si le premier payait bien, le deuxième l’était moins, ce qui m’avait mené au troisième, par manque d’option. Je m’étais retrouvé dans une passe, lorsque j’étais retourné chez ma mère, où j’étais tellement dans la merde financièrement que seul les petits boulots de merde me convenaient. Et au final, lorsque j’étais venu ici, le seul que j’avais pu trouvé rapidement était le Burlesque, malgré qu’il y avait de la tentation partout. Et des ivrognes. Les gens qui pensaient que les serveurs étaient exempt des mains au cul se trompait. Surtout quand il s’agissait d’un incube. Et encore, si c’était juste une main au cul s’était gentil. J’avais déjà foutu mon poing à la gueule d’un vieux pervers qui l’avait foutu devant et cette fois-là, j’avais pas fait exprès, mais un verre était malencontreusement tombé sur lui. Triste accident.

« Je m’améliore! … petit à petit! » m’étais-je contenté de répondre à sa réplique.

Au moins maintenant je pouvais faire quelques mètres avant les catastrophes! Là où avait je me prenais les pieds partout… Merci Amelia et ses astuces. Un petit sourire étira mes lèvres, me rappelant à quel point j’avais trouvé bizarre au début la façon dont Ellana pouvait surmonter ses émotions, ou simplement les cacher… J’y arrivais aussi, mais pas de la même façon. Et encore, ça dépendait de mon état émotionnel et du pourquoi je devais le masquer. Le cacher un moment ça allait, mais au bout d’un moment j’explosais tout simplement et mon contrôle foutait le camp. Mes tendances violentes par exemple. Quand j’avais découvert que Blaire m’avait caché pour Zayne, je m’étais retenu un moment avant de simplement laisser ma colère sortir et de ne plus réfléchir. Ça avait bien finit heureusement, mais tout de même. Paix à l’âme de ma chemise déchiré d’ailleurs.

Je ne fis pas de commentaire sur la réaction qu’elle eut après ma déclaration qui avait fusé de ma bouche sans vraiment que j’y réfléchisse. Je disais les choses comme je les pensais, monsieur le cerveau étant trop dans le vague pour connecté les fils correctement. Mais c’était des mots que je pensais en mon fort intérieur depuis des années et que j’avais toujours voulu lui dire. Je tenais à elle comme personne d’autre, et je ressentais un vide énorme à l’intérieur de moi en sachant qu’elle pouvait tellement m’en vouloir que plus jamais elle ne me referait confiance. J’allais devoir essayer de changer ça, bien que je ne savais pas trop comment pour le moment… Avec mes coups de fatigue soudain, ce n’était pas évident d’y réfléchir de toute façon. La perte de sang n’avait pas trop aidé pour ça, en plus des calmant.

« C’est pas vraiment de ma faute si c’est si évident. » fis-je, passant mon regard de sa tête à sa poitrine, pour revenir à ses yeux – ses vrai yeux hein!

Le pire dans tout ça, c’était qu’elle était petite en comparaison de la plupart des femmes que je côtoyais, et pourtant, ça m’intéressait tout autant. Ça m’était toujours difficile de me concentrer et ce, à chaque fois. J’avais l’impression d’être comme ces espèces de pervers incapable de mater une fille sans dire ‘J’ai vu ses épaules et ses cuisses, j’ai pas pu m’en empêcher!’. Sauf qu’à l’inverse de ces hommes, j’avais de vrai pulsion moi. Et c’était rageant! Heureusement qu’on ne pouvait pas être arrêter parce qu’on couchait avec trop de monde, je serais diagnostiquer par les humains comme étant un putain d’accroc du sexe incapable de se contrôler. Joie.

Je hochai la tête quand elle parla, la regardant s’éloigner en direction de la salle de bain et me triturai à nouveau les mains, stressé. J’eus un peu le temps de penser à autre chose le temps qu’elle prit sa douche, regardant la télé avec ennuie.

« Je pense que tout y est. Tu peux prendre des trucs pour toi aussi. Oublie juste pas le bacon! C’est le bon bacon! »

Mes pensées voguèrent ensuite sur ma mère, me faisant à nouveau hocher la tête. Ouais… fallait que je la mette au courant. Au moins pour lui dire que je ne pourrais pas passer la voir pour un moment, vu que j’aimais bien descendre à Houston de temps à autre. Je m’étais rendu compte à quel point ma mère m’avait manqué durant six ans, et je ne voulais plus être aussi loin d’elle. J’avais surtout peur de la perdre aussi, vu qu’il lui arrivait de chasser, alors qu’elle avait arrêté peu de temps avant la mort de mon père.

« Ouais… un verre d’eau et des serviettes pour nettoyer mon portable. Ça me fera un truc à faire, vu que je peux plus trop bouger. »

Et voilà que je m’enfonçais le couteau dans la plaie parce que j’étais comme un incapable devant dépendre des autres. J’attendis donc qu’elle parte chercher ce que je voulais, la remerciant quand elle revint et la suivit des yeux quand elle quitta l’appartement avec des sacs. Mettant ma fatigue de côté, je commençai à nettoyer l’appareil, essayant de ne pas trop mettre d’eau non plus pour le péter. Cela me prit plusieurs minutes, mais au moins c’était fait. Je sentais la douleur qui commençait à revenir petit à petit, et je tentai de me changer les idées, que cela soit en jouant à des jeux à la con ou regarder des vidéos sur les réseaux sociaux. J’avais envoyé le message à ma mère, attendant de voir comment elle allait réagir, nerveux.
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Sam 29 Sep - 19:53

Je n’avais pas manqué de remarquer le sourire, et le regard, nostalgique de Jay lorsque j’avais évoqué l’époque où je lui courais après. J’avais pensé que ça pourrait plutôt lui causer de mauvais souvenirs, comme toutes ces fois où je l’avais retrouvé et où il m’avait détesté pour ça. Détester, repousser, et fait du mal pour que je m’enfuie loin de lui. Je n’étais pas sûr de la raison pour laquelle j’avais dit ça. Peut-être parce que j’avais envie de le faire souffrir un peu. Après tout ce qu’il m’avait fait, c’était un juste retour des choses non ? J’étais quelques de rancuniers, plus rancunière que ce que j’imaginais en fait. Ou alors c’était à cause de ma mutation qui provoquait toutes ces sensations étranges chez moi. Comme lorsque je le touchais désormais. Mais ça me faisait la même chose avec Ryan, donc je ne pensais pas que c’était en rapport avec Jay, bien que ça ne me fasse pas cette sensation avec les autres. Ni cette envie irrésistible de toucher sa peau, et prendre possession de ses lèvres. Avec tous les autres, je ne ressentais pas grand-chose. Alors qu’avec ces deux hommes… Bon sang, pourquoi ne pourrais-je pas être comme tout le monde ? A avoir une vie sentimentale simple, sans trop de problèmes, à part les disputes simples et banales qu’avaient tous les autres ? Eh non, ma vie avait cessé d’être simple lorsque j’avais perdu ma famille. Sauf que Jay, lui rappeler ces mauvais souvenirs semblaient le rendre nostalgique… Pourquoi ? Ou alors il repensait à quelque chose d’autre, mais j’ignorais quoi.

« Tu pourrais au moins avoir un minimum de discrétion. Enfin, t’es aussi discret qu’un éléphant donc bon, ça devrait pas me surprendre, avais-je rétorquer sur le fait qu’il reluquait un peu trop ma poitrine »

Et ce n’est pas comme s’il y avait quelque chose à regarder. Bon, je n’étais pas plate non plus, j’étais un bonnet B, ce qui n’était pas si petit que ça, surtout si je les mettais en valeur grâce à certains vêtements mais bon, s’il fallait changer mes vêtements pour qu’un type me porte attention, ça n’en valait pas la peine. Et je me demandais si Jay faisait parti de ces hommes. Quoique, il m’avait regardé avec insistance tout à l’heure. Bref… Ca n’avait pas d’importance. Et finalement, j’étais allée me doucher.

« Je vais essayer de pas l’oublier ton bacon. Même si tu commences à te faire vieux, tu devrais surveiller ton alimentation avant de mourir d’une crise cardiaque, lui fis-je remarquer avec une pointe d’amusement. Je peux aussi te ramener le nécessaire pour nettoyer ton arme, au moins ça t’occuperas, ajoutais-je »

Je lui donnais ce qu’il me demandait, puis saisis quelques sacs qui se trouvait dans le placard de l’entrée. Je n’avais pas eu besoin de lui demander, puisqu’il était du genre à tellement bien rangé que ça en devenait agaçant. Je me demandais comment on allait faire pour cohabiter pendant quelques jours, voir semaine au vu de l’étendu de ses blessures. Je sortis dehors, partant pour le supermarché le plus proche. Je pris quelques temps pour faire les courses, remplissant les sacs. Je m’arrêtais au rayon alcool, me figeant devant les bouteilles de whisky. Je saisis l’une d’entre elle, la regardant presque avec avidité. Je n’avais pas bu depuis un moment. Trop long moment d’ailleurs. Je déglutis en remarquant ma dépendance plus ou moins grande à l’alcool. Le goût de l’alcool qui me chauffe la gorge me manquait, bien que ce soit le seul effet que cela me fasse. Sauf que je ne pouvais pas ramener ça. Je vivais avec Jay. Un ancien alcoolique. Enfin, il n’avait pas arrêté totalement. Et moi qui l’avait déjà poussé à replonger… Je ne voulais pas qu’il recommence. Je soupirais, et finis par reposer cette bouteille, tournant les talons et partant payer mes achats.

Je rentrais finalement chez Jay, voyant qu’il n’avait pas bougé de place. En même temps, où est-ce qu’il pouvait aller et comment ? Il arrivait à peine à se déplacer tout seul, ou à aller aux toilettes.

« T’as bien fini ta séance de nettoyage ? le questionnais-je tout en me dirigeant vers sa cuisine. Il commence à se faire tard, t’as faim ? J’ai un peu la flemme de faire un truc compliqué, alors des pattes au lardon et à la crème fraiche ça t’irait ? »

Je rangeais les aliments dans les placards, fouillant un peu pour trouver les endroits où il rangeait tout ça. Bon, ça ne correspondrait pas forcément à son rangement pile, mais au moins, ça ne trainerait pas. Qu’il ne me fasse pas chier avec ça. En même temps, je sortis une casserole ainsi qu’une poêle, les plaçant sur le feu pour préparer le repas du soir. Pendant que les pates cuisaient dans l’eau, je mis la table, et aidais Jay à se déplacer jusqu’à la table. Ensuite, je lui donnais ses anti-douleurs, puis terminais de préparer la concoction. Je l’amenais jusqu’à lui, nous servant tous les deux. Durant le repas, je ne parlais pas beaucoup. Je n’avais pas envie d’instaurer un malaise, mais je ne savais pas vraiment quoi dire, et j’avais peur de trop lui en dire.

Au final, je rangeais la vaisselle sale puis me tournais vers lui.

« Bon va falloir changer des bandages maintenant, et les désinfecter au passage » J’attrapais à nouveau Jay, l’entrainant jusqu’à sa chambre et le fis s’asseoir sur le lit. « Tu peux retirer ton haut pendant que je vais chercher le reste ? Sinon je t’aiderai »

Je ne le forçais à rien, mais je venais sûrement de dire quelque chose de maladroit, parce qu’il allait essayer de retirer son haut jusqu’à y arriver tout seul, et au final se faire mal. Comme il y avait les anti-douleurs, il n’aurait pas mal, mais ça ne changeait rien au fait qu’il allait tirer sur les points de sutures. Je revins avec des compresses, et du désinfectant, m’asseyant à côté de lui. Je retirais les anciens qu’il portait, les posant sur la table de nuit, puis m’occupait d’appliquer doucement le liquide sur ses plaies, essayant de lui faire le moins de mal possible. Au moins elles ne semblaient pas s’être rouvertes, ce qui était une bonne chose. Sauf que le fait de changer ses pansements m’imposaient à nouveau une certaine proximité avec lui, et de toucher son corps, presque comme des caresses. Pas vraiment au final, mais bon… Là n’était pas la question. Le pire c’est que je remarquais les sensations que je provoquais chez lui, et le regard qu’il pouvait me le lancer. Enfin, je l’imaginais puisque j’évitais de croiser son regard. Je terminais ses bandages, cherchant à me redresser.

« Bon, j’ai terminé, maintenant essaie de te reposer un peu, tu guériras plus vite comme ça, lui dis-je en poussant sur mes jambes pour me mettre debout »

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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Dim 30 Sep - 1:29

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Je tapotai sur le clavier du portable un moment avant de finir par me lasser et de prendre mon arme, qui traînait pas trop loin. Une petite moue d’ennuis étira mes joues en voyant que le sang avait séché et s’était bien incrusté dans les gravures. Je retirai le chargeur, dans lequel il ne restait que quelques balles vu que j’en avais tiré pas mal sur les deux loups et la démontai soigneusement, nettoyant d’abord l’extérieur qui était bien crade, passant la plupart de mon temps sur cette partie, avant de nettoyer l’intérieur et de tout réassembler, repassant un coup de serviette dessus. Je la testai ensuite un peu, histoire de voir si je n’avais rien bloqué en remettant les morceaux, puis remit le chargeur, déposant le flingue un peu plus loin, grimaçant à nouveau. Vu l’heure, j’allais être dû pour prendre les anti-douleurs… qui se trouvait trop loin de moi pour que je les atteigne. Et je ne voulais pas risquer de me planter et de ne plus réussir à me relever.

Le flingue étant nettoyé, je retournai sur le téléphone, regardant si ma mère m’avait répondu et j’arquai un sourcil en voyant qu’elle m’avait envoyé une tonne de smiley qui pleure et de smiley effrayé, puis ensuite rajouté qu’elle prenait le premier avion dès qu’elle le pourrait. J’espérais seulement qu’elle me préviendrait quand elle arriverait. Je connaissais le timing de ma mère pour tomber au mauvais endroit au mauvais moment. Comme si son instinct lui disait quand était les bons moment pour me foutre des malaises ou la honte. Je l’avais rassuré en lui disant que j’allais bien, que c’était rien de trop grave – même si j’avais pu y rester la veille si je n’avais eu aucune aide – et que rien ne pressait, mais elle ne voulut rien entendre. Elle s’en voulait tellement de ce qui était arrivé ces dernières années qu’elle flippait à l’idée de me laisser seul ou que je puisse penser qu’elle se foutait à nouveau de moi, alors qu’on avait mit les choses au clair ensemble et que tout allait bien depuis. Je m’en montrais énervé, mais dans le fond ça me touchait et ça me rassurait.

Je relevai la tête de mon écran en entendant Ellana revenir avec les sacs, ayant le réflexe de vouloir aller l’aider pour tout ranger, mais mes traits se tordirent sous l’effet de la douleur ressentit par les élancements quand j’essayai de me lever. D’accord… pas pouvoir aider c’était frustrant bordel. J’avais envie de me dégourdir les jambes, pas de rester assit à la regarder bouger et absolument tout faire. J’aimais pas laisser les gens tout faire seul! Tss…

« Ouais, ils sont tout beau et tout propre! On dirait presque pas que je me suis vidé de mon sang dessus. »
le sarcasme de ma phrase était destiné à moi-même, mes nerfs recommençant à être un peu à vif avec la douleur qui revenait. « Va pour les pâtes. J’ai l’estomac un peu de travers de toute façon...»

Autant qu’elle ne fasse rien de compliqué si c’était pour que je gaspille. Chose que je détestais. Je m’étais rendu compte de la valeur de la bouffe quand je n’avais parfois plus rien à bouffer, alors maintenant j’en prenais soin.Et puis, y’avait des ptits africains dans le monde qui avait rien à bouffer, nah!

Hm. Bref. Craquage psychologique, ça allait finir par me passer. Je la laissai m’aider à me rendre à la table, m’asseyant avec difficulté sur la chaise – je commençais à avoir les membres entièrement courbaturé à force – et prit les médicaments, les effets commençant à se faire sentir petit à petit. Mon estomac gronda en sentant l’odeur de la nourriture, que j’avalai tout de même assez prudemment lorsqu’elle nous servit les deux plats, ne souhaitant pas faire de mouvement brusque. Il y avait un silence étrange, que je ne savais pas trop comment interprété, mais pour le coup, je le respectai. Je n’avais pas grand-chose à dire de toute façon, même si plus les anti-douleurs fonctionnaient, et mieux je me sentais. Moins torturé, moins de prise de tête sur ce que je ressentais… c’était cool en fait.

Une fois le repas terminé, je tournai la tête à ses dire, la suivant sans faire d’histoire jusqu’à la chambre et mon esprit associa matelas à ma fatigue et donc à dormir, et j’eus immédiatement envie de faire un somme. Sauf que je ne pouvais pas dormir immédiatement… cette tristesse et cette déception. Sans trop poser de questions ou me rendre compte de l’erreur que je pouvais faire, je tentai de retirer mon haut par moi-même, mais je m’arrêtai en plein processus pour lui demander de l’aide, sentant les sutures tirés un peu trop. Une fois le haut retiré, je dû combattre ma fatigue et mon envie de me laisser aller contre elle pour éviter de lui compliquer la vie. Son touché n’avait peut-être rien de sexuel, mais il m’électrisait à chaque fois et sa proximité remplissait mon esprit d’envie soudaine, que je ne pourrais pas satisfaire parce que de un ce n’était pas le moment, de deux ça serait mal vu et de trois… c’était Ellana. Et Ellana ne voudrait pas de moi. Double tristesse. La seule chose que je pouvais faire et que je serais condamner à faire, c’était de l’imaginer, et de garder ces fantasmes flippant pour moi. Ça aurait été n’importe qui d’autre, je crois que j’aurais réussis à me contrôler un minimum. Mais parce que je ressentais quelque chose pour elle, c’était dix fois plus fort, alors que ce n’était même pas des caresses. Au final mon cœur battait la chamade et je devais papillonner avec mes paupières pour rester conscient et ne pas faire de connerie. Je fus soulagé lorsqu’elle se recula après avoir terminé et replacer les nouveaux bandages. J’étirai un sourire et commençai à faire un mouvement pour me coucher, mais me ravisai à la dernière seconde pour l’attraper dans un câlin soudain, l’entraînant sur le bord du lit tandis que je me calais plus ou moins bien sur les oreillers.

« M’laisse pas dormir seul steplait… » marmonnai-je.

Mes yeux se fermaient déjà, et je n’eus pas conscience si elle disait ou faisait quoi que ce soit. N’y même si elle s’était relevé ou coucher, vu qu’il y avait tout de même on bon espace que j’avais laissé pour qu’elle puisse s’asseoir. Je m’étais endormit assez facilement, aidé par les anti-douleurs qui soulageaient une bonne partie de mes plaies.

Mon sommeil ne fut pas trop agité, peut-être parce que j’avais plus ou moins conscience d’Ellana qui était toujours dans mes bras et que mon subconscient ne voulait pas trop s’agiter. J’en savais rien. Je savais seulement que je me sentais bien, tranquille et calme. Un sentiment que je n’avais éprouvé qu’avec elle et ce, depuis que je la connaissais. Ça avait toujours été platonique entre nous, même si j’avais toujours eu cette folle envie de lui sauter dessus, de la déshabiller et pas uniquement du regard, de poser mes lèvres contre les siennes et de parcourir sa peau de baiser. Et au final je n’en faisais jamais rien. Sauf cette fois où j’avais trop but… et où je l’avais fais boire. J’étais heureux qu’il ne se soit rien passé ce soir-là… même si j’aurais pu goûter à la seule femme que je désirais réellement et qui continuait de me repousser. Fallait croire que j’aimais réellement me faire souffrir pour m’infliger ça. Pour nous infliger ça…

À moitié encore endormit, je la serrai contre moi, avant de rouvrir les yeux et de les plisser, incertain. Je me redressai un peu dans le lit, la fixant avec incertitude, avant de me rappeler la veille, où je l’avais attrapé comme un doudou parce que je ne voulais pas dormir seul. Ce que j’étais pitoyable bordel… je dépendait déjà assez d’elle comme ça et ça serait le cas pour les jours à venir, je pouvais pas… agir comme un homme pour une fois? Souffrir en silence en la tenant éloigné de moi comme elle souhaitait vouloir le faire? Fallait toujours que je retourne vers elle, même si c’était souvent inconsciemment ceci dit. Et comme à chaque fois, je me pris à observer ses traits. La courbe de sa mâchoire, son nez, ses cils… ses lèvres qui me donnaient tellement d’envie…

Je ne sais par quel miracle je réussis à me décrocher – nan en fait c’était la douleur, merci à elle pour une fois – mais je me reculai autant que je pouvais puisque j’avais toujours un bras sous elle, une plainte à peine audible m’échappant alors que je me recouchais péniblement. J’avais l’impression de sentir à nouveau les griffes des loups me déchirés, ainsi que les crocs s’enfoncer dans mon épaule. Et à côté, contrastant avec cette souffrance vive, il y avait Ellana, dont le t-shirt remontait sur son ventre un peu trop, me laissant une vision bien plaisante. Je détournai le regard, fermant les yeux pour essayer connement d’oublier ma douleur.
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Dim 30 Sep - 10:28

En revenant jusqu’à Jay, je vis à quel point il était bloqué. Plutôt que de m’attrister, je sentis un petit rire me secouer tant il semblait ridicule. J’avais fini par poser le nécessaire de soin à côté, ramenant au passage une bouteille d’eau et les calmants que je posais sur la table de chevet, et saisis son haut pour l’aider à le retirer. Je l’avais déposé à côté, tout en m’asseyant et cherchant à prendre soin de lui. Pendant quelques instants, je relevais les yeux sur lui, croisant son regard. Mon touché n’avait pourtant rien de sensuel, particulièrement parce que je tenais une compresse et que je l’appliquais sur ces points de suture. Sérieusement, il y avait mieux pour tenter quelqu’un à faire des galipettes sur un lit. Sauf que Jay me regardait avec une certaine ardeur qui m’électrisait bien plus que je n’avais envie de me l’admettre. Tout comme son contact, même si j’essayais de les réduire au maximum. Je baissais les yeux pour éviter de le regarder, déglutissant difficilement pour essayer de garder l’esprit clair, mais ça n’arrangeait rien. J’avais une main sur son épaule, l’autre s’appliquant à le soigner. Je pouvais sentir ses muscles se tendre, sa peau douce et halée, sûrement dû au soleil du Texas. Une peau qui me semblait délicieuse, et que je mourrais d’envie d’embrasser, d’explorer avec mes mains, et plus encore. Et sous mes mains, j’avais l’impression de sentir les battements frénétiques de son cœur. Ou alors était-ce le mien ?

Je déglutis pour essayer de repousser ses pensées, qui devraient rester pour toujours des fantasmes irréalisables. Je terminais de poser les compresses, me redressant pour que Jay puisse avoir la place de se coucher. Sauf qu’au moment où je me levais, je sentis qu’on me saisissait par le poignet, et m’attirais contre lui. Je fus plaqué contre son torse, alors qu’il s’allongeait avec moi dans ses bras, me murmurant quelques mots à l’oreille. Etrangement, ces mots, aussi stupide soit-il, provoquèrent un long frisson le long de ma colonne. Il me tenait simplement dans ses bras, me demandait simplement de rester, et pourtant je ressentais une étrange sensation naitre en moi, comme si j’attendais qu’il me demande ça depuis de années. Pendant quelques instants, je me laissais emporter par ces émotions, fermant les yeux en calant ma tête contre lui. Je sortis l’un de mes bras, venant caresser doucement ses cheveux. Bon sang… J’étais bien contre lui. C’était si agréable, bien plus que mes parties de jambes en l’air. Sauf que cette sensation me terrifia. Je cherchais à bouger pour me sortir de son étreinte. Un simple mouvement qui le fit réagir malgré qu’il soit déjà endormi. Je sentis ses bras se refermer un peu plus sur moi, m’attirant plus fort, m’empêchant de bouger. Il semblerait que je sois bloquée avec lui pour la nuit. Ce qui n’était pas tout à fait pour me déplaire à dire vrai… Mais je préférais mettre de côté cette pensée. Je calais un peu mieux ma tête contre son épaule, ma main posée dans son dos, essayant de m’endormir, ce qui s’avéra plus facile que ce que je pensais, comme à chaque fois que je dormais avec lui. Je me sentais détendue, et calme. Je savais aussi qu’aucun de mes cauchemars ne viendraient m’assaillir, comme si, par sa simple étreinte, il réussissait à former une barrière invisible me protégeant contre eux.

Je me sentis à nouveau compressé dans son étreinte. Une étreinte de laquelle je n’avais pas bougé de la nuit. Je bougeais ma tête, mon corps venant se presser un peu plus contre le sien, ma main dans le creux de ses reins, venant l’attirer un peu plus contre moi. Sauf que son corps m’échappa, et je le sentis s’éloigner. La couverture ne me recouvrant pas, je sentis un frisson glacé me parcourir, maintenant que je n’étais plus sous la protection chaleureuse de son étreinte. Ma main se contracta sur sa hanche, mon corps se rapprocha du sien, cherchant inconsciemment sa chaleur. Son odeur m’enveloppait, m’enivrait. J’enroulais une jambe autour de la sienne, n’aimant pas particulièrement sentir le tissu de mon pantalon frotter contre le sien. J’aurais préféré sentir sa peau directement contre la mienne. Puis je sentis mon esprit être tiré petit à petit de la torpeur du sommeil. Je laisse échapper un léger gémissement, me tournant sur le dos, ma main glissant sur son ventre, pour venir se poser sur le mien, tandis que mes yeux s’ouvrait, encore chargé de sommeil.

« Dis, si tu comptes me réveiller à chaque fois durant les prochains jours, j’arrêterais de dormir ici. Surtout pour une fois que je dormais bien, comme à chaque fois avec toi »

Pourquoi est-ce que j’avais dit ça au juste ? Merci que je sois encore à moitié en train de dormir tient. Je me mets à bailler, et levais les bras plus haut, soulevant légèrement mon corps pour m’étirer, mon haut se soulevant un peu plus, jusqu’à dévoiler la cicatrice de la balle qui m’avait transpercé sur mon flanc droit, juste en-dessous des côtes. Je laissais tomber mes mains sur mon ventre.

« Il y a des anti-douleurs sur la table de chevet de mon côté, lui dis-je »

Je me tournais de l’autre côté, soulevant ma tête pour lui permettre de retirer son bras sous mon corps, et la reposais sur l’oreiller. Encore en proie au sommeil, je me reculais légèrement, mon dos et mes fesses venant se coller contre lui, alors que je repliais de moitié mes jambes. Il me fallut quelques minutes pour me rendre compte à quel point ma position pouvait être tendancieuse, et un peu trop de frisson électrique de ma part en sentant mon corps en contact avec lui. Je me redressais, m’asseyant au bord du lit, essayant de fuir son contact. Je passais mes mains sur mon visage, repoussant mes mèches folles en arrière. Je m’étirais encore une fois en baillant. Bon sang, ça faisait longtemps que je n’avais pas dormi aussi bien. Depuis notre dernière rencontre à dire vrai. Depuis la dernière fois où j’avais dormi avec lui. Je me tournais vers lui, une main posée sur le lit, l’autre sur mes cuisses.

« Tu te sens un peu mieux ? le questionnais-je doucement. Et tu as pas trop mal dormi par hasard ? Avec moi dans les bras, ça ne devait pas beaucoup t’aider. Tu sens encore ton bras au moins ? »

J’essayais de faire un peu la conversation, mais surtout pour détourner mon attention de tout ce que j’avais ressenti en étant dans ses bras. Que ce soit la nuit dernière, ou ce matin, où je m’étais un peu trop laissé aller à me presser contre lui. A croire que je voulais rester contre lui. C’était tout à fait le cas, mais je préférais rejeter ces sensations. C’était en total contradiction avec le reste de ce que je ressentais. Entre mon envie d’être dans ses bras – de toutes les manières possibles – et celle de le fuir, je ne m’en sortais pas du tout.

« Tu veux manger ? Ou un truc en particulier ? ajoutais-je »

Je n’arrivais pas encore à dissimuler mes émotions, pas encore assez réveiller. Donc, entre l’inquiétude, mon attirance pour lui, mon doute à son propos, je n’arrivais pas à savoir ce que j’éprouvais tout à fait. Tout en même temps je crois bien, ce qui ne me facilitait pas la tâche. Un peu plus réveillée, mais toujours pas la main sur mes sentiments, je vins porter ma main à son visage, le caressant doucement.

« Je suis quand même contente que tu sois en vie tu sais »

Sur ces mots, je me détournais de lui, laissant retomber mon bras, et me levais, gêner. Je ramassais les compresses sales, ainsi que celle qui étaient propres, et partis dans la salle de bain pour jeter les premières, et ranger les autres. J’ouvris le robinet, ramenant mes mains en coupole, et aspergeant mon visage pour terminer de me réveiller. Je finis par revenir dans sa chambre, me questionnant sur ce qu’il voulait faire. Ce n’est pas comme si en convalescence on pouvait faire grand-chose, ce qui était plutôt frustrant.

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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Dim 30 Sep - 14:40

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Ça faisait un moment que je me le demandais, mais je me questionnais souvent sur la façon dont nos subconscient réagissait, vis à vis de la façon dont notre raison nous faisait agir. Éveillé, on essayait de garder une certaine distance entre nous, loin de l’attirance physique qu’on semblait ressentir pour l’autre, malgré qu’elle me résistait depuis des années et que je tentais de mettre une barrière sur notre relation, la rendre platonique et qui ne dépasserait jamais le simple câlin. Et à l’inverse, c’était comme si je cherchais sa présence, et elle pareil. C’était vraiment troublant. C’était une chose que je n’avais jamais ressenti avec personne et c’était rageant, puisque je n’arrivais pas à me la sortir de la tête, n’y même de mes plus simple fantasme. Et là le contact avec elle n’aidait pas vraiment. Elle s’était collé à moi inconsciemment, avant de se retourner sur le dos, sa main glissant du mien pour retomber sur son ventre. Je du me mordre la lèvre un peu plus violemment pour éviter tout geste déplacé. Je voulais juste poser mes lèvres contre les siennes et l’embrasser. C’était simple, rien de bien sauvage, mais l’envie était là et elle me taraudait.

J’avais un peu tourné la tête vers elle quand elle avait parlé, sa voix ensommeillé mais tout de même bien audible. Mon cœur avait raté un battement à la fin de sa phrase, sans trop savoir si je devais être rassuré d’entendre ça ou si je devais en avoir peur. J’avais souvent remarqué que lorsque je dormais avec elle, mon sommeil était bien plus paisible. Moins agité par toutes sortent de penser… et j’avais aussi remarqué qu’elle réussissait à dormir, là où en général elle dormait très peu. Mais j’étais loin de me douter qu’un jour elle l’avouerait. Je ne savais absolument plus quoi penser avec elle. Un moment elle me disait ça, l’autre elle me prenait la  tête à me repousser et me fuir… les femmes étaient d’un compliqué! D’accord, j’étais loin d’être innocent dans cette histoire. La cicatrice sur son abdomen en témoignait, et je détournai le regard pour éviter de me sentir à nouveau envahit d’une vague de culpabilité.

Mon bras pu être libéré de la pression qu’il avait dessus lorsqu’elle releva la tête, me permettant de retrouver l’usage de mon membre engourdit et dont les sensations me revenaient petit à petit, de façon désagréable. Je tentai de bouger les doigts, de sorte à refaire circuler le sang correctement partout et un frisson me parcourut quand elle se colla un peu plus à moi, ma respiration bloquant pendant une fraction de seconde. Heureusement, elle se recula d’elle même, sans doute parce qu’elle se rendait compte de la position étrange dans laquelle on pouvait être et je fermai les yeux de soulagement. Franchement, les jours à suivre allaient être difficile… Décidant de mettre ça de côté, je m’étirai un peu pour prendre le verre d’eau et les cachets, les prenant d’une traite avant de me redresser comme je pouvais dans le lit, posant une main sur mes cotes.

« J’ai encore l’impression de me faire lacérer, mais c’est moins pire. Je vois ça comme un retour de karma, fallait bien que ça arrive un jour… » Je bougeai un peu mon bras, étirant un sourire amusé « Mon bras devrait aussi s’en sortir. Heureusement, tu es pas trop lourde! »

Je me plaçai un peu mieux sur le lit, mon regard se plantant dans le sien quand elle posa sa main sur mon visage, m’occasionnant un froncement de sourcil interrogateur. Pour la peine, j’avais complètement oublié de répondre à sa question sur si je voulais manger. Sa dernière phrase me bloqua dans ce que j’allais dire et je la regardai se détourner, incapable de réagir. Garder mes résolutions de vouloir lui laisser de l’espace le temps qu’elle le voulait, ou d’essayer de nier et d’effacer mes sentiments parce que ça serait le bordel, devenait difficile… Elle quitta la chambre, me laissant réfléchir dans celle-ci, sans trop savoir ce que je voulais faire. De toute façon, je ne pouvais pas vraiment courir un marathon alors… Quand elle revint, je levai un regard vers elle, essayant de dissimuler mon trouble autant que possible. Je ne savais pas si c’était le fait de me sentir dépendant d’elle, les médicaments ou mon sentiment d’être impuissant en ce moment, mais j’avais de la difficulté à contrôler mes émotions.

« Je prendrais bien un bol de céréale. Et… »
j’hésitai un moment, puis lâchai un soupir « et j’ai un truc à te dire après. »

Je préférais lui parler maintenant, alors que j’étais un peu plus apte à m’ouvrir, plutôt que d’attendre et de me braquer. Ça ne serait qu’une partie du secret que je trimbalais depuis tant d’année, mais elle en aurait au moins le début. Et je ne voulais pas qu’elle ait la surprise en tombant sur lui en le prenant pour moi ou en croyant que je me foutais de sa gueule.

« Tu peux me déposer sur le canapé? C’est pas grave si je mange dessus, ça t’éviteras juste un voyage à me trimballer. »

Autant lui rendre la vie un peu plus simple…
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Dim 30 Sep - 17:24

Mes yeux étaient posés sur Jay, inquiet sur le fait qu’il puisse avoir mal dormi. En même temps, c’est lui qui m’avait tiré contre lui pour me serrer dans ses bras comme on sert une peluche lorsque l’on est enfant. Et moi j’aurais dû partir, plutôt que de rester bien tranquillement dans le creux de ses bras. Mais après tout… J’étais si bien dans ses bras, et ça me manquait. Cette relation entre nous. Cette façon qu’on avait toujours eu de veiller l’un sur l’autre pendant les deux premières années de notre relation. Je me demandais encore ce qui serait advenu de nous si Jay n’était pas parti en vrille pendant six ans. Est-ce que… Est-ce que nous aurions… Je n’arrivais pas à formuler cette pensée, et je préférais ne même pas essayer. Après tout ça, tout ce que je devais déjà encaisser et gérer en ce moment, je n’étais pas capable de gérer tout le reste. C’était beaucoup trop compliqué à subir. J’en avais déjà marre de me débattre avec mes sentiments traumatiques, je n’étais pas capable de gérer autre chose. C’est d’ailleurs sûrement pour ça que j’avais fui Ryan. Comment ne pas vouloir rester avec un homme aussi tendre et chaleureux que lui, quand bien même il ignorait tout de moi, et que je n’avais eu de cesse de l’énerver, de le chercher, particulièrement au début de notre rencontre. Et on se demandait pourquoi je ne savais plus où j’en étais maintenant.

« Ca t’apprendra à jouer au héros. Laisse ça à ceux qui savent ce qu’ils font. C’est pas le rôle pour un idiot, le rétorquais-je avec un petit sourire. Et ne fais pas trop de blague sur mon poids, je risquerais de t’écraser »

Je n’avais qu’à m’asseoir sur sa poitrine. Il n’était sûrement pas en état de soulever plus de cinquante kilos rien qu’avec la force de son diaphragme. Heureusement pour moi, il ne fit aucun commentaire sur ma phrase lorsque je lui avouais, avec plus ou moins de délicatesse, que j’étais heureuse qu’il soit encore en vie. Et, fort heureusement, il m’avait laissé partir pour me reprendre sans même essayer de me retenir. A dire vrai, lui aussi semblait plutôt troublé par ce que je venais de lui dire. Enfin je n’en étais pas sur puisqu’il cherchait à me dissimuler ses émotions, ce qui rendait les traits de son visage difficile à cerner.

« Un truc à me dire ? demandais-je en penchant la tête sur le côté, levant les sourcils, soudainement curieuse. Tu m’intrigues, maintenant j’ai envie de savoir »

Ou pas en fait. Tout dépendait de ce qu’il avait à me dire. Je ne voulais pas qu’il se mette à m’annoncer des choses… Enfin, certaines choses qui nous concernait d’un peu trop près. Et puis, il fallait avouer que j’avais peur qu’il me pose des questions à propos de la dernière année écoulée. Je ne me sentais pas prête à lui dire ce qui s’était passé. Je n’arrivais déjà pas à me l’avouer toute seule alors le dire à quelqu’un à voix haute… Non, c’était impossible.

Je finis par saisir un de ses t-shirt et le tendre.

« Eh bien tu as qu’à mettre ça d’abord » Puis je marquais une pause, et étirais un petit sourire en l’entendant. Et monsieur le maniaque va accepter de manger sur son canapé en prenant le risque de tout renverser dessus ? Eh bien, tu es prêt à faire des sacrifices pour me faciliter la tâche il faut croire »

Je m’amusais un peu de sa maniaquerie, comme lui s’amusait de mon côté bordélique, relativement normal comparé à d’autre.

Finalement, je l’aidais à lui enfiler son vêtement, essayant d’éviter de le toucher de trop, puis l’aidais à se lever, l’emmenant jusqu’au canapé, allumant la télé pour éventuellement comblé le vide de conversation. Je partis prendre deux bols de céréales, lui préparant également un café, et pour moi, je me fis un chocolat chaud. Je ramenais le tout pour le canapé, posant sur la table fasse à lui. Je m’assis à côté, mangeant le contenu de mon bol, et buvant mon chocolat à côté. On pouvait dire que c’était très enfantin de boire un chocolat alors que j’étais âgée de vingt-six ans, mais je ne supportais la caféine qu’en capuccino avec plein de lait et de sucre, ou en soda caféiné. Pour le premier, seuls les endroits qui vendaient des cafés arrivaient à les faire comme je les aimais, et je n’avais pas acheté de soda. Juste du chocolat. Ca n’avait pas d’importance. Jay me connaissait de toute façon, et je n’avais pas honte de mes goûts.

Je terminais presque avec lenteur mon petit déjeuner, une chose que je prenais de moins en moins souvent d’ailleurs. En fait, j’allais lentement parce que j’hésitais à vouloir entendre ce qu’il avait à me dire. Sauf que mon bol n’avait pas un contenu illimité, et il finit vide un peu trop rapidement, tout comme ma tasse. Je finis par me tendre et poser le tout sur la table basse. Je me rassis, le dos contre le canapé. Je ramenais mes jambes sur les coussins, les laissant tomber sur le côté. J’évitais de regarder Jay, angoissé à l’idée de ce qu’il allait dire. Je n’étais pas sûr de vouloir entendre ce qu’il avait à dire finalement. Stressée, je tirais sur mon haut pour le remettre en place, et essayais de replacer correctement mon dos pour trouver une position confortable. Sauf qu’elle ne l’était jamais assez.

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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Dim 30 Sep - 18:11

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Son commentaire sur le fait que je jouais au héro ou qu’elle risquait de m’écraser m’avait fait rire. Elle n’avait pas vraiment tord. J’avais tendance à être un peu impulsif, même à la chasse, bien que je m’étais un peu calmé avec les années. Mon défaut étant de vouloir toujours tout prendre sur mes épaules pour éviter que les autres se fassent blesser, quitte à prendre les coups à leur place. Résultat, je passais bien souvent pour un idiot qui n’avait pas conscience du danger, alors qu’en fait, si. Un peu trop même. Je détestais savoir des innocents,  des collègues, des amis ou des proches en danger. Ça m’insupportait. Tout comme ça m’insuportait de savoir qu’elle avait pu vivre quelque chose d’assez traumatisant et qu’elle refusait de m’en parler. Les seules suppositions que je parvenais à me faire ne me plaisaient pas du tout, et j’aurais préféré réussir à les effacer et les oublier entièrement, ce qui était difficile vu mon côté un peu trop protecteur.

J’étirai un petit sourire énigmatique, sans lui dire de quoi il retournait, bien que je voyais qu’elle semblait soudain assez nerveuse. Je ne fis aucune remarque, regardant le vêtement qu’elle me présentait.

« Ça m’arrive d’être sympa! »
Je lui avais tiré une petite grimace, la laissant ensuite m’aider à enfiler le t-shirt, puis à me lever et me mener jusqu’au canapé, sur lequel je m’installai aussi confortablement que je le pu.

Je zappai les différentes chaînes, regardant les infos, dans un vain espoir d’entendre quoi que ce soit concernant Blaire ou les récents disparut. Ça m’inquiétait de plus en plus, et j’avais l’impression que le fait d’être coincé dans mon appartement, sans pouvoir retourner la chercher, augmentait mon inquiétude. Mon impuissance grandissait en même temps que l’énervement que je ressentais à cause de ça, et je changeai de chaîne, le mettant sur un truc où ils passaient des petits films à la con nul à chier. Je tournai ensuite la tête vers Ellana qui revenait avec les deux bols, le café et son chocolat chaud. Je la remerciai, commençant à manger, sans tout engloutir non plus. Je cherchais encore la façon dont j’allais commencer à parler, incertain de ce que je devais ou ne pas dire. J’en avais marre d’avoir des secrets pour elle, même si je ne me sentais pas près à absolument tout lui dire, par crainte. Elle pouvait au moins connaître une partie de cette vérité.

La regardant de temps en temps, je remarquais assez facilement qu’elle était nerveuse, et j’étirai un petit sourire, déposant mon bol de céréale vide sur la table, prenant la tasse à la place et prenant quelques gorgées. Je trouvais d’ailleurs ça assez chou que ses goûts n’aient pas changé depuis tout ce temps. D’aussi loin que je me souvienne, elle avait toujours prit du chocolat chaud, chose que je ne lui reprochais pas, loin de là. J’aimais bien en prendre de temps à autre, le goût du chocolat me réconfortant dans mes moments où je me sentais un peu sur le fil avec ma dépendance. On devait bien se trouver un ancrage quelque part, aussi bête soit-il.

« Si ça peut te rassurer, c’est rien nous concernant… pour le moment. » fis-je en tournant un regard en coin vers elle.

Je pris une autre gorgée et abaissai la tasse, faisant tout de même attention à ne pas la poser trop près des blessures, puis me raclai un peu la gorge, passant mes doigts sur ma joue, puis ma mâchoire.

« Ça concerne plutôt mon passé, dont je n’ai parlé qu’à… très peu de personne. Je pense même que personne n’est au courant, pour te dire. »

Mes yeux se rivèrent sur le liquide marron, mes doigts tapotant les rebord de la tasse, cherchant toujours mes mots. Je lâchai un soupir, les souvenirs et les émotions que j’avais ressentit en apprenant ce que je voulais lui dire me revenant d’un coup, mais je tentai de les mettre de côté.

« Jack et Amy ne sont pas mes vrai parents. J’ai été adopté. » Je tournai la tête vers elle, mon ventre se tordant un peu, comme à chaque fois que j’y repensais. « Jusqu’à tout récemment, je croyais que mes parents biologiques m’avaient abandonné et vendu à une meute de loup-garou. J’en connaissais pas la raison, mais c’était ce qui me semblait le plus logique. C’est mes parents adoptifs qui m’ont trouvé dans leur planque et m’ont ramené. »

Nouvelle pause, prenant une gorgée de mon café. Je tremblais un peu, non pas de froid, mais plutôt de stresse. Me rappeler mon adoption ou simplement mon père, c’était quelque chose d’assez douloureux, même après tout ce temps passé.

« Ils m’ont bien élevé, jusque là tout va bien. J’avais même une sœur, avec laquelle je m’entendais bien au début, puis elle s’est éloignée et m’a laissé tombé. Là où je veux en venir en fait… »

Mes sourcils se froncèrent, mon regard à nouveau captivé par le café, je me mordis la lèvre et me passai une main sur le visage, ne sachant trop comment abordé le sujet suivant.

« Hm… en fait… j’ai appris il y a quelques semaines…  que euumh… » J’avais encore du mal à prononcé ces mots, bien que je m’étais mentalement fait à l’idée. Le dire et donc le reconnaître, c’était… plutôt différent quand même. « mes parents biologiques ne m’avaient pas abandonné… en fait, j’ai été déclaré mort né et l’un des médecins, pour une raison obscure que j’ignore, m’a vendu. J’ignore tout des détails concernant cette affaire mais… »

Je me forçai à redéposer ma tasse sur la table, ma main s’étant mise à trembler comme une dingue. Je croisai mes doigts entre eux, les fixant en essayant de remettre de l’ordre dans mes pensées. Avouer cette histoire pouvait peut-être sembler ridicule pour certain, mais pour moi, c’était… compliqué.

« j’ai aussi appris… que j’avais une sœur… mais surtout, un frère jumeau. C’est d’ailleurs lui qui m’a tout dit. » soufflai-je, relevant la tête pour la regarder.

Mon regard s’était humidifié au fil de mes paroles, alors que je pensais être capable de tout lui avoué sans le moindre problème. Fallait croire que le sujet restait assez sensible pour que je sois incapable de bien mettre mes émotions en ordre.

« Je voulais que tu le saches avant de tomber sur lui… »

Je me tus, attendant sa réaction avec une certaine appréhension. Elle comme moi, on s’était tout caché de notre passé, depuis tellement d’année, que ça me faisait vraiment bizarre de tout lui dire. Évidemment, je ne lui avais pas tout dit, ça serait trop long et chiant surtout, mais elle connaissait l’essentiel.
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Lun 1 Oct - 12:46

Mes yeux se posaient sur les images que diffusait la télé. Ils parlaient encore des disparus. Cela m’inquiétait, car ça concernait un certain nombre de personne. Je me demandais si c’était en lien avec des Créatures, ou si ce n’était qu’un heureux hasard et que c’était simplement à cause des Humains qui étaient pris d’une certaine folie. Vous savez quoi ? Cette théorie n’avait aucune crédibilité. Pas dans cette ville. Ici, j’avais toujours l’impression que chaque crime était relié à une Créature. C’était un fait assez ironique lorsqu’on connaissait l’histoire de cette ville. Ce n’était pas pour rien qu’elle s’appelait Ross, et je me demandais d’ailleurs ce que faisais cette famille pour laisser autant de Créatures proliférer dans leur ville. A croire qu’ils étaient partis en vacances. Si encore c’était des Holmes ou des Avery, ces deux familles avaient tendance à suivre le code, voir même à aider les Créatures, alors les laisser vivre ici ne leur poserait pas de problème, mais les Ross ? Eux qui tuaient quasiment par plaisir, et n’importe quelle Créature, des meurtriers ou non, voir même des enfants. Ils tuaient tout le monde, et voilà que leur ville était envahie par eux – ou plutôt nous. A croire que quelque chose nous attirait tous ici. Peut-être était-ce pour ça que je n’arrivais pas à fuir cette ville, malgré tous mes efforts. Sauf qu’à chaque fois que je tentais de partir, je finissais toujours par revenir ici, ou par abandonner avant même d’avoir fait mes valises. C’était très frustrant de ne pas savoir ce qui me retenait ici, ou même, de ne pas pouvoir partir. A cause de ça, je n’étais pas capable de fuir Jay, et j’en avais pourtant envie, surtout avec ce qui se passait là entre nous. Enfin, pour le moment on était juste assis sur un pauvre canapé, à attendre nerveusement qu’il se mette à parler, mais toutes les autres fois où je me laissais aller avec lui me faisaient vraiment peur.

Finalement, Jay changea de chaine, et je me demandais s’il s’inquiétait pour Blaire, qui faisait partie des disparus. Le connaissant, sûrement. Qu’ils se connaissent beaucoup ou non, il s’inquiétait forcément pour elle, parce que ce type jouait au héros, et qu’il protégeait les innocents, encore plus s’il tenait à elle. Mon esprit se mit doucement à se demander s’il le ferait pour moi si un jour il apprenait pour ma nature et ce que j’avais fait. Je savais bien qu’il ne se gênait pas vraiment pour tuer des Humains aussi horrible que les Créatures. Comme la dernière fois où il avait tué ce violeur sans sourciller. Cette pensée me rassurait un peu, parce que ça voulait dire qu’il ne me détesterait pas pour ça… Enfin…. Moi je ne l’avais pas tué d’une balle dans la tête non. Je l’avais tué en le carbonisant vivant. Une mort horrible, douloureuse, sadique. C’était peut-être l’essence de cette Créature d’ailleurs. Je ne me sentais pas aussi changer, mais je n’avais peut-être pas remarqué encore à quel point je pouvais l’être devenue… Surtout durant l’année où j’avais cherché à enterrer ma conscience durant tout ce temps. Au final, j’avais beau me dire qu’il pourrait l’accepter, j’étais quand même terrifiée de lui dire, mais lequel m’effrayait le plus, je ne savais pas. Lui avouer que j’étais un monstre carbonisant tout sur son passage, lui avouer que j’avais tué un violeur, ou pire… Lui dire que c’est moi qui avais subi ses déviances, que j’avais été trop faible, trop idiote, trop imprudente pour voir la drogue qu’il avait glissé dans mon verre. Trop faible pour le repousser lorsqu’il m’avait emmené avec lui. Trop faible pour le frapper lorsqu’il avait commencé à retirer mes vêtements. Trop faible pour lutter, ou simplement pousser un cri. Juste trop faible. Je ne voulais pas qu’il me voit comme ça.

Je me sentais partir dans mes sombres pensées. Sombres pensées desquelles Jay réussit à me tirer en me parlant. Je tournais les yeux vers lui en l’entendant, me retenant de lâcher un petit soupir de soulagement lorsqu’il avoua que ça ne nous concernait pas nous. Sauf qu’il avait rajouté pour le moment. Je me demandais si c’était pour me mettre la pression, ou simplement pour s’amuser avec mes nerfs. Je chassais rapidement ses pensées, en remarquant à quel point il semblait nerveux, tout comme moi. Et je compris pourquoi lorsqu’il reprit la parole. Je m’installais un peu mieux pour observer les traits de son visage, adoucissant les miens. Jay ne m’avait parlé que très peu de son passé, si ce n’est pas du tout. Je savais qu’il avait une sœur avec qui il ne s’entendait pas très bien, même s’il ne m’avait jamais expliqué pourquoi, et que son père était mort. Pour le reste… Eh bien ça restait assez flou en fait. Mais nous avions toujours été très secret, c’est pour ça que ça me surpris qu’il cherche à m’en parler. Surprise et à la fois heureuse qu’il veuille se confier à moi. Des sentiments toujours aussi contradictoires vis-à-vis de ce que je ressentais pour lui à côté. Mais à force, j’avais l’impression que je n’arrivais pas à ressentir des choses logiques. A croire que les sentiments n’avaient rien de logique.

J’écoutais attentivement ce qu’il me disait, son histoire, sans l’interrompre, sans chercher son regard puisqu’il ne préférait l’éviter. Je restais éloigné pour ne pas qu’il se sente oppressé. Pourtant j’avais envie de prendre sa main, mais je craignais que mon contact l’interrompe dans sa lancée. J’attendis qu’il termine, passant par plusieurs émotions. La surprise, la joie, l’angoisse, et ce sentiment de similitude vis-à-vis de son histoire et de la mienne, malgré que la mienne soit finalement très différente. Mais je pouvais comprendre le sentiment d’abandon, et de rejet, même si ça restait encore assez jeune pour moi et que je n’avais pas vécu ça toute ma vie. En voyant son regard larmoyant, je ne pus qu’être touchée et attristé. Je n’aimais pas le voir ainsi. Je me redressais, m’approchant de lui. Doucement, je glissais une main sur la sienne, venant la presser avec douceur, mes yeux plongeant dans les siens d’un regard doux.

« Ca n’a pas dû être facile d’apprendre tout ça… De découvrir que tout ce en quoi tu croyais n’était pas la vérité »

J’essayais d’agir avec douceur, de ne pas le brusquer, tout en cherchant à lui parler, mettre des mots sur ce qu’il avait sûrement ressenti pour l’aider à voir plus clair. Sauf que je n’étais pas très douée pour ça. Kaitlin aurait sûrement été bien plus douée pour ça. Non, elle aurait tout simplement été plus douée que moi. C’était en partie son travail en même temps.

« Comment est-ce que tu t’es senti en découvrant ça ? le questionnais-je. Puis je me rendis compte que c’était peut-être un peu violent comme question dès le début. Ou alors tu préférerais peut-être me parler de ton frère. Comment est-il ? Un jumeau, ça a dû te faire bizarre. J’espère qu’il ne te ressemble pas trop, un deuxième Jay ça risque de faire quelques ravages, je ne suis pas sûr que la ville survive »

Je lui souris doucement. Je ne faisais pas de l’humour pour l’insulter, ou insulter ce qu’il m’avait dit. Je lui disais ça pour qu’il se calme un peu, pour qu’il puisse se confier un peu plus à moi s’il le désirait. Il semblait bien parti pour le moment, mais je craignais qu’il ne s’effondre. Si j’étais la première personne à qui il en parlait, alors il devait encore avoir du mal à réaliser tout ce que ça signifiait. C’était comme les Humains qui apprenaient que le surnaturel n’était pas aussi faux qu’ils ne le pensaient. Leurs croyances s’écroulaient, et il ne restait plus que le doute.

N.23
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Lun 1 Oct - 13:51

Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent

Ellana & Jay
Ce que j’avais pu ressentir le soir où j’avais découvert pour mon frère me revenait par vague. Me rappelant comment je m’étais senti à ce moment-là. Comment mon ventre s’était contracté et comment je m’étais laissé aller à pleurer comme un gamin parce que c’était beaucoup trop d’un coup. D’apprendre que tout ce que j’avais toujours pensé était un mensonge. J’avais réussis à me faire une carapace quand j’avais appris mon adoption, mais maintenant… cette carapace se fissurait pour essayer d’accepter la vérité, et j’y arrivais, oui et non. On aurait dit que je voulais encore croire à mon abandon, pour une raison quelconque. Peut-être parce que je l’avais cru tellement longtemps que c’était ce qui me faisait le moins mal… ou alors que je m’étais dis que je le méritais? Ma gorge se serrait à nouveau et je peinais à garder une certaine maîtrise de mes émotions, là où j’avais réussis à les garder enfermé ces dernières semaines. De me livrer ainsi, pour la première fois, c’était bien plus difficile que je le croyais. Je me sentais mis à nu et vulnérable.

Je m’étais un peu crispé en la voyant approché, sans savoir pourquoi je me braquais autant, mais je me détendis presque aussitôt en sentant sa main sur la mienne, son regard plongé dans le mien. Je m’y perdis un moment, son contact me redonnant la force qu’il me fallait pour continuer. Ou simplement pour rassembler mes pensées en fait. Mes lèvres avaient tremblé légèrement à sa première phrase, puis j’avais détourné les yeux pour regarder sa main posé sur la mienne, la retournant pour serrer ses doigts dans les miens comme j’aimais bien le faire. Je ne savais pas trop pourquoi ça me réconfortait autant, mais c’était l’effet que ça me faisait. Je soufflai doucement, reprenant une certaine contenance et essuyant mes yeux avec ma main libre avant de lui répondre.

« J’en sais rien… un mélange de trouble, de colère… et de joie. »

Je m’arrêtai un moment, n’arrivant plus à mettre les mots comme je le voulais ou simplement à les dire. Un petit rire m’échappa à sa blague, et je tournai la tête vers elle, mes lèvres étirés en un petit sourire amusé.

« Disons que comme première rencontre ça aurait pu mieux se commencer… il a voulu me bouffer. » Je laissai un petit temps entre ce que je venais de dire et la suite, cherchant encore mes mots. « Au début j’ai cru à un métamorphe pouvant prendre une autre apparence. Sauf que je comprenais pas pourquoi quelqu’un prendrait mon apparence, je suis personne d’assez important pour ça. »

Qui voudrait prendre l’apparence d’un mec alcoolique qui a des difficultés à garder ses relations avec ses proches après tout?

« Et il a pensé la même chose apparemment… sauf que hm… de ce que j’ai compris de lui, il a pas mal d’ennemi, donc il pensait que je lui voulais du mal, comme il me croyait mort et enterré depuis une trentaine d’année. » Je me mordis la lèvre, ne sachant pas comment annoncer ça sans passer pour le chasseur irresponsable qui laisse fuir une créature aussi dangereuse que l’était Zayne.

« On est identique en apparence… niveau personnalité j’en ai aucune idée… mais… » j’étouffai un rire nerveux, presque amer en fait. « La seule personne de ma famille que je retrouve, est une saloperie de wendigos. D’où le fait qu’il voulait me bouffer. »

Je tournai la tête pour la regarder, me demandant comment elle allait réagir à cette nouvelle. Après tout… les wendigo bouffaient des gens. Ça faisait parti des créatures les plus dangereuse à mon sens, avec les vampires. Et encore, eux laissait des cadavres derrière eux… mais pas les cannibales. Tu parles d’une famille de dingue. Un jumeau wendigo et l’autre était un incube.

« Je suis complètement perdu Ella… je sais même plus si je suis heureux ou inquiet de savoir enfin la vérité. Je suis… frustré et anéantit… » Ma main se serra un peu plus sur la sienne, mon autre main se refermant en poing alors que je détournais à nouveau le regard. « Et j’ai une putain d’envie de retrouver ce médecin et de lui foutre une balle entre les deux yeux, t’as même pas idée. »

Ma colère prenait à nouveau le pas sur ma tristesse, et je dû fermer les yeux pour me calmer un peu. Sans compter mon énervement d’être enfermé chez moi sans pouvoir faire tout ce que je voulais. Retrouver Blaire, aller voir mon frère, retrouver ce médecin de merde… j’espérais qu’il était encore en vie pour pouvoir me défouler un peu. Ce type était loin d’être un innocent à mes yeux et je n’aurais aucun remord à le tuer, comme pour ce violeur qui s’en était prit à Ella et à cette pauvre fille.  

« Je fais pas confiance à mon frère. »
lâchai-je finalement.

J’hésitai un moment avant de continuer, honteux de devoir lui avouer ça. Mais je ne voulais plus de mensonge. Du moins… ce que je pouvais raconter. Ce n’était pas le moment de faire des confessions sur ma nature.

« Pour tout te dire… » Je me détournai carrément, fixant les rideaux du  salon, angoissé. « Déjà… parce que certaine chose me semble louche… et de deux… bordel j’ai carrément honte de dire ça… »

Elle qui connaissait mes antécédents… Comment allait-elle le prendre?

« Lui et moi on a discuter, et j’étais… j’étais dans un moment de faiblesse, j’arrivais plus à réfléchir correctement, mais c’est pas vraiment une excuse… il m’a payé un verre, plusieurs autres je crois. J’ai perdu le compte. Mais je pense qu’il a fait exprès de me saouler. »


Et cette idée m’effrayait, parce que je ne me rappelais presque plus de ce que j’avais dis. Et ça me faisait chier, parce que je m’étais promis de faire attention. Je passai ma main dans mes cheveux, nerveux et cherchant à éviter son regard. Elle plus que quiconque savait l’effet que l’alcool pouvait avoir sur moi. Elle en avait payer les frais, et j’avais pu voir les restant de cette période sombre ce matin même sur son abdomen. Les larmes me remontèrent aux yeux, mais cette fois-ci l’eau s’échappa sur mes joues et ma gorge se comprima. Je détestais cette sensation de désespoir que je ressentais.

« Je m’en veux tellement de m’être fait avoir bon sang… »
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‟ There is not much difference between madness and devotion ”
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MessageSujet: Re: [Hot] Quand les barrières tombent, les secrets se dévoilent [Ft. Jay]  Lun 1 Oct - 18:28

Durant tout le temps où ils s’étaient exprimés, j’avais pu voir un certain nombre d’émotions passer sur le visage de Jay. Je sentais qu’il essayait de me les dissimuler, ou de paraitre fort, mais je le connaissais si bien que, même de profil, je réussissais à distinguer les petites expressions qui le trahissaient. Ses traits m’étaient si familier à dire vrai que je pourrais les dessiner les yeux fermés. Alors je voyais bien l’angoisse tirer ses traits, la peur aussi, le soulagement peut-être aussi. Il devait être heureux d’avoir une réponse à toutes les questions qu’il se posait, mais être effrayé par celle-ci aussi. J’imaginais à quel point ça devait être dur de découvrir tout cela… Je voyais bien qu’il essayait de rester fort, et ça ne me surprenait pas. Il était comme moi après tout. Il ne voulait pas me montrer ses émotions, ses faiblesses. Il ne voulait pas être mis à nu. Je le comprenais si bien, parce qu’il me ressemblait, parce que j’étais comme lui. Si moi aussi je devais me confier à lui de la sorte, lui parler de ma famille, de leur mort, de mon cher frère. Lui parler aussi d’Edward, de sa trahison, de son abandon, et de lui-même. Je ne pensais pas être capable de tout lui dire et pourtant… Moi aussi je ressentais ce besoin de tout lui dire, comme lui semblait en ressentir le besoin. Sauf que je ne m’en sentais pas capable. Je manquais de confiance en lui, mais pas que. C’était douloureux, même après tout ce temps, et ce n’était pas le bon moment de toute façon. Je le trouvais incroyablement courageux de me confier tout ceci alors qu’il venait tout juste de l’apprendre. Il ne l’avait pas encore accepté, ça se voyait à la façon dont il m’en parlait, ni même prit le temps de comprendre les sentiments qui l’assaillait.

Je l’avais vu se crisper lorsque je m’étais approchée, et avais failli reculer en voyant sa réaction. Il me dévoilait ses sentiments, il était vulnérable à ce moment. Vulnérable, et seul. J’avais tendu la main pour la lui saisir, avec douceur, sans brusquerie. Et il s’était détendu presque aussitôt. Je soutins son regard lorsqu’il plongea ses yeux verts dans les miens. Ce simple regard provoqua une étrange sensation chez moi, créant un lien entre nous que j’avais cru perdre pendant un moment. Il semblait y chercher de la force, alors je ne cherchais pas à briser le lien, attendant que lui le fasse. Je serrais ses doigts, répondant à son étreinte. Mon pouce vint doucement masser le dos de sa main. Je continuais de le regarder avec douceur, et tendresse, l’écoutant attentivement, ne le forçant en rien à me raconter s’il ne le voulait pas. Il cherchait ses mots, mais ne les trouvait pas, c’est pour ça que j’avais enchainé sur une blague, et sur des questions plus faciles. Je fus contente de voir que ma petite distraction fonctionna. J’essayais de dissimuler mes réactions face au terme de « bouffer » qu’il employait. Qui voulait bouffer des gens ? Je laissais pourtant échapper un petit sourire triste lorsqu’il évoqua le fait qu’il n’était pas assez important. Je ne pensais pas ça, même si j’étais glaciale avec lui, et assez horrible – même si j’étais bien loin de son niveau. Je me figeais en entendant son autre confession. Son frère était un Wendigo ? Je sentis immédiatement le cas de conscience que cela provoquait chez moi, et chez lui. C’était son frère, un membre de sa famille. Une famille qui l’avait abandonné. Et voila qu’il découvrait un frère et que toute cette histoire était complètement différente de ce en quoi il croyait. C’était assez déroutant. Les Wendigo était horrible, mais je ne pouvais pas lui en vouloir de l’avoir laissé en vie… Je sentais qu’il attendait mon jugement, et qu’il en avait peur. Mais je ne le jugeais pas. Sa main se resserra, et je réagis en retour, continuant mon massage.

Je le laissais finir écoutant toujours avec autant d’attention ses paroles. Qu’il ait à nouveau but à ce point aurait dû me décevoir mais… Mais ça ne le faisait pas. D’une parce que j’étais tout aussi fautive que son frère, bien que moi ça ne soit pas pour le faire parler. De deux parce que je savais qu’avec tout ce qu’il avait découvert, ce n’était pas si surprenant qu’il ait voulu replonger dans l’alcool. Doucement, je portais ma seconde main sur son menton, le tirant doucement vers moi pour qu’il me regarde. Je lui fis un sourire, remontant ma main pour venir caresser sa joue.

« Hey… Ne t’en veux pas d’avoir bu à nouveau. Après tout ce que tu as découvert, c’est normal. N’importe qui aurait bu dans ces cas-là. Ton monde s’est effondré. Tout ce en quoi tu croyais, l’abandon de tes parents, la découverte d’une famille, quand bien même elle ne ressemble pas à ce que tu as pu imaginer ou non »

J’essayais d’être aussi transparente que possible, et aussi sincère que je pouvais l’être. Je continuais de caresser sa joue avec douceur, mettant de côté mes propre sentiments – sur lequel je m’attarderais peut-être plus tard – et me concentrant sur les siens, sur ce qu’il pouvait ressentir.

« Toutes les émotions que tu ressens sont normales tu sais… La colère, la peur, et même la joie. Ton frère est peut-être un Wendigo, mais il reste ton frère, et tu viens de découvrir que tu n’avais pas été abandonné par les membres de ta famille. Ne crains pas ses émotions. Il va te falloir du temps pour encaisser tout ça, pour l’accepter. Ca remet en cause ta réalité. Je peux comprendre que c’est dur, mais ne craint pas de pleurer. Tu sais bien que je ne te jugerais jamais »

Je relève ma main, la passant doucement dans ses cheveux. Je le tirais doucement vers moi, le serrant dans mes bras.

« Et ne dis plus jamais que tu n’es pas important, murmurais-je, posant mon menton sur sa tête »

Je continuais de passer une main dans ses cheveux, mes pensées se tournant vers ce frère Wendigo. Pensait-il réellement que je pourrais les confondre ? Je connaissais Jay trop bien pour que quelqu’un puisse me tromper. Ce frère qui avait saoulé Jay pour le faire parler, pour le forcer à baisser ses défenses. Ce frère qui semblait avoir tant d’ennemis qu’il était persuadé qu’un Métamorphe puisse prendre son apparence. Ce n’était pas surprenant que Jay n’ait pas eu confiance en lui. moi-même, je ne le croirais pas.

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