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 Monsters, stuck in your head - Samael & Kait

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Humaine

J. Kaitlin Jefferson
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MessageSujet: Monsters, stuck in your head - Samael & Kait  Lun 14 Jan - 5:40

❝ One look in my eyes
And you're running 'cause I'm coming
Gonna eat you alive.. ❞
Monsters, stuck in your headJ'ai froid. La peur se déversait dans mes veines, me plongeant dans un bain qui tétanisait tous mes muscles jusqu'à paralyser mon esprit. Elle me recouvrait comme une seconde peau, dont je ne parvenais pas à me débarrasser. Mes limites se posaient là. J'en suis là. J'avais l'impression de me débattre dans une mélasse épaisse qui s'engouffrait entre mes lèvres pour couler dans les abysses de mon âme cachée derrière ses barricades. Chaque inspiration brûlait ma poitrine dont le taux de compression m'empêchait de gonfler mes poumons de cet air si précieux. Je veux me réveiller. Mais, ce n'était pas un rêve, Ellana m'avait bien entré cette idée dans le crâne, malgré ma panique. Je suis terrorisée. Ces cauchemars qui m'assaillaient chaque nuit vampirisaient ma raison, ces angoisses sourdes me pliaient en deux et ce sentiment d'abandon me jetait aux ténèbres. Je suis sous le choc. Les images se superposant sur le visage de Samael quand je posais mon regard sur lui en témoignaient. J'étais consciente de fuir le lieutenant à la moindre occasion, de manière inexpliquée, et cette pointe me déchirait le coeur à chaque fois que je trouvais un prétexte pour m'éloigner ou le repousser.  

Cette situation ne pouvait plus durée. Il me fallait exorciser. Samael méritait une explication, craignant que sa patience arrive à terme, il était plus sage de clarifier les choses entre nous. Car, je ne me mentirais pas, ce nous existait. Ça doit cesser. Aussi triste était cette pensée qui me fit frisonner, à moins que ce fut la présence d'une lame en argent dans mon manteau ? Ellana avait insisté, pour que je suive un entrainement, la présence de la morsure de Madison - que je n'avais jamais recroisé - puis les révélations du Ross Asylum avaient poussé la chasseuse dans ce sens - sans compter mon frère aîné. Ouais. Je n'étais pas vraiment capable de réfléchir convenablement ces derniers temps, alors je m'en étais remise à ma meilleure amie, faisant confiance à la rousse. Elle connaissait mon projet du jour, par ailleurs, à savoir me rendre chez le loup hybride pour lui parler avant que la culpabilité ne me ronge. Je veux t'aider, mais... En étais-je capable ? J'en doutais.

Samael, c'est Kaitlin, tu peux m'ouvrir ? La porte de la résidence se déverrouilla, me permettant de gravir les escaliers jusqu'à la porte du lieutenant. Respire, Kait. Respire. Je manquais d'air. Encore. Mon cœur manqua un battement lorsque la silhouette du brun apparu sur le pallier. Un sourire vint dissimuler ma détresse intérieure alors que j'entrai après son invitation, me faufilant dans le salon où la chaleur ne fut pas suffisante pour chasser la fraîcheur de ma peau. Ne pas l'embrasser. Je me tournai vers Samael, les paroles de l'incube revenant dans mon esprit, ne sois pas trop dure avec lui. Ouais, sauf que cette conversation risquait d'être d'une violence inouïe. Samael... écoute, il faut qu'on parle... de plusieurs choses... Généralement, quand la discussion commençait ainsi, ce n'était pas bon. Le pire ? Cette maudite douleur qui s'éveillait dans ma poitrine alors que ma décision était prise. Allais-je encore fuir comme à l'époque d'Alec ? Peut-être.

Je dénouai mon écharpe, gardant mon manteau en guise de bouclier, puis pris une grande inspiration avant de remonter mon regard vers le lieutenant. Cette conversation risque d'être difficile pour toi et... pour nous. ... tu devrais t’asseoir. Ma voix s'était teintée d'excuses, des milliers d'excuses dans une seule intonation, puisque mes yeux se défilèrent. J'étais hantée par ces photographies, ces rapports et cette putain de vérité. Je suis consciente d'avoir été distante, voir fuyante, ces derniers temps, mais... Je sais ce que tu es, Samael. Et, je sais pourquoi ainsi que comment tu es devenu différent depuis ta disparition. Bordel, que c'était difficile. J'ignorais s'il voulait les réponses à certaines questions, notamment le "comment". Je suis désolée, Samael, mais les choses entre nous ne vont plus pouvoir continuer sur cette pente, que tout ceci soit réel ou non. Je veux que ça cesse. J'espère que tu comprends... que tu comprends que je ne peux rien contre ta nature de triton. Alors, je préfère que l'on y mette à terme, avant que nos sentiments deviennent incontrôlables. Je suis prête à t'aider sur ta disparition et les blocages de ton esprit, mais je ne peux pas mettre ma vie en jeu, tu comprends ? J'avais envie de pleurer, mais mes yeux restèrent dénués de larmes.


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Samael A. Lorez
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MessageSujet: Re: Monsters, stuck in your head - Samael & Kait  Sam 19 Jan - 17:32

❝Peu importe comment je te tends ma main. Tu seras toujours hors de ma portée❞Comment peux-tu te réveiller d'un cauchemar si tu n'es pas endormi ?Qu’est-ce qui se passe ? Je suis allongée sur mon lit, les yeux posés sur mon plafond, un bras glissé sous ma tête. Ouais, qu’est-ce qui se passe avec Kait ? Je comprends pas son comportement en ce moment. Elle passe son temps à me fuir. Chaque fois qu’on se retrouve dans la même salle, elle fait en sorte de partir, ou, si elle n’a pas le choix, elle évite mon regard. J’ai essayé de lui parler, de lui envoyer des messages, mais chaque tentative reste infructueuse. J’ignore ce qu’elle a, pourquoi elle me fuit. Je pensais que ça s’était amélioré entre nous après que je l’ai étranglé par mégarde. Qu’elle m’avait pardonné mon acte, ou me laissait une chance de le faire. J’avais l’impression que tout allait un peu mieux, qu’elle pouvait croire en moi, savoir que je serais toujours là pour elle. C’est ce que j’avais fait lorsqu’elle s’était effondrée après avoir revu son frère. Je ne sais pas trop pourquoi je suis venue la voir, comment j’ai su. Je l’ai su, c’est tout, et j’y suis allé. Je n’avais pas d’idée derrière la tête, je voulais seulement être là pour elle, sécher ses larmes, qu’elle puisse compter sur moi, puiser dans ma force, comme j’avais compté sur elle. Sauf que tout ceci semblait être brisé, et j’ignorais pourquoi. J’étais terrifié, en colère, angoissé, triste, désespérer, frustrer. Tant d’émotions que je ne comprenais pas tout à fait.

Merde !

Je me relève, l’oreiller en main et le lançais contre le mur. Puérile me direz-vous ? Oui, c’était puérile. Mais j’avais besoin d’exorciser ma colère, de la faire sortir avant qu’elle ne prenne le contrôle sur moi, que je ne me transforme et ne fasse un massacre sur de pauvres innocents. Il ne fallait surtout pas que je m’énerve. Je saisis ma tête entre mes doigts, tirant sur mes cheveux, prêt à arracher quelques touffes seulement pour me faire mal et extérioriser tout ça. Je l’avais déjà fait, quand j’étais plus jeune. Tendance autodestructrice pour faire sortir toutes mes émotions négatives. Longtemps que j’avais arrêté, mais avec tout ce qui se passait en ce moment… Merde ! Je posais mon poignet, hésitant, serrant les dents, m’apprêtant à faire sortir les griffes. C’est une connerie, je sais, mais je peux pas m’en empêcher. J’ai mal, je sais pas pourquoi, mon cœur saigne, souffre, pompe difficilement le sang pour l’envoyer partout dans mon corps. J’ai mal bordel. Tellement mal. Mal à en crever.

La sonnerie résonne dans mon appartement, comme un glas, sonnant l’arrivée de la fin. Je me figeais, puis me levais, appuyant sur le bouton de l’interphone. La voix de Kaitlin se fit entendre. Je serrais les dents, bien loin de la joie que je ressentais lorsque je l’entendais. Samael… Elle n’utilisait plus ce prénom en dehors du travail depuis que je lui avais confié que je préférais me faire appeler Aaron. Je serre les dents. J’ai envie de pleurer, de hurler, de frapper tout ce qui se trouve ici. Entre. Je déverrouillais la porte, et attendis, planté comme un idiot jusqu’à ce qu’elle frappe. Je pris une inspiration, prenant une expression froide, contenant mes émotions, et ouvris la porte. Mes yeux se posent sur elle, mon cœur tremble, je manque d’air, mais je reste froid. Elle sourit, un sourire de façade, mais moi je suis incapable de lui répondre. Je m’efface pour qu’elle entre, refermant derrière elle. Je m’avance dans le salon avec elle, son regard grave posé sur moi. Elle avait déjà posé les points sur les i, mais elle le refit. Samael… Je serrais les dents. Il serait temps ouais, Kaitlin. Lui rétorquais-je, prononçant son prénom entièrement, comme elle le faisait avec moi. Parce que j’étais à bout. J’avais déjà dépassé ma limite depuis longtemps, très longtemps. Elle m’avait tendu la main, et aidé à sortir du gouffre dans lequel j’étais plongé. Elle me tenait encore, alors que j’étais au bord, près à replonger à chaque instant, dès qu’elle s’éloignait de moi. Sauf que là, j’avais l’impression qu’elle allait me lâcher. Non. Elle va me lâcher. M’abandonner. Nin. Elle va me pousser. Héroïne un jour, tueuse le lendemain.

Mieux vaut pas que je m’assois. Elle ne me connaissait pas en colère, et j’étais incapable de tenir en place, malgré l’immobilité dont je faisais preuve. Je croisais mes bras nus, mon dos s’appuyant sur le comptoir de ma cuisine, mes yeux glacials posés sur elle. J’entendais ses excuses, mais j’ignorais si je pouvais lui accorder, parce que je savais qu’elle allait me quitter. Il n’y avait pas de nous. Pas officiellement en tout cas. Mais il était là, et nous le savions tous les deux. Puis elle parle. Je ne dis rien, je la laisse parler, terminer ce putain de monologue qui me donne envie d’exploser. Mes doigts s’enfoncent dans mes bras, mes griffes presque sur le point de se dévoiler alors que je tente de me contrôler, de prendre de profondes inspirations. J’ai l’impression de me faire poignardé, encore et encore, alors que je suis déjà à terre. Que je suis déjà mort.

Ah oui ? Tu sais que je suis un putain de moitié triton donc ? Et t’as appris ça comment ? Voix froide, parfaitement maitrisée malgré les sentiments qui hurlaient. L’inspecteur prend le dessus, parce que c’est la seule chose que je peux contrôler. Comme si son visage m’est insupportable, je me retourne, posant mes mains sur le comptoir, prenant une profonde inspiration. Je sens la peur chez Kaitlin, son désespoir, et sa tristesse. Mais surtout sa peur. Elle était terrifiée par moi. Je la terrifiais.Laisse tomber, c’est pas la question. J’essayais de me maitriser, de me calmer. Je le devais, mais j’avais mal. Tellement mal. Et tellement peur. Qu’est-ce que tu sais sur les tritons au juste ? Qu’est-ce que t’as pu apprendre sur eux qui puissent tant te terrifier ? Moi-même j’avais peur de moi, en plus de ressentir un profond dégoût de moi. En même temps je te comprends, qui a envie d’une putain d’abomination dans ses contacts ? Bordel… J’ai envie de hurler, et de pleurer en même temps, mais mes yeux sont secs. Je me redresse, et me retourne pour planter mon regard dans le sien. Que crois-tu ? Que je t’aie manipulé, que j’ai fait quoique ce soit qui puisse te nuire et te manipuler ? Si c’est ça, alors sors d’ici avant que je te tue. C’est de ça dont t’as peur pas vrai ? Ce que je pourrais te faire ? Elle ne me faisait plus confiance, plus rien. Ce constat me laissait un goût amer dans la bouche, et je me sentais sombrer à nouveau.

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J. Kaitlin Jefferson
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MessageSujet: Re: Monsters, stuck in your head - Samael & Kait  Dim 20 Jan - 6:35

❝ One look in my eyes
And you're running 'cause I'm coming
Gonna eat you alive.. ❞
Monsters, stuck in your headLa température de l'appartement était aussi glacial que son locataire qui m'acceuillit avec un détachement qui me retourna l'estomac. J'avais rarement été au fond du gouffre, mais il me semblait que mon être brisé s'éparpillait sur la surface abyssal, l'entrée du puit si lointaine m'empêchait de voir la lumière. Il ne restait plus que le regard d'acier de Samael, ce bleu dans lequel je me noyais agréablement auparavant, cet océan m'engloutissait littéralement. Il insista sur la totalité de mon prénom, comme des représailles à mes manières distantes et l'utilisation de ce prénom détesté. L'intonation de sa voix me fit frissonner, sentant une colère froide résonner, les plus dangereuses à mon sens. Je savais que cette conversation serait complexe et douloureuse, mais je n'avais pas mesurer à quel point. Après tout, ce nous n'avait été qu'aux prémices d'une histoire, chuchoté silencieusement. C'est différent avec toi, c'est toujours différent.

Une souffrance insurmontable enfonçait des millions d'aiguilles dans mon corps, au point de sentir chaque pulsation de mon coeur. Sa voix répondit à la mienne avec un calme anormal, alors que la mienne s'éteignit. Il ne détourna après ces questions sur sa seconde nature, puis un vent de panique me statufia et chaque inspiration devint une épreuve. Je ne parvins pas à reprendre la parole, entendant toutes les questions de Samael, jusqu'à son propre dégoût dans les vibrations de sa voix. Un dégoût qui se retourna contre moi-même. Ne sois pas trop dur avec lui, m'avait dit Jay. Il avait diverses manières d'aborder ce sujet avec le lieutenant, j'avais opté pour le pire, armée de mon égoïsme sans borne. Quelle conne.

Je sais pas. Je sais pas ! Ma voix monta dans les aiguës, retenant difficilement un gémissement de douleur. Il fallait que je bouge, alors je plongeai mes mains dans mes cheveux, me soustrayant à son regard. Tu ne comprends pas... Je ne comprends pas. Inspiration bloquée dans ma poitrine. Oui, j'ai peur, c'est la preuve qui me reste encore un peu de bon sens et envie de me débattre dans ce monde qui me dépasse totalement. Je ne veux pas être manipulée de manière intentionnelle ou, pire, non désirée pour terminer noyée par instinct à la fin. Et, c'est peut être moi qui te tuerai finalement dans une crise incontrôlable ! Je ne veux pas qu'on se fasse du mal, je ne supporterai pas que tout ceci soit faux ou se termine avec l'un de nous à la morgue, sans compter que... Les mots se retrouvèrent bloqués dans un étranglement, comme si on venait subitement de m'arracher le coeur, à moins que ce soit mon esprit qui cherche à se mettre en sécurité. Je suis en train de devenir folle. Vraiment. Je n'employais pas ces mots à la légère. Je crois que... je souffre d'un choc post-traumatique, si ce n'est pas de démence. Mon comportement est bipolaire et instable, je n'en dors plus, à cause des crises de panique. Et, des cauchemars que je fais de... toi. Si, la question avait son importance. Je me retins de fermer les yeux pour chasser ces images, ces mots et cette putain de réalité. Je ne suis pas assez forte pour supporter tout ça. Mon regard croisa celui du lieutenant, se posant sur ce visage que j'avais caressé et embrassé, où se superposaient des visions horrifiques. Oh, j'étais légiste, j'avais la triste habitude de voir des horreurs, mais... sur Samael, sur Aaron, ce n'était pas pareil. Encore une fois.



Tu as été... un sujet d'expérience. J'inspirai profondément avant de m'excuser. Je suis désolée. Je suis désolée, je n'arrive pas encore à gérer la lecture de ces dossiers. Je n'y arrive pas... parce que... parce que je t'aime. Je voudrais t'aider et être présente, mais... c'est trop dur. J'ai peur, oui, de tout, de ce que tu pourrais me faire, ce que JE pourrais te faire ou de ce qu'ILS pourraient te faire. Je ne sais plus. Parce que je savais de quoi se composait ses cauchemars, de violence, de tortures et d'abus inhumains. Ses paniques nocturnes qui devenaient les miennes, ses instants d'absence qui troublaient mon esprit et ses hurlements inconscients. Je savais. Je savais. Le savoir était une arme de destruction qui m'émiettait avant de me répandre aux quatre vents. Mon insouciance est morte. Je ne savais pas comment finirait cette conversation, mais ma commande de billets pour Washington était toujours en attente, puisque mon frère était aux abonnés absents, à nouveau. Un second billet pour mon neveu en prévision, à la recherche de sécurité chimérique auprès de mes parents, le temps nécessaire pour m'en remettre. Bordel, Kait... Il fallait me ressaisir !

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Samael A. Lorez
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MessageSujet: Re: Monsters, stuck in your head - Samael & Kait  Ven 25 Jan - 19:16

❝P eu importe comment je te tends ma main. Tu seras toujours hors de ma portée. ❞ COMMENT PEUX-TU TE RÉVEILLER D'UN CAUCHEMAR SI TU N'ES PAS ENDORMI ? Le froid me saisissait, s’infiltrait dans mes veines pour créer des frissons incontrôlables, créant un froid si intense qu’il me faisait mal aux os. J’étais presque indifférent à la température d’habitude, et encore plus au froid ces dernières semaines, mais pas cette fois. Cette fois c’était comme une vague mortelle, qui enserrait mon cœur et me faisait trembler malgré mes appuis au sol. J’avais cette foutue impression que le sol se dérobait sous moi et que je m’effondrais avec lui. Je n’étais pas étranger à cette situation, mon comportement provoquant cette tension entre nous, mais je ne pouvais pas agir autrement. C’était trop compliqué pour moi de tenter d’accueillir ses paroles avec calme et compréhension. J’avais déjà temps de choses à gérer, et si en plus je devais subir la pression que m’imposait cette discussion avec Kaitlin… Non, je ne pouvais pas gérer. Je ne gérais déjà pas le reste. Je m’accrochais à elle depuis ce moment passé ensemble, comme jamais je ne m’étais accrochée à quelqu’un. S’il te plait, ne fais pas ça… Ne pars pas. Je le supporterais pas. C’était si différent avec elle. Différent de tout ce que j’avais connu auparavant, même avec Hayley. Parce qu’elle m’avait rencontré dans la pire situation qu’il m’était arrivé, parce qu’elle m’avait aidé malgré mon comportement. Cette simple histoire d’un soir était allé si loin, et pourtant encore si jeune que j’en voyais à peine le début… Je ne pouvais pas la laisser partir et en même. Est-ce que ça ne vaudrait pas mieux pour elle ? La réponse était évidente, mais mon égoïsme me dictait tout autre chose.

Mon cœur se déchirait, se poignardait, était réduit en miette, puis écraser, puis enflammé pour qu’il ne reste que des cendres. La panique, le dégoût, l’horreur, l’égoïsme, la culpabilité, le doute, et… Et tant de choses. Merde ! Stop ! Je n’en peux plus ! Je veux que tout ça s’arrête. Je veux plus rien ressentir. Je veux le vide. Enfin ce putain de vide. Pas ce gouffre dans lequel je plongeais, mais ce vide, dans lequel je pourrais flotter et ne plus rien ressentir. Je hurle intérieurement, je la supplie de ne pas continuer. Mais elle finit par enchainer après la fin de mes phrases. Sa douleur me transperçait, mais je n’arrivais pas à l’accepter. Je n’étais pas en état. Pardonne-moi mon égoïsme.

Qu'est-ce que je comprends pas Kaitlin ? Que t’es peur de moi ? Bien sûr que si bordel je comprenais ça. J’avais peur de moi, je me haïssais plus qu’elle ne pouvait l’imaginer. Je haïssais cette part Triton qu’on m’avait foutu je sais pas comment. Je détestais ces cauchemars, ces visions, ces crises de panique. Je détestais ce monde. Tu es ma seule lumière dans ces ténèbres Kait. La seule que je supportais. Son éclat m’avait frappé de plein fouet et, tel un papillon, je m’étais approché et, comme le papillon, je me brûlais les ailes. Enfin, ce qu’il restait de mes ailes si je peux dire. Elle m’avait éclairé de sa splendeur, de sa chaleur, et maintenant je n’avais plus rien. Et ce vide s’accentuait à chaque mot qu’elle prononçait, que la douleur s’intensifiait à un tel degré qu’elle en était insoutenable. A tel point que je ne pouvais pas la laisser finir sa phrase. ‘‘Sans compter’’. Non, je ne veux pas compter, je ne veux pas la laisser parler pour le reste alors qu’elle est persuadée que je suis un connard… Tu crois que je t’ai manipulé ? Que tout ce qui s’est passé était faux ? Tu crois que tout ça n’avait pas la moindre importance pour moi ?! Ma voix s’éleva un instant sur ces derniers mots et je dus prendre une profonde inspiration pour reprendre le contrôle de ma voix. Et les instincts ça se contrôle, sinon tous les loups tueraient à la pelle. Alors oui, je t’ai séduite par instinct lorsque nous nous sommes parlé dans cette salle de pause, mais c’est la seule chose. Tout le reste était vrai. Plus vrai que tout ce que j’ai vécu ces dernières années. Tellement réel que j’avais l’impression que ça en devenait irréel.

Ses mots suivant me brisèrent le cœur. Non Kait, tu n’es pas folle. Certainement pas. Je serrais les poings, la mâchoire, si fort que je me faisais mal. Par ma faute elle faisait tous ces cauchemars… Par ma faute. Ma putain de faute. Elle devrait partir. Loin de moi. Cela vaudrait mieux pour elle. Des… Cauchemars ? Quel genre de cauchemar ? Moi en train de la noyer ? Moi qui lui faisais du mal ? Non Kait… Ne rêve pas de ça, je t’en prie… Jamais je ne te ferais de mal. Pas comme ça, jamais. L’horreur me frappa lorsque ses yeux se posèrent sur moi qui me fit trembler, à tel point que je crus que mes jambes allaient céder. Encore plus lorsqu’elle continua, me parlant de ce dossier. Un sujet d’expérience. Ces mots me frappèrent de plein fouet, me coupant le souffle. Je le savais, mais l’entendre… Et de la bouche de Kait… Je n’arrivais pas à encaisser. Je fermais les yeux, posant mes mains en arrière pour me soutenir, pour ne pas hurler, ou m’effondrer. Un rat de laboratoire. Pour qui ? Pour quoi ? Comment ? Je perds pied, je m’effondre mais… Je m’accroche à une chose qu’elle a dite. La seule qui compte à mes yeux en cet instant car sinon je ne serais plus capable de parler. Je t’aime. Elle l’avait dit bon sang. Elle l’avait dit.

Je m’accroche à ce mot comme je peux. Même si je sais qu’il ne veut plus rien dire, parce que cette situation n’était pas tolérable. Parce que je suis une abomination. Parce qu’elle a peur de moi. Parce qu’elle ne veut plus être avec moi. Pourtant je m’accroche et je rouvre les yeux, les posant sur elle. Je sais pas ce qu’ils m’ont fait, je m’en souviens plus… Ma voix se casse un instant, et je tente de me reprendre malgré mes tremblements. Je suis tellement désolée que tu es vue ça, que tu saches, que tu portes ce fardeau… Si seulement t’avais jamais vu ça. Si seulement tu m’avais jamais rencontré… Mais elle m’avait sauvé la vie, et je ne pouvais pas me passer d’elle. Je ne pouvais plus. Mais j’étais sérieux quand je te promettais de ne plus jamais te faire de mal. Bordel Kait, je t’aime ! Je t’aime tellement ! Je préférerais m’enfoncer une lame en argent dans le cœur plutôt que de te faire le moindre mal. Et j’étais parfaitement sérieux lorsque je disais ça, mon regard plongé dans le sien, comme pour lui transmettre tout ce que je ressentais, cette vérité que je tentais de lui faire comprendre. Mais est-ce que de simples paroles seraient suffisant pour la convaincre ? Est-ce que cela pourrait calmer ses doutes et ses angoisses ?  

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J. Kaitlin Jefferson
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MessageSujet: Re: Monsters, stuck in your head - Samael & Kait  Lun 28 Jan - 6:27

❝ One look in my eyes
And you're running 'cause I'm coming
Gonna eat you alive.. ❞
Monsters, stuck in your headLe dureté de cette discussion allait au-delà de tout ce que j'avais imaginé, mon esprit se morcelant au rythme des brisures qui me déchirait la poitrine. Si l'horreur de la situation ne me saisissait pas pour me plonger dans un bain glacé, je hurlerais à plein poumons en me débattant farouchement. Mais, l'abysse qui écartelait mon coeur avalait toutes mes tentatives, mon cerveau préférant se démener pour conserver un brin de lucidité. Je prenais sur moi, gardant les pieds ancrés au parquet de l'appartement, mon regard levé difficilement vers Samael. J'avais l'impression d'être vide, aussi vide que le regard du lieutenant quand il était en crise. Sa voix s'éleva, s'insurgeant de mes propos et de mes insinuations teintées de peurs douteuses. Un sentiment de honte m'envahit, de tristesse infinie et de culpabilité. C'est différent avec toi. Je n'avais jamais connu ça par le passé et cette alchimie était effrayante, d'une certaine manière. Je... Non. Je ne veux pas croire ça. Je voudrais lui dire, mais les mots restèrent bloqués. Sur le bout de ma langue, ils se mélangeaient pour se perdre dans mon esprit. Je sais pas, je sais pas... Bordel, j'étais pitoyable.

Je m'étais trompée, peut-être ? Aveuglée par ma peur, j'avais relevé mes barrières sentimentales pour me protéger, afin que l'histoire se soit pas funeste, cette fois. Des cauchemars, oui. Mes bras s'enroulèrent sous ma poitrine, comme pour créer un maigre bouclier contre le démon nocturne qui soufflait ces images sombres dans mon esprit. Mes nuits sont semblables aux tiennes, les cauchemars qui me hantent sont les mêmes, violents, sanglants et douloureux. Et, parfois, je tenais les instruments pour le découper comme un cadavre sur une table, mes mains couvertes de son sang pétrole. D'autres, il me le faisait payer en me plongeant la tête sous l'eau ou me privant simplement d'air avec ses mains autour de ma gorge. Et, lorsque le rêve devenait répétitif, les rôles s’inversaient pour de nouvelles réjouissances. Et, quand mes nuits sont calmes, je me réveille subitement en hurlant de terreur ou pliée par l'angoisse. Crises qui m'arrivent même éveillée, d'ailleurs. Je n'allais pas bien. Ouais. Il fallait que je me fasse aider, avant que mon état se dégrade encore. Le pire, le pire, était que la présence de Samael me serait certainement bénéfique, mais je ne pouvais pas m'accrocher à nous et à cette sensation de sécurité dans ses bras. C'était contradictoire, tout ceci.

Je voulais comprendre ce qui m'arrivait, je désirai un mot sur mon état émotionnel, une marche à suivre pour me remettre et encaisser cette réalité. Du temps et du recul, prend ce putain de billet pour Washington et va te réfugier là-bas, le temps nécessaire. Quelque chose m'en empêchait, quelqu'un me retenait, et cette personne était en ce moment face à moi. Mes mots dévastèrent Samael, la claque était magistrale, davantage encore que la volonté de mettre fin à cette relation. Sa voix brisée incisa mon âme. J'ai envie de m'approcher, car je ne pouvais pas le laisser seul dans cette épreuve. J'étais trop humaine et empathique ; il avait trop d'importance à mes yeux. Alors, je m'avançai alors que les paroles de Jay revenait dans ma mémoire. Il est possible qu'on t'ait apposé un sort, soufflai-je. Si tu n'étais tout simplement pas traumatisé, Aaron. Mes mains se posèrent sur ses bras, dont les tremblements me secouèrent toute entière. Ne me rejette pas, même si je suis un monstre égoïste, même si mes signaux sont contradictoires.

Malheureusement, ce dossier avait été à ma portée. Je savais. Je savais pour Samael, mais également pour les autres, qui avaient certainement besoin de soutien et d'aide. C'était une affaire effroyable, mais je ne souhaitais pas d'autres victimes et si cela pouvait me permettre d'apaiser l'esprit du brin face à moi. Et, je ne regrettai pas notre rencontre, même si elle m'effrayait. Il avait été présent pour moi, mes doutes me revenant en pleine poire, avec son amie la honte. Car, j'avais de l'importance aux yeux de Samael qu restait focalisé sur la mise à mort de nous, sur le STOP hurlé silencieusement. Il essayait de n'en faire qu'une pause, juste le temps de reprendre notre souffle. Ses sentiments répondirent aux miens, assurant ses promesses puis me disant qu'il m'aimait. Deux fois, au cas où la première ne suffisait pas. Je voyais sa sincérité, je la sentais dans ma poitrine, comme une légère chaleur qui se diffusait pour réchauffer ma peau. Je t'aime, tu m'aimes, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Je me mordis l'intérieur de la joue. Je te crois. C'était essentiel de lui dire, même si je n'étais pas rassurée pour autant, mais mes mains sur ses bras s'accrochaient tout autant que je lui offrais ma présence. Je te crois, Aaron. On ne peut pas revenir en arrière, il faut composer avec tout ça. Et, je suis à bout. Il fallait que je le regarde en face, comme la vérité et le monde dans lequel je vivais. J'ai besoin de temps et... de dormir, dis-je dans un rire nerveux, un peu dingue. De toi. J'ai besoin de toi. Pourquoi était-ce si difficile ? Et, si aujourd'hui était le dernier jour, voudrais-je vraiment qu'il se termine ainsi ? Je suis désolée. Il fallait que je pense à moi, même si ce n'était pas dans ma nature, mais pouvais-je vraiment l'abandonner après lui avoir balancé ça ? Je vais partir chez mes parents à Washington pendant quelques jours, histoire de trouver un semblant de sécurité pour respirer. Tu veux bien m'accorder ce temps ? S'il te plait ? Mes yeux me brûlaient. J'avais envie de pleurer et de m'effondrer dans ses bras. Je n'avais même pas remarqué que ma main droite avait quitté son bras pour agripper son tee-shirt, comme si tout mon être hurlait de ne pas partir. Tu veux bien qu'on y aille en douceur ? Sans secret entre nous à deviner. Parce que tu m'as rien dit, Aaron, tu m'as laissé chercher et trouver. Tu m'as mise en danger par peur et par honte, mais je fais preuve d'une grande empathie, tu sais. Je lui demandais, car je n'étais pas certaine de pouvoir supporter de m'éloigner sans une once d'espoir, alors même que je venais pour le quitter. Peut-être que je cherchais juste à atténuer ma culpabilité ? Ou, peut-être était-ce simplement mon coeur qui parlait. Trop faible. C'est pas mal, Kait, mais ce n'est pas suffisant.

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Samael A. Lorez
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MessageSujet: Re: Monsters, stuck in your head - Samael & Kait  Jeu 31 Jan - 16:41

❝ Peu importe comment je te tends ma main. Tu seras toujours hors de ma portée ❞ COMMENT PEUX-TU TE RÉVEILLER D'UN CAUCHEMAR SI TU N'ES PAS ENDORMI ? Pendant un instant – qui me semblait une éternité – je regrettais d’avoir ouvert la porte, d’avoir laissé Kaitlin entrer dans mon appartement. Je savais que ça n’allait pas, mais j’aurais préféré continuer de me voiler la face, de me dire que je pourrais me rattraper. Sauf que tout cela semblait impossible. Va-t’en, sors d’ici, ne termine pas. Sauf que c’était trop tard. Elle était là, face à moi, ses yeux accusateurs et horrifiés posé sur moi. Je lui ai menti, je ne pouvais pas lui dire la vérité, parce que le dire le rendait réel, encore plus qu’il ne l’était. Je n’étais pas capable d’accepter cette honte, cette chose en moi, encore moins alors que je portais sur mes épaules un poids dont j’ignorais la provenance et toute la violence dont il était porteur. Non, je ne pouvais pas supporter lui dire que j’étais un Triton, ce que cela pouvait représenter pour mon futur – si j’en avais un – que je perdrais tout un jour ou l’autre. Je veux hurler. Pourtant, je n’arrive pas à regretter. Regretter d’avoir laissé Kait rentrer dans ma vie. De lui avoir ouvert mon cœur parce que cela signifiait tant pour moi. Elle signifiait tant pour moi. Et maintenant… Je la perdais. Comme j’avais perdu ma meute, comme j’avais perdu absolument tous ceux que j’aimais.

A chaque seconde, je devais forcer mes muscles à se contracter pour gonfler mes poumons, et je me demandais si je n’allais pas devoir faire pareil tant mon cœur se serrait et peinait à pomper mon sang et l’envoyer dans mon corps. Je me demandais si je n’étais pas plus pâle qu’à mon habitude, sous le choc des paroles prononcer par cette femme que je désirais plus que physiquement. Je pouvais imaginer à quel point les nuits de Kait pouvait être effrayante si elles étaient similaires aux miennes, mais à quel point ? A quel point si c’était moi qui lui infligeais ses blessures ? Je voudrais la serrer dans mes bras, lui dire que je ne lui ferais aucun mal, comme cette promesse que je ne cesserais de lui dire mais… Mais est-ce que je pourrais tenir cette promesse ? Dans quatorze ans, est-ce que je serais toujours l’homme qu’elle connait ou bien ce maudit Triton prendrait le dessus ? Les instincts ça se contrôlent. Oui… Mais est-ce que j’en serais capable ? Je voulais la serrer, m’accrocher à ce nous parce que ce nous c’est tout ce qui me restait pour tenir à cette maudite vie que je haïssais depuis quatre ans. Tu es mon amour. Elle m’avait tout fait oublier. Ma douleur, ma haine. Elle avait fait ce qu’aucun n’avait fait. Elle m’avait même fait oublier Elle. Mon ancien amour, dont j’avais terminé le deuil il y a peu. Grâce à Kait.

Un frisson courut sur ma peau lorsque mon amour s’approcha, et que ses mains se posèrent avec douceur sur moi. Je serrais mon comptoir, autant pour tenter de me soutenir, que pour m’empêcher de la prendre dans mes bras. J’en sais rien… Peut-être… Je… Je sais pas, je sais plus rien. Je ne savais qu’une chose. La seule qui comptait pour moi : Kaitlin. Pourquoi tu fais ça Kait ? Pourquoi tu me rejette ? Pourquoi tu me soutiens ? Je ne comprenais plus rien. Juste que les coups de poignards c’était calmé alors que sa peau touchait la mienne. Une douleur qui s’estompa légèrement lorsqu’elle m’avoua me croire. Je te crois. Des mots qu’elle répéta encore, suivit de mon prénom. Des mots qui me faisaient bien plus de bien que n’importe quoi. Qui me poignardais également parce que je m’attendais au mais. Ce mais destructeur qui allait anéantir mes dernières forces. Chacun des mots qu’elle ajouta me fit trembler un peu plus. Je fermais les yeux, sentant une envie de pleurer, alors que sa main se refermait sur mon vêtement. Non… Je ne peux pas. Je ne peux pas la laisser partir. J’en suis incapable.

Mes bras se refermèrent autour d’elle, une main s’enfonçant dans mes cheveux, mon visage s’enfouissant sur sa peau. Je suis à bout moi aussi Kait. Je n’en peux plus. Heureusement, ces paroles ne dépassèrent pas mes lèvres. Je pris une profonde inspiration, alors que j’essayais de me calmer, de botter mon égoïste en dehors de mes foutus sentiments. Je ne pouvais m’empêcher de la serrer dans mes bras, mais je pouvais au moins arrêter cet égoïsme. Je suis désolé Chaton. Je suis tellement désolé. Cela venait du cœur mais ça ne changerait rien. Je le savais. J’aurais dû te le dire, te parler de tout ça… Mes excuses changeront rien, et c’est trop tard. Trop tard pour tout… Aller, un peu de courage ! Même si c’est aller au suicide pour moi. Même si j’avais l’impression que le fouet venait déchirer ma peau à chaque mot. Ne t’excuse pas, tu n’as pas à t’excuser pour mes erreurs. Alors… Prends ton temps… Ne pars pas. Je ne le supporterais pas. Reste ! Si tu penses que c’est mieux pour toi… Eloigne-toi de moi. Pour… Les mots se coincèrent dans ma gorge. Je savais vraiment pas si j’allais avoir la force de prononcer les quelques mots qui restaient. Si j’allais pouvoir retenir mes larmes. Pour toujours si c’est ton choix… J’eus l’impression que je venais de m’arracher la cœur tout en prononçant ses paroles. Mon étreinte se resserra un instant sur les épaules de mon amour. Je veux pas te laisser partir.

Je forçais mes bras à se relâcher, mon corps s’éloignant légèrement d’elle, bien que je ne puisse empêcher ma main de venir se poser sur sa joue, mes yeux examinant ses traits, comme si c’était la dernière fois que je pourrais les admirer. Je voudrais tant te retenir, mais je sais même pas si j’en vaux la peine. Et je ne pouvais pas, surtout pas alors que je savais un peu ce que son ex avait bien pu lui faire subir. Mais toi tu en vaux la peine Chaton. Plus que ce qu’un pauvre hère comme moi pourrait espérer. Je devrais la fermer, mais je ne pouvais pas. Parce que je l’aimais, je l’aimais tant et que je ne voulais pas la laisser partir. Je suis faible. Face à toi, je n’ai aucune volonté.

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J. Kaitlin Jefferson
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MessageSujet: Re: Monsters, stuck in your head - Samael & Kait  Sam 2 Fév - 7:34

❝ One look in my eyes
And you're running 'cause I'm coming
Gonna eat you alive.. ❞
Monsters, stuck in your headMon cœur baignait dans une liqueur acide qui me rongeait les entrailles. Les séparations apportaient toujours son lot de souffrance, même quand l'amour s'était essoufflé ou simplement naissant. Je me devais de prendre la bonne décision, en appeler à tout mon égoïsme, cette part humaine qui me composait, à moins que ce fut la peur qui me poussait à fuir ? Je n'avais pas la réponse à cette question. Mon esprit ne parvenait plus à gérer les événements et découvertes qui s’enchaînaient, ma poitrine saignait sans que je réussisse à arrêter l’hémorragie. Il fallait que je mette de la distance entre la réalité et moi, avant de devenir complètement folle, avant que ce ne soit trop tard. Je suis perdue dans un gigantesque labyrinthe de miroirs qui me renvoient des images difformes. J'avais besoin de me protéger. Il faut que je me protège. Alors, j'encaissai la souffrance infligée à Samael, qui cherchait un chemin entre les couloirs de glace, sans parvenir à me retrouver.

Son étreinte chaude m'enferma auprès de lui, mon cœur manqua un battement et mon corps menaça de céder. Mes bras répondirent à cet appel, semblable à de la détresse, sentiment commun qui nous ravageait. Je le serrai contre moi, comme pour imprimer sa peau contre la mienne, fondre son âme avec la mienne. Tout ceci était de ma faute, à cause de ma peur mêlée à ma lâcheté, j'en étais consciente. Je suis désolée, Aaron. Je n'étais pas assez forte. Trop faible. Je me faisais encore bouffer, d'une certaine manière, et ma plus grande ennemie n'était autre que moi-même au final. Mais, c'était Samael qui s'excusait, sa voix se brisant davantage à chaque mot. Ce n'était pas trop tard, mais le mal était fait. Je sentis mon être se tendre au fur et à mesure du flot saccadé de ses paroles. Éloigne-toi. Éloigne-toi pour toujours. J'étais venue pour mettre fin à ce nous tacite, mais dans sa bouche, cette rupture prenait un sens différent. J'ai besoin d'air. Il n'avait pourtant pas ses mains sur la gorge, juste une main sur ma joue, que je ne sentis pas immédiatement. Je sursautai, sortant de mes pensées vide de sens, pour plonger mon regard dans celui de Samael. Ne m'abandonne pas. Jamais. Tu as promis. Je pris une profonde inspiration, autant que le permettait l'étau qui m'écrasait la poitrine.

Fait rare, je n'arrivais plus à desceller mes lèvres pour parler, incapable de supporter la violence qui s'abattait dans mon corps. C'était intense. Tu serais mort que la sensation serait similaire. Depuis de temps nous connaissions-nous pour nous être entremêlés à ce point ? Mon empathie me dévorait corps et âme, ou je venais d'atteindre le point de rupture. Comme cette rage qui s'était abattue sur mon frère, le désespoir me recouvrait de ses ténèbres. Mais, il fait encore beau dehors, regarde par la fenêtre, Kaitlin, le monde tourne encore. Je me noyai totalement dans le regard du lieutenant, avant de sortir la tête hors de l'eau, juste le temps de reprendre mon souffle. Tu en vaux la peine, répondis-je avec sincérité. Pour moi ou pour une autre, Aaron, ce que tu caches derrière ce regard est beau et doux. Il avait retrouvé le moyen de me rassurer, de trouver une place auprès de moi, jusqu'à mon cœur, malgré son traumatisme que j'avais deviné, malgré son instabilité évidente. Il avait toujours fait preuve de prévenance, de patience et de douceur à mon égard. Il le faisait encore en cet instant, alors qu'il pourrait simplement me jeter hors de chez lui, en me poignardant de ma faiblesse. Mais, non.

En revanche, je ne pouvais pas omettre sa nature. Ses natures. Comment pourrais-je me sentir le jour où il rentrerait après avoir arraché une vie par instinct ou, pire, emporter une femme pour la féconder ? Que pourrais-je bien noter sur le rapport si l'humain terminait sur la table ? J'avais tendance à dire aux gens de vivre avec leur nature, un discours servit à Ellana ou encore Jay, alor comment pourrais-je lui dire de lutter contre le triton, qui faisait maintenant parti intégrante de lui ? Je me décalai légèrement avant de me soustraire à son regard. Je voudrais être plus forte pour appréhender les derniers événements. J'ai vraiment besoin de partir, de réfléchir et... de prendre soin de moi. Parce que ça n'allait pas. Ça ne va pas du tout. Je m'en voulais. Terriblement. Ma meilleure amie était dangereuse, si ce n'était davantage que Samael, et je trouvais pourtant de la sécurité à ses côtés lors de mes nuits agitées. Pourquoi était-ce différent pour lui ? Qu'est-ce qui cloche chez toi, Kait, bordel ?

Je crois... je crois qu'il faut mieux que j'y aille. Je serai joignable sur mon téléphone, si tu as besoin. Peut-être que cette idée me rassurait moi, davantage que lui. Mes doigts relâchèrent son vêtement, comme si les articulations étaient rouillées. Mon regard troublé remonta vers le sien. L'absence de contact fut insupportable, je me fis violence pour ne pas écraser mes lèvres sur les siennes dans un geste de désespoir, mais je tins bon en m'accrochant à ce besoin de m'envoler à tir d'ailes. Je suis désolée. Je suis désolée, répétai-je en m'éloignant de quelques pas en arrière. Ce hurlement dans mon crâne, telle une sirène d'alarme, me figea un instant. Allez, Kaitlin, allez ! Je forçai mon corps à se mouvoir pour récupérer mon sac sur le plancher. Je déteste cet appartement. Et, à présent, j'avais peur. Peur qu'il fasse une connerie. Peur pour ce qu'il restait de nous. De moi. Je ne me complaisais pas dans la souffrance, elle me tuait à petit feu, et j'avais l'impression d'avoir pris une balle en pleine poitrine.

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MessageSujet: Re: Monsters, stuck in your head - Samael & Kait  Sam 2 Fév - 11:59

❝ Peu importe comment je te tends ma main. Tu seras toujours hors de ma portée   COMMENT PEUX-TU TE RÉVEILLER D'UN CAUCHEMAR SI TU N'ES PAS ENDORMI ? S’il te plait, ne m’abandonne pas, reste avec moi. Cette supplique étaient les seuls mots qui se formulaient clairement dans mon esprit tandis que je serrais Kaitlin fermement contre moi. Cette étreinte avait toujours eu sur moi l’effet d’apaiser mon corps et mon esprit. Comme si la lumière dégagée par la jeune légiste éclairait mon esprit, et repoussait les ténèbres. Repoussait les tremblements de mon corps, les démons qui me hantaient et que je n’arrivais pas à saisir. Mais pas cette fois. Cette fois, cette simple étreinte ne suffisait pas. J’avais beau la serrer contre moi, tenter d’enregistrer les courbes de son corps contre le mien, l’odeur de son être, la chaleur de son corps, la douceur de sa peau. J’avais besoin d’elle contre moi, avec moi, mais ça ne suffisait pas. Parce que j’allais la perdre. Que chaque seconde qui s’écoulait, rapprochait l’arrivée imminente de son départ. Et mon cœur saignait, encore et encore, arraché par mes mots, par ce désespoir plus puissant encore qui m’étreignait. Mon esprit agonisait. Chaque mot, chaque réaction de Kait, et chacun des miens, ne faisaient que me plonger un peu plus dans ce désespoir qui me paraissait sans fond.

J’ai besoin de toi. Oui, j’avais besoin d’elle, plus que n’importe qui, j’étais dépendant d’elle. Je ne pourrais pas m’en sortir sans elle, mais comment puis-je lui demander ça ? Comment puis-je être aussi égoïste après tout ce qu’elle a déjà enduré ? Après tout ce que je lui faisais subir ? Je détestais ce que j’étais devenu, ce que cette part Triton pourrait me forcer à faire dans quatorze ans. Je sais même pas si je pourrais le supporter moi-même, alors comment Kait pourrait ? Je n’avais pas le droit de lui demander ça. Je n’avais pas le droit d’être aussi égoïste. J4ai besoin de toi, mais toi tu n’as pas besoin de moi. Kait était forte. Elle dépasserait tout ceci, et elle continuerait sa vie. Loin de moi, loin de l’horreur que j’avais amené dans sa vie. Elle finirait par trouver quelqu’un de bien, une personne qu’elle pourrait aimer, et qu’il l’aimerait en retour. Une personne qui ne la ferait pas souffrir comme moi je le faisais. Je te protégerais Kait, de tout. Même de moi.

J’ai pourtant l’impression de voir une supplique dans ses yeux, son étreinte s’étant refermé quelques instants plus tôt sur moi. Est-ce qu’elle voulait rester avec moi ? Je ne veux pas que tu parte. Je repoussais cette pensée, cet égoïsme. Je mourrais alors que je sentais ce nous qu’elle brisait. Si peu de temps s’était écoulé depuis la rencontre de nos deux âmes. Si peu et pourtant nous étions entremêlées à un point que je ne pouvais le concevoir. A un point que je me sentais mourir une autre fois. A tel point que je ne pouvais pas croire à ses paroles. J’en vaux la peine ? Est-ce que j’en vaudrais toujours la peine lorsque je coucherais avec une humaine et que je la tuerais après qu’elle est enfantée ? Je pouvais contrôler mon Loup, mais ça… Cette nouvelle nature… Est-ce que c’était possible ? Je n’en savais rien, je ne pouvais pas savoir, et Cordélia ne pouvait plus m’aider.

Ma main glissa de sa joue, sur son épaule, le long de son bras jusqu’à sa main, alors qu’elle s’éloignait. Je ne tentais pas de la retenir, je ne tentais pas d’interrompre son discours. Je crois que je n’aurais même pas la force de prononcer un mot tant ma voix risquait de trembler, et qu’un seul mot ferait déborder mes larmes, et l’égoïsme que je retenais tant bien que mal. Je ne pouvais même pas prononcer les mots pour la rassurer. Je n’étais pas assez fort pour ça. Elle relâcha mon vêtement, emportant avec elle les derniers fragments de mon âme touchée par sa lumière, me plongeant dans les ténèbres. Je voulus la rattraper, la serrer à nouveau contre moi, écraser mes lèvres contre les siennes pour faire disparaitre ce désespoir, pour la retrouver. Mais je ne bougeais pas. Mes yeux ne la lâchent pas, fixant son visage. Ne t’excuse pas, ce n’est rien. Je te pardonne. C’est ce que cris mon regard, mais ces mots ne dépassent pas mes lèvres.

Elle se retourne. Reste. La porte se referme derrière elle. Je t’aime, murmurais-je comme un dernier appel.  Mes jambes tremblent, je reste immobile un instant, quelques minutes, une heure, je l’ignore, cela me paraissait des heures. Je pousse un cri, de rage, de désespoir, de tristesse. Mon poing se fracasse contre l’un de mes meubles/ Je continue de le frapper jusqu’à ce qu’il se brise, et que mes poings soient en sang. Les larmes coulent sur mes joues. Je fins par m’effondrer, à bout de force, mon dos venant s’appuyer contre le mur. Je ramenais mes jambes proches de moi, prenant ma tête entre mes doigts. Les larmes ne s’arrêtaient pas, le poignard qui s’enfonçait dans mon cœur. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que toute cette merde m’arrivait ? Pourquoi j’étais devenu ce monstre ? Pourquoi j’avais subi tout ça ? Sans ça, sans lui, j’aurais pu vivre avec Kait. Elle aurait pu accepter ma nature de Loup, elle aurait pu m’accepter moi. Merde… Merde. Merde !

Je peux pas vivre. Pas sans elle. Pas en sachant tout ce que j’avais perdu. Pas après tout ce que j’avais perdu. Mes amis, ma meute, la femme que j’aimais. Et maintenant… Kait. Je la perdais aussi. Kait, cette femme que j’aimais plus que tout au monde. Elle avait su traverser mes barrières, traverser toutes ses choses que j’avais caché. Vu les traumatismes, et ne les avait pas repoussés. Elle les avait acceptés. C’est ce que je croyais. Mais ma douleur était trop grande, ce que j’avais subi, ce que j’étais. Elle ne pouvait pas l’accepter. Le goût amer de la trahison, de l’abandon, vint envahir ma bouche. Ce goût que je connaissais si bien, et que je pensais impossible de la part de mon amour.  Mon cœur se serre un peu plus, l’air me manque. J’étouffe. Je meurs. Ma vie est un putain de cauchemar. Un putain de cauchemar dont je peux pas sortir.

Pourquoi moi ? Bordel ! Pourquoi ?!

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